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GALL

fer, du cuivre, du cristal, du marbre, de la houille, etc. La pèche et la vente des fourrures constituent les principales ressources des habitants. Les forêts sont peuplées d’ours, d’élans, de bisons, de cerfs et de castors. Les habitants indigènes sont Esquimaux ou Indiens. Parmi ces derniers, il faut nommer les Knistinaux, qui font avec les Anglais un grand commerce de pelleterie. Toutes ces peuplades sont entièrement indépendantes. Les Européens, établis en très-petit nombre dans la Nouvelle-Galles, parcourent le pays en chasseurs ou habitent comme marchands les forts établis par la ci-devant Compagnie de la baie d’Hudson. Les plus importants de ces forts sont : Fort-York, Fort-Churchill, Fort-Moose et Fort-Albany.

GALLES DU SUD (NOUVELLE-), en anglais New South Wales, nom d’une des cinq colonies anglaises de l’Australie, la plus ancienne et la plus peuplée, occupant la vaste région qui s’étend au S.-É. du continent australien, entre 37° B2’ et 29" 50’ de lat. S., depuis le cap Hove au S. jusqu’à l’entrée de la baie de Sandy au N., et depuis la côte jusqu’à 138» 40’ de long. E. À l’intérieur. Victoria et l’Australie du Nord, qui en faisaient partie, en ont été détachées il y a peu d’années. La Nouvelle-Galles du Sud présente un développement de côtes d’environ 1,200 kilom. ; ses rivages sont escarpés, mais possèdent des baies profondes et des ports excellents, comme Botany-Bay, Port-Jackson, Port-Hunter, Port-Stephens. La superficie de la Nouvelle-Galles, du Sud peut être évaluée a 12,000 myriamètres carrés ; sa population, qui n’était en 1802 que de 13,000 hab., s’élève aujourd’hui à 365,653 hab. Cap., Sidney ; villes princ. : Paramata, New-Castle, Maitland, Port-Mocquarie, Bathurst et Colbourn.

Le territoire de la Nouvelle-Galles du Sud, dominé par les montagnes Bleues et arrosé par le Dorling, leMorrumbidgi, rHa-wkesbury, le Hunter, le Hastingsetle Brisbnne, est plus propre à l’élève du bétail qu’à la culture. Le climat est doux et salubre, mais exposé à de très-longues sécheresses. L’élève du bétail et l’exploitation des mines de fer, de plomb, de cuivre, les vastes gisements de houille et surtout de riches placers aurifères sont les principales ressources des habitants. Exportation des laines et des produits des mines. Depuis 1854, l’administration est confiée à un gouverneur nommé par la métropole, recevant 175,000 francs de traitement, et assisté d’un conseil exécutif de 21 membres au moins nommés par lui, et à une assemblée législative de 54 membres nommés pour cinq ans par les colons libres, sauf un tiers qui est nommé par le gouverneur. Les lois formulées par cette assemblée législative doivent être approuvées par le gouverneur. La garnison se compose de deux régiments de l’armée des Indes, secondés au besoin par une milice coloniale, dont les cadres sont remplis par les, colons libres. Pour plus de renseignements, v. le mot Australie.

GALLES (tlo du Prinoe-db-). V. Prince-deGalles (île du).

GALLET, chansonnier et auteur dramatique français, né k Paris vers 1700, mort en 1757. C’était un épicier droguiste, établi à la pointe Saint-Eustacheoudans laruedesLombards, un franc buveur, un joyeux compère fait pour le refrain et le vaudeville grivois, de la bnnde des Piron, des Favart, des Panard, des Collé, etc. La muse rieuse et le cabaret le détournèrent du soin de ses affaires commerciales, si bien qu’en 1751 il fit banqueroute, mit la clef sous la porte, et, pour éviter la prison, se réfugia au Temple, lieu d’asile pour les faillis. Là, le pauvre diable recevait sans cesse les comptes de ses nombreux créanciers et disait fort plaisamment à ce sujet : Me voilà au 7’emple des mémoires. Gallet supporta on ne peut plus philosophiquement et gaiement son désastre, et il se mit à boire au point que l’état de ses nerfs malades ne lui permit plus d’écrire et qu’il devint hydropique. Condamné parla Faculté, il en réchappa et recommença à se griser comme devant ; enfin, après avoir subi de nombreuses et abondantes ponctions, il expira. Peu de mois avant sa mort, il envoya ces trois couplets à son ami Collé, en manière de compliment de jour de l’on ;

Du premier du mois de janvier

Je me ris comme du dernier ;

Quo la politique aille aux piautres]

Dans mon répertoire j’ai mis

Qu’on trouve peu de vrais amis

Accompagnes de plusieurs autres.

