Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 2, Fj-Fris.djvu/169

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journal, il avait établi une Tribune militaire, accessible aux réclamations de tous les sous-officiers ou soldats qui pouvaient avoir à se plaindre de l’injustice, de l’impéritie ou de la conduite de leurs chefs. Il était impossible que cette campagne, d’ailleurs fort innocente, contre la routine et l’ignorance, eût des résultats immédiats. L’empire avait gangrené la nation tout entière, et l’armée n’avait pu échopper à son action néfaste. C’est ce qui explique en partie nos désastres durant cette funeste campagne de 1870. Avant d’entrer dans le journalisme parisien, M. Arthur de Fonvielle avait collaboré à l’Algérie nouvelle, journal dans lequel ses attaques contre le despotisme militaire avaient éveillé les susceptibilités du général Yousouf. Celui-ci, à ce qu’on raconte, lui envoya son aide de camp le prévenir qu’il irait le lendemain le tuer chez lui, dans sa chambre. Il se présenta, en effet, à l’heure dite, et M. de Fonvielle n’eut que le temps de saisir une épée et de se mettre en garde. Le duel fut loyal, quoique en dehors de toutes les règles admises, et le journaliste fut légèrement blessé au bras. M. de Fonvielle pouvait être tué. En ce cas, de quel nom eût-on qualifié l’inqualifiable équipée du général Yousouf ?

FONVIELLE (Ulric de)., frère des précédents, littérateur et journaliste, né à Paris le 11 février 1833. Il entra d’abord dans l’atelier d’Yvon ; mais les événements le jetèrent bientôt dans les agitations de la vie politique. Ses frères Wilfrid et Arthur ayant fondé à Alger l’Algérie nouvelle, journal d'opposition, Ulric les y suivit. Le journal avait pour rédacteur en chef M. Clément Duvernois, qui était alors républicain. Le talent et l’énergie que déployèrent les jeunes polémistes portèrent rapidement leurs fruits : le journal succomba sous les amendes et la prison. C’était justement le moment où Garibali commençait son épopée chevaleresque. Ulric de Fonvielle quitta la plume pour prendre l’épée, et courut se ranger, comme volontaire, sous les drapeaux de l’indépendance italienne. Embarqué un des premiers, avec le colonel Medici, pour l’expédition de Sicile, il fit toute cette campagne, ainsi que celle de Naples, et reçut les épaulettes d’officier après la bataille du Vulturne. Il servait alors dans la légion française, sous les ordres de Cluseret. Dans cette guerre, Ulric de Fonvielle ne fit pas que combattre. Entre deux alertes, il reprenait son crayon, et esquissait à la hâte l’engagement ou l’escarmouche, où il venait de payer de sa personne, le plan du champ de bataille que les garibaldiens occupaient en vainqueurs. Pendant toute la durée de cette expédition, il demeura le fidèle correspondant de l’Illustration ; presque tous les dessins publiés par ce journal lui sont dus. Après la prise de Capoue, de Fonvielle reçut la médaille de la Valeur militaire, et revint en France. À cette époque, il publia dans la Presse une série de feuilletons, intitulés : Souvenirs d’une chemise rouge, réunis plus tard (1861) en un volume par l’éditeur Dentu, avec une préface de M. Clément Duvernois, qui s’exprime ainsi sur le compte du livre et de l’auteur : « Ulric de Fonvielle... nous montre le soldat faisant bravement son devoir à l’occasion, mais préoccupé surtout des longues marches et des longs jeûnes ; puis, après le combat, il nous fait assister au terrible défilé des blessés. Il ne se donne pas pour un foudre de guerre, et il nous dit avec franchise ses appréhensions lorsqu’il a vu le feu pour la première fois. Pour tout dire, en un mot, il nous introduit dans les coulisses de la gloire. » Ce qui caractérise, en effet, M. Ulric de Fonvielle c’est ce profond sentiment d’humanité qui, dans le feu même de l’action, lui fait jeter un regard ému sur les malheureuses victimes de l’ambition des princes ou des malendus politiques. Il a horreur du sang, et ses instincts d’artiste se révoltent contre tous les maux de la guerre.

