Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/177

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GRAÎ

Dans ce dernier cas, il s’y mêle souvent un principe aromatique particulier, comme dans le poivre et le cafâ. Dans le phytéléphas, il acquiert la blancheur et la dureté de l’ivoire, d ou le nom d’ivoire végétal donné à cette graine. L’albumen, qu’on appelle encore pénsperme, est quelquefois double, comme dans h nénufar.

L’embryon est la partie essentielle de la graine ; i se trouve placé, tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur de l’albumen, qu’il entoure guelqufois complètement. Quand il n’y a pas d albumen, l’embryon remplit entièrement la cavité des enveloppes de la graine, et alors ses cotylédons sont ordinairement très-volumineux et souvent charnus et oléagineux.

Les graines des plantes présentent une infinie variété dans leurs caractères-extérieurs. Leur nombre varie dans les limites les plus étendues ; le fruit ne renferme qu’une graine dans les graminées ; deux dans les ombellifères ; trois dans le sureau ; quatre dans la sauge ; cinq, dans le néilier ; huit dans la tormentille ; enfin, un nombre plus ou inoins considérable dans l’œillet, le pavot, le tabac, etc. Leur volume présente aussi les différences les plus notables ; les graines du cocotier des Maldives égalent deux fois la grosseur de la tète, celles des raiponces ressemblent à une fine poussière. Quand la graine est unique dans le fruit, sa grosseur est généralement en rapport avec celle du péricarpe ; mais il n’en est plus de même quand il y en a plusieurs. La forme n’est pas moins variable : la graine est globuleuse dans-le pois, rémforme dans le haricot, lenticulaire dans 1 orme, hémisphérique dans le café ovoïde dans le chêne, allongée dans la scorsonère, turbinée dans lu vigne, trigone dans le souchet, tétragone dans la santoline, anguleuse dans la dauphinelle, comprimée dans la courge, sinuée dans le noyer, contournée dans la soude, etc. Il en est encore de même do leur surface extérieure et de leur couleur : la graine est d’un beau rouge dans le condori, blanche dans le haricot commun, bleue dans certains erotons, rpsée dans le grenadier, verdâtre dans la balsamine des bois, jaune dans le pois, brun luisant dans le

lin, noire dans la coquelounle, diversement

panachée dans le ricin, leslychnides, etc. La surface est lisse, rugueuse ou velue ; elle présente, en général, une tache plus ou moins étendue et de couleur plus claire, qu’on nomme hile ; c’est une véritable cicatrice résultant de la chute du funicule par lequel la graine tenait au placenta ou cordon ombilical. On y remarque aussi une petite ouverture, appelée micropyle, qui correspond à 1 extrémité do la radicule. Le tégument interne présente aussi une autre tache, appelée chalaze ou Mie interne, et qui est unie au hile externe par une sorte de petit cordon nommé raphê.

La graines sont souvent munies d’appendices divers, qui aident à leur dissémination ; ce sont des ailes dans les pins, des membranes dans 1 orme, des aigrettes dans le pissenlit, un duvet dans le cotonnier, etc. Elles sont placées très-diversement dans le fruit. Quant a leur consistance, elles sont charnues dans le pistachier, fongueuses dans l’armarinthe, succulentes dans la grenadier, cartilagineuses dans le poirier, coriaces dans le coignassier, ligneuses dan ? le néflier, dures dans le caroubier, pierreuses dans le gremil, etc. Les caractères tirés de la graine sont d’une haute importance pour la classification, mais tous sont loin d avoir la même valeur. La position de 1 embryon, la présence et la nature de l’albumen ont plus d’importance, à cet égard que la couleur des téguments.

Les usages des graines, comme ceux de toutes les parties du végétal, sont aussi nombreux que varies. Celles des graminées (blé, orge seigle, mais, riz), du sarrasin, des légumineuses (haricot, pois, fève, lentille), etc., retiennent une grande quantité de fécule qui, jointe au gluten ou à d’autres substances, leur communique des propriétés nutritives très-prononcées. Les graines de l’amandier du noyer, du colza, du pavot, etc., sont riches en huile grasse, employée soit dans l’alimentation, sou pour : l’éclairago, soit encore en médecine ou dans les arts industriels. Des huiles essentielles sont aussi produites par un grand nombre de graines, notamment par celles de 1 unis, du fenouil, de la coriande du carvi, etc. Ces graines renferment aussi un principe stimulant et très-aromatique, qui les lait employer dans l’art culinaire comme condiment, pour relever la saveur des mets trop fades ; le poivre, le cumin se rapportent aussi a. cette catégorie. En médecine, elles sont excitantes, et on les appelle semences chaudes ou camunatives. On nomine.au contraire semences froides celles do la courge, du concombre, du melon, etc., qui exercent une action emolliente et -sédative. Les graines du lin, des plantains, du coignassier renferment un mucilage très-abondant. L’orge, l’avoine, le riz donnent de la bière, de l’eau-de-vie ou d autres boissons fermentées. Le cacao entre dans la composition du chocoiat. Les usages du café sont suffisamment connus. Laor« !»ie du roçou sert à teindre en rouge, et celle du phytelephas a faire des objets d’art.