Ce petit couplet de chanson

Est un compliment sans façon

A Collé, le meilleur des nôtres.

C’est prou pour moi, pauvre animal,

Prêt à succomber sous un mal

Accompagné de plusieurs autres.

Autrefois, presque en un instant,

J’en aurais pu rimer autant

Que nous reconnaissons d’apôtres ;

Aujourd’hui, j’abrège d’autant

Qu’à l’église un prêtre m’attend

Accompagné de plusieurs autres.

11 improvisa cette chanson lors de la première attaque de sa maladie. Le refrain reproduit narquoisement la formule banale des souhaits de nouvelle année.

Collé ne laisse pas de parler peu amicalement dé Gallet dans ses Mémoires, tout en

GAi/r,

déclarant qu’il satisfit pleinement ses créanciers en leur payant tout, intérêt et principal.

Les anecdotes plaisantes Sur Gallet ne manquent pas. Le chansonnier populaire conserva sa belle humeur jusqu’au dernier souffle, et" il dit, en riant, au prêtre qui venait lui administrer l’extrême-onction : ■ Ah I monsieur l’abbé, vous voulez me graisser les bottes ; ce n’est pas nécessaire, car je m’en vais par eau. >

Panard, plus fidèle à son ami que ne l’avait été Collé, le regretta sincèrement : mais, tout en déplorant sa perte, il ne put s empêcher de dire une drôlerie à Marmontel, à propos de la tombe du droguiste potite : «... Ahl monsieur, ils me l’ont mis sous une gouttière, lui qui, de sa vie, n’a bu une goutte d’eau. >

On attribue à Gallet deux chansons ou rondes dont on fredonne encore quelques lambeaux : la Boulangère a des écus et la Meunière du moulin à vent.

Voici un couplet épigrammatique contre Nègre, lieutenant criminel, homme indigne, qui fut forcé de se démettre de sa charge, et contre d’Argouges, lieutenant civil, qui saluait les gens salon leur importance :

Au Chatelet sont bien tenants

Deux lieutenants ; Et ces magistrats renommés Sont bien nommés : Monsieur le lieutenant civil

Est très-civil, Et le lieutenant criminel

Bien criminel.

La chaiïson de Saint Rock mérite une men tion. Nous donnons le dernier couplet : Saint Roch, voyant venir sa dernière heure, Dit de bon cœur cinq ou six oremus ; Et puis ; • Adieu, mon pauvre chien, demeure, Moi, je m’en vais dire mon in mamts.t Exempt de blâme, 11 rendit l’âme En bon chrétien Dans les bras de son chien.

Il nous reste à indiquer les productions de Gallet : la Précaution inutile, pièce en un acte (1730) ; le Double tour ou le Prêté rendu, un acte (1736) ; les Co/fres, un acte (1736) ; Prologue pour l’Opéra-Comique (174-1) ; les TroQueitrs (Vadé a traité le même sujet) : ces pièces de l’Opéra-Comique n’ont point été imprimées, non plus que Pic, pan, pon, qui est de 1734 ; la Pétarade ou Polichinelle auteur, en un acte, en prose et en vers, pièce quasi nouvelle, qui peut être représentée en personnes de bois naturelles ; seconde édition, moins mauvaise et non plus méchante que la première, avec peu de corrections et beaucoup d’augmentation (1750, in-S°). Ce titre démesuré et saugrenu indique que cette pièce est du genre de ce qu’on a nommé depuis folie. Passons aux parodies ; La Ramée et Dondon, à propos de la Didon de Le Franc de Pompignan. Cette farce fut faite en société avec Panard et Pontau, probablement interpocula ; elle resta manuscrite ; Marotte, à l’occasion de la Mérope de Voltaire (1745, ras.). Les couplets et chansons de Gallet n’ont point été réunis en volume. Pour les retrouver, il f.tut feuilleter les recueils du temps. MM. Moreuu et Francis sont les auteurs d’un vaudeville en un acte (théâtre des Variétés) intitulé : Gallet ou le Chansowiier droguiste (1806), et qui a obtenu un certain succès de gaieté.