Lorsque la désunion éclata dans les États-Unis d’Amérique, M. Ulric de Fonvielle, qui, malgré tout, avait pris goût a ces grandes luttes et y trouvait un aliment à sa nature enthousiaste, partit pour les États du Nord, où il retrouva Cluseret, récemment nommé brigadier - général et commandant l’avant-garde du général Frémont. Il passa ensuite à l’état-major général de l’armée du Potomac, comme ingénieur topographe, et fut attaché successivement aux généraux Siegel, Mac Sellan, Hooker, Halïen, Pope, Burnside, Meade. Ses fonctions spéciales le firent assister aux plus sanglantes batailles de cette guerre terrible, particulièrement à celles de Gross-Keys, Bull-Run, Frédéricksburg, Chancellorsvilïe, Gettysburg et Culpepper.

À son retour an France, il se consacra exclusivement au journalisme politique. Il a pris une part de collaboration très-active, entre autres journaux, au Diogène, devenu une feuille politique ; à la Vie parisienne, où il écrivit une série intéressante intitulée : Scènes de la vie militaire aux États-Unis ; à la Démocratie, journal d’Emilio Castelar ; au Diritto, organe de la démocratie italienne, et à un grand nombre d’autres feuilles démocratiques de la province et de l’étranger. Dans les derniers temps de l’Empire, il alla à Dieppe rédiger la Ligne directe, et, à son retour à Paris, collabora activement a la Marseillaise ; un article contre l’attitude de la troupe et du gouvernement dans les affaires des grèves d’Aubin et de la Ricamarie lui valut deux mois de prison et 500 fr. d’amende ; un autre lui attira un duel avec M. Duplessis ; enfin, s’étant rendu chez Pierre Bonaparte, comme témoin d’un autre collaborateur du journal, il faillit être tué à coups de revolver (v. Noir [Victor]). Cette campagne de la Marseillaise, fut pour lui aussi périlleuse que celle du Potomac.

Une élection complémentaire pour le Corps législatif ayant eu lieu dans le Rhône en 1870, M. Ulric de Fonvielle se présenta comme candidat irréconciliable, mais il échoua. Lors du siège de Paris, il devint un des chefs des volontaires de Belleville, puis il fut élu commandant du 114° bataillon, à la tête duquel il se fit remarquer par sa décision, son sang froid, son intrépidité, particulièrement le 26 décembre 1870, en opérant une reconnaissance à gauche du plateau d’Avron. Lors des événements du 18 mars 1871, M. Ulric de Fonvielle, que le 31 octobre avait rallié au gouvernement dit de la Défense nationale, se sépara de Rochefort et de ses anciens amis politiques, et se rendit à Saint-Germain, où il forma un corps de volontaires pour aider au rétablissement du pouvoir de l’Assemblée. M. U. de Fonvielle a publié depuis plusieurs brochures contre la Commune et M. Rochefort. L’une d’elles porte ce titre : la Commune, par M. Ulric de Fonvielle, condamné à mort.

FON-WISIN (Denis), littérateur et poète satirique russe, né en 1745, mort en 1792. Il fit ses études à l’université de sa ville natale et s’y occupa surtout de littérature française. Le matérialisme et le scepticisme, qui dominaient à cette époque dans les ouvrages des écrivains français, trouvèrent en lui un adepte ardent, et il publia, sous ce titre : Lettre à mes serfs Szumilow, Wanka et Petit-Pierre, une virulente satire, où règne un doute profond sur les questions les plus importantes de la vie et de l'activité humaines. Il était entré dans la garde russe et y avait le grade de sergent, lorsque, en 1763, il fut attaché en qualité de traducteur au ministère des affaires étrangères. Ce fut à cette époque qu’il publia sa comédie, intitulée : le Brigadier, qui attira l’attention générale, mais qui excita en même temps contre l’auteur les haines de la noblesse. Pour se mettre à l’abri des tracasseries, Fon-Wizin jugea prudent d’aller faire un voyage à l’étranger, et se rendit à Paris, où il travailla avec ardeur à se perfectionner dans les connaissances de la langue et de la littérature françaises. À son retour, en 1782, il fit représenter une nouvelle comédie, le Niedorosl (nom sous lequel on désigne en Russie le noble qui n’a pas été au service du gouvernement). Cette seconde pièce obtint un succès encore plus grand que la première, mais ne souleva pas moins de mesquines colères ; car l’auteur y a mis en scène, sous des couleurs satiriques, mais exactes et fidèles, la noblesse russe de province, avec ses idées étroites et son esprit arriéré, qui oppose à tout progrès une résistance passive. Tous les types comiques que le poète fait agir et parler sont empruntés à la vie réelle ; les caractères sont tracés avec beaucoup de vigueur et portent l’empreinte d’un talent vraiment original. Atteint d’une paralysie qui attrista les dix dernières années de sa vie, Fon-Wizin consacra les instants de repos que lui laissait la douleur à écrire ses Confessions, dans lesquelles, à l’inverse de ses premiers écrits, règne un touchant esprit de résignation et d’Humilité.