Toutefois, la graine est appelée à jouer un rôle plus important. Elle fournit, en effet le moyen le plus naturel, le meilleur et souvent 1 unique de propagation des végétaux. En gênerai, on s accorde à reconnaître que les

sujets venus à*graine* sont plus vigoureux et durent plus longtemps que ceux qui proviennent de boutures, de drageons, de greffes ou de marcottes. Ce n’est d’ailleurs que par ce moyen qu’il se produit de nouvelles variétés.

Lorsque la graine est mûre, elle se détache du végétal, soit isolément, soit avec le fruit ; souvent elle est transportée a de grandes distances. Souvent aussi, et c’est-Ie cas pour les espèces cultivées et même pour d’autres dont on utilise les semences, l’homme intervient dans ce phénomène ; sans attendre la chute naturelle, il récolte les graines au moment qui lui paraît le plus favorable. Dans les cultures de plantes dont on recueille les produits avant que là semence soit formée ou mûrie, on a soin de réserver, pour la propagation de l’espeP.éjun certam «ombre de pieds, qu’on appelle des porte-graines et auxquels on laisse parcourir toutes les phases de la végétation. La récolte des graines doit se faire, autant que possible, lorsqu’elles ont atteint leur complète maturité ; quelquefois, cependant, il y a avantage à devancer un peu ce moment et a laisser les graines achever leur maturation dans le local où on les. renferme. On doit aussi choisir pour la récolte un temps calme et sec. ’ r

Pour conserver les graines jusqu’au moment du semis, il. faut les soustraire à l’ina., ..—j, —uw iW avimuiiu" ; de sa simplicité ; 3° on prend au hasard un nombre déterminé de graines ; on les sème, et le nombre de celles qui lèvent donne la proportion probable des bonnes et des mauvaises. Quant au développement de la. graine, v. les

mots ENSEMENCEMENT et GERMINATION.

Beaucoup de plantes, celles surtout qui sont bisannuelles, produisent d’abord une rosette ou une touffe de feuilles radicales. Au bout do quelque temps, la tige sort du milieu de ces feuilles, s’élève et produit des fleurs, des fruits et des graines ; c’est ce que les jardiniers appellent monter en graine. Ce phénomène n’a rien que de très-normal, et c’est ainsi que les choses se passent dans la nature. U eBt indispensable aussi qu’il se produise chez les végétaux cultivés pour leurs graines, que celles-ci soient-destinées au semis (et alors le sujet iprend le nom de porte-graines) ou qu’elles soient employées aux usages alimentaires, médicinaux ou industriels. -.- ■■., !■ 1- ■

« Mais il n’en est plus de même quand les plantes sont cultivées pour.leurs feuilles^ comme beaucoup de plantes annuelles, iea choux, les laitues, les épinards ; etc. Dans ce cas, le végétal, lorsqu’il commence à monter en graine, perd une grande partie de sa valeur. Les jardiniers emploient donc tous les moyens qui sont à leur disposition pour empêcher ce phénomène de se.produire. Les principaux de ces moyens sont le choix de la variété, — l’époque du semis, l’exposition, les arrosements, etc.

Certaines races de choux, de laitues ou d autres plantes, semées en même temps et dans les mômes conditions, montent plus tôt en graine les unes que les autres. Les plantes qui sont mises en terre par un temps, froid et humide montent moins vite que dans le cas contraire, alors même que le temps deviendrait plus chaud. Les sujets exposés au nord parcourent inoins rapidement les diverses phases de leur végétation. Si l’on arrose les plantes, pendant la chaleur du jour, avec de l’eau fraîche, on empêche reflet de la température et on retarde le développement de la tige. Quelques personnes

croient qu’en supprimant totalement ou1 en grande partie les feuilles d’un végétal, on retarde sa fructification ; c’est, en effet, ce qui a lieu pour les arbres et quelques grandes plantes vivaces, mais non pour les plantes annuelles..