GALLETTl (Philippe-Marie), peintre italien, né à Florence en 1636, mort en 1714. Il entra dans l’ordre des théatins et s’adonna exclusivement à la peinture religieuse. Ses productions sont assez bien dessinées et composées ; on y trouve de l’imagination, mais le coloris est jaunâtre et sans relief. Le P. Galletti a laissé de grandes fresques, parmi lesquelles nous citerons : le Paradis et l’Adoration des mages, à San-Gaetano de Florence ; la Vierge, Saint Onuphre et trois franciscains, à la Conception, dans la même ville ; la Vie de saint Gaétan, dans l’église Sainte-Christine, à Panne, etc. Nous mentionnerons, parmi ses tableaux à l’huile, un Miracle de saint Antoine de Padoue et un Miracle de saint François de Paule, à Guastalla.

GALLETTI (Pierre-Louis), bénédictin et archéologue italien, né à Rome en 1724, mort dans cette ville en 1790. Il devint bibliothécaire et architecte de son ordre à Florence, et reçut de Pie VI le titre d’évêque de Cyrène. Galletti était très-versé dans l’histoiro ecclésiastique et littéraire de l’Italie. Il a composé plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Capen.ammticip.io déBornant (Rome, 1756) ; Gabbio, antina cita di Sabina (Rome, 1757) ; Inscriptiones infinti svi Romx exstantes (Rome, 1757-1766, 7 vol. in-8°), le premier grand recueil d’inscriptions relatives au moyen Age qui ait été publié ; Del vestarario délia sauta romana Chiesa (1758) ; Del primicero delta sauta sede apostolica e di altri uffiziali m’aggiori (1776), etc.

GALLETTl (Jean-Georges-Auguste), historien allemand, né à AÏtenbourg en 1750, mort en 1828. Après avoir étudié l’histoire et la jurisprudence à Gœttingue, il donna des leçons particulières, puis il entra au lycée de Gotha (1772), où il devint successivement professeur de latin et de grec, d’histoire et de géographie (1783). En 1816, le duc de Gotha le nomma conseiller auliqua, historiographe, et lui laissa la totalité de ses appointements de professeur lorsqu’il se retira de l’ensei GALL

gnement, en 1819. Ses principaux ouvrages sont : Histoire et description du grand-duché de Gotha (Gotha, 1779-17S1) ; Histoire de la l’huringe (Gotha, 1782-1785) ; Manuel de l’histoire des anciens États (1783) ; Histoire d’Allemagne (Halle, 1787-1819, 10 vol.) ; Petite histoire du monde (Gotha, 1787-1829, 27 vol.) ; Dictionnaire géographique (1807) ; Connaissance générale du monde (1807) ■ Histoire de la Révolution française (1814) ; Histoire générale de la civilisation dans lès trois derniers siècles (1814, 2 vol.) ; Histoire des peuples et États de l’ancien monde (Berlin, 1825-1826) ; Histoire de la Grèce (1826, 2 vol.) ; Histoire de la Turquie (1826), etc. Tous ces ouvrages sont des compilations, écrites dans un style facile et élégant, à l’usage des gens du monde.

GALLI, protestant français, né à Nîmes au xviio^sièele. Il se réfugia à Londres pour échapper à la persécution et publia dans cette ville, en anglais : Mémoires sur la guerre des Cévennessous le colonel Cavalier (1726, in-8°). Cet ouvrage est généralement regardé comme la traduction de mémoires rédigés par Cavalier lui-même ; cependant tout porte à croire 3ue c’est une production originale, composéeaprès les récits du célèbre chef protestant.

GALLI (Jean-Antoine), chirurgien italien, fondateur des cours d’accouchement en Italie, né à Bologne en 1708, mort en 1784. Il avait fait exécuter en cira ou en terre cuite toutes les pièces anatomiques nécessaires pour l’enseignement de cette partie de la chirurgie. Ce précieux musée spécial fut acquis, pour l’université de Bologne, par Benoît XIV.

GALLI (Pierre-Gaytin), comte de La Loggia, magistrat et savant jurisconsulte italien, né à Turin en 1732, mort dans cette ville en 1813. Lorsqu’il eut terminé ses études de droit, il entra au parquet de la chambre des comptes et devint successivement substitut du procureur général, conseiller, président de la même cour. Il entra par la suite au sénat et se plaça pur ses ouvrages au nombre des plus savants jurisconsultes de son temps. Napoléon nomma Galli président de la cour d’appel, puis conseiller d’État pour la rédaction du code civil. On a de lui : La pratica légale secondo la ragione commune (1772-1792, 10 vol. in-8°), sorte d’encyclopédie du droit piémontais, dans laquelle il mit en harmonie le droit 1 commun avec les usages du barreau, les dé-1 cisions du sénat, de la chambre des comptes,

les constitutions royales de 1770, afin de faire

la lumière dans une législation qui était un véritable chaos ; Délie aiynita e curiche nel Piemonte (1790, in-8u), ouvrage intéressant, rempli de faits historiques et devenu très-rare.