Outre les ouvrages que nous avons déjà cités, on a encore de lui ; Callisthène conte grec ; le Choix d’un gouverneur, comédie en trois actes et en prose ; Koryon, comédie en trois actes et en prose ; l’Ami des honnêtes gens, journal qu’il fit paraître pendant plusieurs années ; Vie du comte Panin ; la Grammaire de la cour, satire ; Correspondance de Dourykine et de Slaradoum sur le choix d’un professeur, etc. Il a, de plus, traduit en russe un grand nombre d’ouvrages français et allemands, notamment : Alzire ou les Américains, de Voltaire (1762) ; les Amours de Charité et de Polydore, de Barthélémy (1763) ; les Fables de Golberg (1763) ; Vie de Séthos, roi d’Égypte (1764, 9 vol.) ; Joseph, poème de Bitaubé (1769) ; le Panégyrique de Marc-Aurèle, de Thomas (1777), etc. La meilleure édition de ses Œuvres originales est celle qu’en a donnée A. Smirdin (Saint-Pétersbourg, 1847). Sa comédie du Niedorosl, remise sur la scène à Saint-Pétersbourg en 1860, n’a pas obtenu moins de succès à cette époque que lorsqu’elle fut jouée pour la première fois.

FOOT s. m. (foutt — mot angl. qui signif. pied). Métrol. Mesure de longueur anglaise correspondant à notre ancien pied de roi.

FOOTE (Samuel), artiste dramatique et auteur comique anglais, surnommé le moderne Aristophane, né dans la presqu’île de Cornouailles, à Truro, vers 1721, mort à Douvres en 1777. Son père était membre de la chambre des Communes et le destinait à la profession d’avocat. On lui avait fait faire ses études au collège de Worcester ; plus tard, il entra à celui de Inner-Temple. Dès ce moment, il montra l’aversion la plus prononcée contre la jurisprudence et le barreau. Il prétexta sa mauvaise santé pour aller prendre les eaux de Bath. Dans cette ville, il se lia avec des libertins de grande fortune, et prit en leur compagnie le goût, disons mieux, la passion du jeu. La mort de son père l’avait mis a la tête d’un certain avoir. Cet argent fut bientôt dissipé. Foote contracta des dettes, et, n’ayant pu les payer, fut relégué dans la prison appelée the Fleet. La nécessité fit qu’il tourna ses vues vers le théâtre comme un pis-aller. Il débuta à Londres (1744) sur le petit théâtre de Hay-Market, dans le rôle d’Othello, et n’y obtint aucun succès.

Les rôles tragiques ne convenaient point d’ailleurs à son genre de talent, et lui-même ignorait encore s’il avait un talent quelconque. La misère commençait à l’accabler, lorsque, s’il faut ajouter foi à une anecdote de Suard, il se tira d’affaire par un expédient qui mérite d’être rapporté. Il avait un ami, sir Francis Blake Delaval, qui se trouvait dans la même situation. Samuel résolut de le marier. II connaissait une dame veuve, très-riche, qui désirait fort convoler en secondes noces. Samuel lui persuada de consulter un sorcier, et se rendit chez un troisième ami, qui consentit à en jouer le personnage. Arrivé chez la dame, le faux magicien fit apparaître une grande figure qui ressemblait à sir Francis, et dit à sa cliente que ce serait celui-là qu’elle épouserait ; qu’elle le rencontrerait, au surplus, en tel endroit, tel jour, à telle heure. La dame, s’étant empressée d’aller au rendez-vous, y rencontra son prétendu, qu’on y avait amené, et elle devint mistress Delaval un mois après. Samuel, en récompense de ce haut fait, s’implanta chez les nouveaux époux, où il vécut dans la magnificence. C’étaient des dîners quotidiens et des réceptions continuelles. Un soir, il avait invité son ancien maître d’école de Worcester. « Quelle belle vaisselle vous avez là ! dit celui-ci ; combien vous coûte-t-elle, si cela n’est pas indiscret ? — Oh ! dit Foote, je ne sais pas combien on l’a, achetée, mais je saurai sûrement bientôt combien on la vendra. »