Ces procédés ne sont pas toujours applicables dans la grande culture. Là, quand les végétaux sont cultivés pour leurs feuilles, , comme le tabac, le chou à vaches, le pastel, etc., on se contente de couper les feuilles lorsqu’elles ont atteint le développement convenable au but qu’on se propose. ■

GRAINE, ÉE (gre-né)"part. passé ’du V. Grainer. Réduit en grains : Poudre grainée. GRAINELÈ, ÉE (grè-ne-lé) part, passé du v. Graineler : Cuir GRainelè.

GRAINELER v. a. ou tr. (grè-ne-lè— rad. grain : Double la consonne l devant un e muet : Je gfainclle, nous grainellerons). Former des j grains.de petites éminences multiples et rap- ; prochees Sur : Graineler du cuir, JU papiers- ’ GRAINER v. a. pu tr. (grc-né — rad. grain). Réduire eu grains : On gkmkb la poudre au. ■ moyen d un taniis de crin, en la comprimant légèrement avec la main, u On dit aussi oreneu. I — Dessin. Former des ombres dans’le dessin et la gravure, par un grand nombre de points.

..— Techn. Couvrir de petites éminences nombreuses et rapprochées. : Grainer une étoffe. Grainer du cuir, du papier, u Ûrainer une fleur, En terme de fleuriste artificiel, Former 1 anthère qui surmonte l’éUimine,

— Sylvie. Grainer les porcs, . Les mettre dans les forêts et les bois pour le temps de la pâture ou glandée., ,., ...

— v, n. ou imr. Produire des grains ou de la graine : Cette herbe.graine bien ; Les- blés nont pasGRàixèi.

GRAINERIE s. f. (grè-ne-rl — rad. graine). Lieu ou 1 on serre les grains : La grainerie a une ferme. ’ ' ’ ' ’ -T.

GRAINES^CÔTE des). V. CÔTE.

GRAINETÉ, ÉE (giè-ne-tè) part, passé du v. Graineter. Orné de grains : Ces cuirs sont bien grainetés...

graineter v. a. où tr. (grè-ne-té — rad. grain). Orner, embellir par des rugosités en forme de grains : Graineter du cuir’du papier. ■ r,

GRAINETERIE s. f. {grè-ne-te-ri — rad. graine). Commerce de marchand grainetier. Il Boutique où l’on vend des grainoB^t ! On dit

ailSSi GRÉNETKRIE..

GRAINETIER s. m. (grè-ne-tié — rad. graine). Marchand de graines diverses, il On

écrit aussi GfiÙNBTIKE. -j ■ i

GRAINETIS S. m. V. GUÈNETIS.

GRAINETOIR s. m. (grè-ne-toir. — o-ûd. graineter). Techn. Outil qui sert à graineter.

GRAINETTE s. f. (grè-nè-te — dimin. de graine). Bot. Syn. de graine d’Avignon. ;

— Techn. Grain de poudre qui reste sur le tamis, après qu’on a passé la poudre sèche : Le traitement des grainettes offre des dangers graves ; il ne faut jamais tenter de les écraser.

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GRAINEUR s. m. (grè-neur — rad. graine, nom vulgaire des œufs de vers à soie). EcOn : rur. Celui qui recueille les œufs ou graines de vers à soie.

GRAINGER ou CHANGER (Jacques), médecin et poète écossais, né à Dunse vers 1723^ mort dans l’île Saint-Chri$tophe en 1767. Après avoir été quelque temps chirurgien militaire, il pratiqua son art à Londres, puis alla s’établir dans l’Ile Saint-Christophe. Il a compose quelques ouvrages de médecine, entre autres un Essai sur les maladies les plus communes aux Indes occidentales (Londre^1, 1764), et des poésies, où l’on trouve parfois quelques heureuses inspirations. Nous citerons notamment : Bryan andPereehe, ballade publiée dans les lieliqut>s de Pçrcy ;Sugar cane (Londres, 176*, in-10), poeine didactique surlâ canne à sucre.

. GRAINIER s. m. (grè-nié — rad. graine). Bot. Collection de graines : Un grainibr demande a être visité souvent. (T. deBerneaud.)