GALLI (Jean-Marie et François), peintres italiens. V. Bibbiena.

GALLI (Filippo), célèbre chanteur italien, né à Rome en 1783, mort en 1853. Dès l’âge de dix ans, cet artiste était déjà musicien habile et possédait un talent remarquable comme claveciniste et comme accompagnateur. En même temps, il prenait des leçons de chant qui développaient en lui une belle voix de ténor. À dix-huit ans, il se maria, et les besoins de sa nouvelle situation le décidèrent à se produire en public. Il débuta à Bologne, en 1804, dans la Chasse de Henri IV de Generali. Le succès qu’il obtint semblait devoir le classer parmi les meilleurs ténors, quand une maladie grave changea la nature de son organe, qui tomba à la basse-taille. Cette transformation l’effraya d’abord ; mais Paisiello le rassura et l’engagea à travailler son nouveau timbre. Galli suivit ce conseil et s’en trouva bien ; car l’exercice développa en lui une voix de basse chantante d’une sonorité extraordinaire. Son début dans son nouvel emploi eut lieu à Venise dans le rôlç de Taraboto de l’Inganno felice de Rossini, L’année suivante, il créa, à Milan, le sigitlaro de la Pietra del paragone du même maître. Los rôles du bey dans Vltaliana in Alyeri, et du Turc dans Jl Turco in Italia mirent le sceau à sa réputation. Galli, trouvant le répertoire bouffe trop borné, voulut aborder les personnages dramatiques. Rossini applaudit a cette résolution et écrivit pour lui, en 1S17, à Milan, le rôle de Fernando dans la Gazza ladra, puis celui de Maometto, en 1820, à Naples. En 1821, Galli débuta à Paris par son beau rôle de Fernando ; mais il se produisit un phénomène bizarre. Soit que le climat eût inllué d’une manière fâcheuse sur son organe, soit qu’il se sentît gêné dans la petite Salle du théâtre Louvois, il lui fut impossible de chanter juste son rôle pendant le premier acte ; mais il reprit vite son aplomb et produisit une sensation profonde au second acte, par son exécution passionnée. Quelque temps après, Galli quitta la France, qu’il revit en 1825. Acteur tragique et chanteur consommé, il joua plusieurs grands rôles à la satisfaction générale ; cependant, on put dès lors remarquer une certaine lourdeur dans l’organe, qui lui rendait pénible l’exécution de certains traits qu’il vocalisait autrefois avec une étonnante aisance. En 1828, Galli quitta Paris pour se rendre en Espagne, puis retourna en Italie. En 1831, il fut attaché au théâtre ita-r lien de Mexico, où il resta cinq ans. De retour en Europe, il fit une saison à Barcelone, chanta sans succès à Milan, et, enfin, fut réduit à accepter une place de chef des chœurs à Madrid et à Lisbonne. Une insouciance incompréhensible et une

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prodigalité follejetèrent Galli dans une profonde détresse. Il arriva à Paris, en 1S42, dans un lamentable dénùinent, et, pour lui procurer du pain, le gouvernement français le nomma professeur au Conservatoire. Son revenu le plus clair consistait dans le produit d’un concert que donnaient chaque année, à son bénéfice, les virtuoses du Théâtre-Italien. La Révolution de 184S lui enleva cette dernière ressource. Alors il tomba tout à fait dans la misère, languit quelque temps, et mourut en 1853,

GALL1-MAR1É (Mlle Marié, épouse Galli, connue au théâtre sous le nom de M’08), cantatrice française, née à Paris en 1840. Elle montra dès son enfance une rare intelligence musicale. Après avoir reçu une bonne éducation, la jeune fille du ténor Marié alla débuter en province, suivant un excellent usage auquel les théâtres de Paris durent jadis leurs artistes les plus illustres. C’est pas à pas que la future Mignon acquit ce talent qui résistera à l’outrage du temps. Plus piquante que belle, plus inspirée que savante, elle satisfaisait d’abord sans charmer ; le charme est venu 1 Engagée au théâtre de Rouen, M"" Galli-Marié obtint des triomphes mérités dans les rôles les plus opposés. Rien ne saurait exprimer l’effet qu’elle produisait sous les traits de Léonor, de la l’avorite. Ayant trop d’esprit pour chercher à copier Mmo Stoltz, la jeune artiste, obéissant à son inspiration, domptait ce public renommé pour sa sévérité. Il restait pour ainsi dire suspendu à ses lèvres, et éclatait en bravos quand il finissait par se rendre compte de son émotion.