Au bout de dix-huit mois, Delaval avait assez de son ancien camarade. Samuel ouvrit alors, pour son propre compte, le théâtre sur lequel il avait débuté. Il y fit représenter une pièce d’ouverture de sa composition : Diversions of the morning (Divertissements du matin). L’ouvrage consistait en une suite de scènes où lui-même tenait toujours le premier rang. Il remania son œuvre sous le titre : M. Foote donnant un thé à ses amis (giving tea to his friends). Il avait découvert sa veine, et ses pièces se succédèrent sans interruption : An auction of pictures (la Vente de tableaux) ; The Englishman in Paris ; The Knights ; The Englishman returned from Paris, etc., etc. Ce sont des farces qui sont toujours un peu sur le même modèle. Leur mérite consistait surtout dans la variété et dans la vérité des portraits. Il est certain aussi que c’était là un mérite dangereux. Samuel avait pu, sous le nom de Cadwalader, ridiculiser un gentilhomme gallois, son ami intime ; mais, le jour où il voulut s’attaquer à un célèbre imprimeur de Dublin, George Faulkner, qui avait une jambe de bois, celui-ci fit traduire le railleur en justice et le fit condamner à une forte amende, qu’il fallut bien payer. D’autre part, Johnson, qui craignait d’être livré à la risée du public, acheta un énorme gourdin : « Je m’en servirai à la première représentation,» dit-il devant témoins. Le mot fut répété à Foote, qui se tint coi.

Après les premiers revers qui avaient marqué sa jeunesse, Samuel eût pu conquérir une honnête aisance ; il réalisait de belles recettes, mais il allait les dépenser aussitôt dans les tripots de Bath. Un jour, les magistrats de Westminster envoyèrent une escouade de constables qui fermèrent sa salle. Elle fut rouverte le lendemain, grâce aux protections dont le comédien jouissait. Le duc d’York, surtout, était un de ses bienfaiteurs avoués. Foote s’était cassé la jambe, en 1766, et aussitôt après l’amputation, le duc d’York fit conférer à son acteur favori une patente ou permission à vie, de tenir Hay-Market ouvert pendant la saison d’été. Cette patente fut pour l’artiste une occasion de fortune dont il ne sut pas profiter.

Ajoutons qu’il se livrait au chantage d’une façon indécente. Après avoir fait représenter le Mayor of Garret (Maire de Garat) et The patron and the commissary, il annonça une nouvelle comédie : A trip of Calais, dans laquelle il devait y avoir un rôle, celui de lady Kitty Crocodile, où tout le monde aurait reconnu la duchesse de Kingston, qui avait beaucoup fait parler d’elle. La duchesse fut effrayée du scandale qui se préparait. Elle demanda à Foote si lady Kitty ne pourrait pas être effacée de la pièce. Celui-ci-répondit que cela dépendait du prix qu’on était disposé à y mettre. La duchesse fixa un chiffre ; Samuel en fixa un second, plus élevé que le premier. La victime se récria ; Foote ne voulut point démordre de ses exigences. La négociation en était là, lorsque la grande dame prit un parti extrême : elle s’adressa au lord chambellan, mit tous les moyens en jeu, de sorte que l’auteur fut obligé de supprimer le rôle sur lequel il comptait pour réparer ses désastres pécuniaires.

Grâce a bon nombre d’aventures du même genre, Foote jouissait d’une réputation détestable. Malgré tout, il était recherché de la société anglaise, parce qu’il avait l’esprit de saillies si rare en ce pays. On a vu que Johnson n’était pas des mieux disposés à l’endroit de notre homme ; voici pourtant en quels termes s’est exprimé le célèbre critique : « La première fois que je me trouvai en société avec Foote, ce fut à l’hôtel Fitzherbert. Ayant assez mauvaise opinion du personnage, je pris la résolution de ne pas m’amuser de ses réparties, et il est fort difficile d’amuser un homme contre sa volonté. Je dînai d’un air triste, affectant de ne pas l’apercevoir ; mais le drôle fut si comique, que je me vis forcé de poser ma fourchette et mon couteau, et, renversé sur ma chaise, d’éclater de rire franchement. Ah ! monsieur, sa gaieté était irrésistible. »

Un pareil témoignage prouve bien en faveur de la vivacité d’esprit de Foote ; au surplus, il ne fallait pas ouvertement le prendre de trop haut avec lui ; ses mots étaient cruels et portaient juste. Un soir, au dessert, lord Sandwich, qui avait un peu abusé de la dive bouteille, dit à Samuel : « J’ai souvent pensé à la façon dont vous termineriez votre carrière, et je crois que vous devez mourir ou d’une maladie honteuse ou du gibet. — Hé, monseigneur, répliqua Foote, cela dépendra des circonstances. C’est selon que j’embrasserai ou la maitresse ou les principes de Votre Grandeur. »