— Encycl. Le grainier forme le complément indispensable de toute collection botanique destinée à l’étude ; la plupart des graines sont d’un volume trop considérable pour être renfermées dans l’herbier ; d’ailleurs, il y a àvan-i tage, pour la pratique, à les étudier et à les reconnaître, sans avoir besoin de voir en même temps le. végétal qui les a produites. Les graines peuvent être renfermées1 dans des sébiles, dans des flacons ou dans des tubes exactement fermés, afin-de pouvoir échapper aux ravages des insectes ; quelquesunes d’entre elles ; notamment celles de9 légumineuses, y étant plus sujettes, on pourra, pour plus de sûreté, mettre dans le récipient qui les contient une substance qui fasse fuir les insectes.rLe grainier.doit d ailleurs être établi dans un endroit sec, pour prévenir les dégâts causés par l’humidité.

GRainoir s. m. {grè-noir — rad. grainer) : Techn. Crible dans lequel on passe la poudre à canon. Il Atelier où l’on convertit en poudre à canon la matière retirée des moulins. Il On dit aussi guenoir.

GRAINU, UE adj. (grë-nu — rad. grain). Techn. Se dit des cuirs dont le grain est beau et serré.

—r Comm, Huile grenue, Celle qui est figée en petits grains, signe qu’elle est de bonne qualité..

GRAINURE s. f. (grè-nu-re — rad. grainer). B.-arts. Action de grainer les ombrés d un dessin, d’une gravure ; résultat de cette action.

— Techn. Effet du. g/ramage du cuir, des étoffes, des métaux.

GRA1NVILLE (Pierre-Joseph de), • numismate et philologue français, né à.Rouen vers 1670, mort dans la même ville en 1730. Il appartenait à la société de Jésus et était bibliothécaire de la maison de son ordre, à. Rouen."’ Il a écrit un grand nombre de dissertations sur les médailles anciennes, et quelques œuyres de plus longue haleine, telles que : Etecta reinummari& (Humbourg, 1709, in-4 "»)’ ;’C. Suetonius expurgalus ab obscenitate et varie illustrais (Rouen, 1707, in-12) ; Pateratlus cum twtts (Limoges ; 17U, in-12)., ■ ■

GRAÏNVlLLEfJeân-Bàptiste-François-Xà’viér Cousin de), écrivain français, né au Havre en 1746, mort à Amiens en 1805. Il était prêtre et eut quelques succès comme prédicateur. Il se lit connaître aussi comme poète par une Epilre sur le progrès et la décadence de la poésie (17G2) ; comme philosophe, par un discours sur cette question : De l’in ■ fiuencede la philosophie sur le xvmc siècle, discours qui fut couronné par l’Académie de Besançon en 1772. Il adhéra a la constitution civile du clergé au commencement de la Révolution, et se maria en 1703. Il se livra ensuite à la composition dramatique, et fit recevoir au Théâtre-Français une pièce intitulée : le Jugement de Paris. La gravité des événements politiques empêcha la représentation de cet ouvrage. Sous le Consulat, notre abbé ; gagné par les sollicitations de l’évêque d Amiens, reprit la soutane. Mais, haï’ par ses confrères à cause de son passé, il fut réduit à. se faire maître d’école. En 1805, ’il publia.le Dernier homme, poëme en prose en dix chants (2 vol. in-12). Il s’en vendit quairante exemplaires. Grainviile, déçu dans ses espérances, découragé, réduit au désespoir, . mit fin à ses jours en se précipitant duns la Somme. Lrt Anglais, le critique Croft, passait à Amiens quelques jours après ce suicide, qui avait produit une certaine émotion dans la ville. U voulut connaître l’ouvrage de Grainville, et il en fut enthousiasmé. Dans ses.ftemarques sur Bùrace, publiées en 1810, il n’hé-sité pàa à mettre ce poSme au-dessus du Paradis perdu, de l’Iliade même. L’attention publique étant ainsi éveillée, Ch. Nodier donna, l’année suivante, une nouvelle édition du Dernier homme. Creuzé de Lessert en fit une imitation en vers (1831), et le pauvre Grainviile fut prôné par l’école romantique comme un des plus grands maîtres’de l’épopée". Voici la donnée de ce chef-d’œuvre méconnu r Par suite des progrès de l’agriculture, des sciences et de l’industrie, les nommes en arrivent U détériorer le sol cultivable, a détourner les fleuves, a déplacer les mers, et il s’ensuit la famine et un cataclysme, qui anéantit le genre humain, en bouleversant la surface du globe.. Pourtant, un homme