Mme Galli-Marié, on le devine, ambitionnait les suffrages des Parisiens, qui. grâce à un préjugé contestable, ont la réputation d’assurer à jamais gloire et profit à leurs idoles. La fortune, qui n’est pas toujours aveugle, accorda à l’artiste la faveur qu’elle avait refusée au ténor Marié. Mme Galli-Marié débuta, le 13 août 1802, par le rôle de Zerbine, dans la Servante maîtresse, opéra de Pergolèse. Contre l’ordinaire, on n’avait pas abusé de la réclame, et les spectateurs furent surpris de se trouver en face d’une véritable artiste. Le critique Scudo, qui n’avait pas l’éloge facile, disait : « Mme Galli-Marié est vive, accorte et agréable de sa personne. Sa voix est un mezzo soprano d’un timbre gros et sonore, et dont la flexibilité pourrait être mieux dirigée et moins cahotante. Elle chante et joue avec esprit et bonne humeur, et ne laisse à désirer qu’un peu plus de distinction dans les manières, qui sont parfois trop lestes, car Pandolphe n est pas un imbécile, et il faut le séduire avec plus de goût et moins de grimaces. Cette artiste, d’une physionomie souriante, qui ne jouait en province, assuret-on, que des rôles sérieux, a été favorablement accueillie par le public de Paris. • La nouvelle venue ne tarda pas à s’imposer à l’attention des connaisseurs par un talent original, auquel on ne saurait rien comparer dans le passé. Ce talent ne doit rien à l’étude, l’inspiration seule le guide ; il grandit avec les situations violentes et s’atténue parfois dans les scènes ordinaires j mais l’ellet est produit. L’expérience nuirait à cette fougue un peu sauvage, qui exerce un singulier prestige même sur les difficiles. M""» Galli-Marié entre en scène ; un spectateur vulgaire ne verra d’abord qu une chanteuse ordinaire et une femme agréable ; mais quand la situation s’élève, l’artiste se transfigure ; l’œil s’anime, la voix acquiert un prestige irrésistible. Analyser les procédés de cette artiste est chose impossible ; autant vaudrait chercher à expliquer pourquoi nous pleurons en entendant un air qui nous rappelle le plus vulgaire détail de notre enfance ; pourquoi un fragment de mélodie nous rend pour un instant nos vingt ans envolés. Le talent de cette artiste ressemble à l’éclair qui nous éblouit en dépit de notre volonté. Il a parfois des ombres ; mais elles servent d’heureux contraste à la fougue de cette nature exubérante qui, malgré ses succès, n’a pas dit son dernier mot ; l’avenir nous donnera raison à coup sûr. On a reproché à Mme Galli-Marié un certain orgueil qui se révèle dans ses attitudes et dans l’expression de sa physionomie ; un observateur attentif s’apercevra aisément qu’il n’y a là que les élans d’une organisation nerveuse. M1110 Galli-Marié, femme bien élevée, a de la modestie et du tact, et, parfois, elle tremble en abordant un rôle pour la première fois. Son assurance, en pareil cas, ressemble beaucoup à la bravoure des poltrons qui chantent pour se donner l’apparence du courage. Voici la liste des principales créations de cette cantatrice : Lara, opéra de M. Aimé Maillart ; le Capitaine Henriol, de M. GevaSrt ; Fior d’Aliza, de M. Victor Massé (dans un rôle relativement sacrifié, la cantatrice obtint un vrai triomphe) ; Mignon, de M. Ambroise Thomas ; les Dragons de Villars (reprise), etc. GALL1A, nom latin de la Gaule.

Gallia cbrintiaua (la Gaule chrétienne), ouvrage célèbre, commencé par les Suinte-Marthe, continué au xvme siècle par les bénédictins de Saint-Maur, et au xixe par M. Hauréau, qui a repris cet immense travail h la fin du tome XIII et l’a mené jusqu’au tome XVI.

Dès 1626, Claude Robert, grand archidiacre de Chalon-sur-Saône, avait publié, sous la nom de Gallia christiana, un volume in-folio