Ainsi, il n’était jamais pris sans vert. « Inépuisable en bons mots, dit l’Encyclopédie des gens du monde, il en faisait sur le théâtre comme en société, et sa verve caustique n’épargnait personne. Court et trapu, il avait la figure d’un gros réjoui ; ses yeux étaient d’un brillant extrême, et, malgré sa jambe de bois, il était d’une étonnante mobilité, » On peut croire aisément qu’il s’était acquis beaucoup d’ennemis. De tous côtés on cherchait des moyens de lui nuire. Il fut poursuivi par une accusation de nature infamante, devant les tribunaux ; la plainte avait été portée par un de ses domestiques, qu’une femme avait excité à la vengeance. Les juges acquittèrent l’accusé ; mais le coup qu’on avait voulu frapper avait complètement-réussi. Ce procès affecta la santé de Samuel, au point qu’il fut obligé de se retirer de la scène. La paralysie s’empara de ses membres. On lui conseilla de faire un voyage en France ; mais il préféra se retirer à Brighton et de là à Douvres, où il rendit presque subitement le dernier soupir. Son corps fut, dans la suite, transporté dans le cloître de l’abbaye de Westminster.

On a de Foote vingt-deux ouvrages dramatiques, qui sont fort amusants, bien que très-irréguliers. L’une de ses meilleures comédies est le Mineur, pièce dirigée contre la secte des méthodistes et contre la bigoterie de cette fraction du protestantisme. Après le Mineur, il faut citer le Chevalier et le Diable boiteux (The deuil on two sticks). Aucune de ces farces n’est représentée aujourd’hui. Les œuvres de Foote ont été publiées à Londres en 4 vol. in-8° (1778). On a également édité sous son nom un Théâtre comigue (5 vol. in-12) ; c’est un recueil de comédies traduites du français. Les Mémoires of Samuel Foote ont été publiés par M. William Cooke (Londres, 1805, 3 vol. in-8°). Ces mémoires sont remplis d’anecdotes aussi piquantes que variées, d’une lecture des plus agréables.

FOOTE (Andrew-Hull), vice-amiral américain, né à New-Haven (Connecticut) le 12 septembre 1806, mort à New-York le 27 juin 1863. il entra dans la marine comme midshipman, à l’âge de seize ans, fit sa première croisière à bord de l’escadre chargée de châtier les pirates de l’archipel des Antilles, et était lieutenant en 1830. Membre zélé de la société de tempérance, il ne cessa de fulminer contre l’usage des boissons excitantes, et il se flattait d’avoir obtenu d’un grand nombre de marins, du moins de ceux de son équipage, de s’en abstenir absolument. En 1840, avec le brick Perry, qu’il commandait, il joignit, sur les côtes d’Afrique, l’escadre du commodore Gregory, et, pendant deux ans et demi, fut activement employé à la suppression de la traite. Foote a exposé les résultats de cette croisière dans un ouvrage publié en 1852, sous le titre de l’Afrique et le pavillon américain. Attaché ensuite à la station de Chine, il arriva à Canton au moment où allaient commencer les hostilités entre la Chine et les forces unies de la France et de l’Angleterre, et s’appliqua à protéger les intérêts des citoyens américains. Les forts de Canton tirèrent sur lui pendant qu’il accomplissait ce devoir. N’ayant pu obtenir réparation pour cet outrage, il canonna quatre de ces forts, pratiqua une brèche énorme dans le plus considérable d’entre eux, débarqua 280 matelots, se mit à leur tète, et emporta successivement les quatre ouvrages. Ce beau fait d’armes fut accompli en présence des flottes alliées, dans la rivière de Canton, et ne coûta à Foote que 40 hommes. Les Chinois en avaient perdu 1,100. Au commencement de la guerre civile de 1861, le commandant Foote était attaché à l’arsenal de Brooklyn. En juillet de la même année, il fut promu capitaine et chargé du commandement de la flottille destinée à opérer dans l’Ouest. Le 4 février 1862, il quitta Cairo, sur le Mississipi, avec 7 canonnières, dont quatre cuirassées, pour attaquer le fort Henry, sur le Tennessee. Sans attendre l’arrivée des troupes de débarquement du général Grant, il commença le bombardement du fort, qu’il réduisit au bout de quatre heures. Le 14 du même mois, il attaqua, le fort Donelson, sur le Cumberland. Mais ici le feu des batteries confédérées fut si violent et si