Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/218

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Planche formant un seuil à la traverse, il Cabine d’un bateau. N’est guère employé dans ce sens que sur la basse Seine.

GRAVELÉ, ±E (gra-ve-lé) part, passé du v. Graveler : Allée gravelée.

GRAVELÉE s. f. (gra-ve-lé). Econ. rur. Cendre de lie de vin. Il Adjectiv. : Cendre

GRAVELÉE.

GRAVELER v. a. ou tr. (gra-ve-lé — rad. gravier). Couvrir de gravier : Graveler un t illée.

GRAVELET s. m. (gra-ve-lè). Ornith. Nom vulgaire du grimpereau.

— Ichthyol. Espèce de cyprin qui habite les rivières de France.

GRAVELEUX, EDSE adj. (gra-ve-leurad. gravier. Il est assez difficile d’expliquer l’acception figurée de libjre, peu décent, qui appartient, à graveleux. On dit que l’on a appelé un conte graveleux parce que le récit cause autant d’embarras que si l’on avait du gravier dans la bouche. Il est plus probable que l’idée de gravier a été introduite ici dans le sens d’impureté, de mélange impur. Le conte graveleux est comme un mets malsain, un légume mal épluché, qui contient des pierres). Mêlé de gravier : Terre graveleuse. Crayon graveleux. Les sols légers, sablonneux ou graveleux sont, en général, plus propres au seigle qu’au froment. (Math, de Dombasle.)

— Se dit de certains fruits dont la chair contient de petits corps durs faisant, sous la dent, l’effet du gravier : Poire ghaveleuse.

— Fam. Très-libre, fort leste : Conte graveleux. Conversation graveleuse. Propos graveleux. Un mot graveleux échappait-il autrefois à la censure, il était applaudi à tout rompre. (E. de Gir.)

— Méd. Qui a rapport à la gravelle ; qui a la gravelle : Affection graveleuse. Urine graveleuse. Malade graveleux.

— s. m. Ce qui est graveleux, extrêmement libre ; Aimer le graveleux.

— Homme attaqué de la gravelle : Un graveleux est bien à plaindre.

GRAVELIN s. m. (gra-ve-lain). Bot. Nom vulgaire du chêne à grappes.

GRAVELINES, ville maritime" de France (Nord), ch.-l. de cant., arrond. et à 20 kilom. S.-O. de Dunkerque, sur l’Aa, à 2 kilom. de la mer ; pop. aggl., 3,480 hab. — pop. tôt., 6,510 hab. Place de guerre de 2e classe ; consulats de Danemark, de Suède et de Norvège. Petit port, fréquenté surtout par des bateaux pêchôurs et des navires caboteurs. Exportation d’œufs, de liqueurs et de pommes pour l’Angleterre. Salaisons, construction de navires, brasseries, meuneries. Entrepôt de sel ; commerce spécial de bois du Nord. Cette ville, généralement bien bâtie, possède un hôpital militaire, de belles casernes, des magasins d’approvisionnement et de poudre à l’épreuve de la bombe, une bourse de commerce. L’église paroissiale (xvic siècle) renferme plusieurs pierres tombales anciennes et le mausolée de M. Barbier de Metz, sculpté par Girardon. Simple village avant le xn° siècle, Gravelines fut fortifié par le comte Thierry, qui y attira ao nombreux étrangers. Son fils Philippe, comte de Flandre, fit achever les fortifications et creuser un canal entre la mer et la ville. Depuis cette époque, Gravelines a été plusieurs fois pillé et saccagé. La célèbre bataille de Gravelines eut lieu dans ses environs, en 1558. En 1654, l’explosion de la poudrière fit sauter le château’et une partie des fortifications. Depuis le traité des Pyrénées, cette ville a toujours appartenu aux Français. Le chevalier de Ville et Vauban y ont fait ajouter de nouveaux ouvrages, qui ont perfectionné le système de défense de cette place, inaccessible du côté de la mer, et dont le terrain environnant peut être inondé à volonté.

GRAVELLE s. f. (gra-vè-le — dimin. de grave, s. f.). Pathol. Maladie causée par de petites concrétions semblables à du sable, qui se forment dans les reins et sont expulsées par les urines : Comme on conduisait un bas Normand au supplice, étant au pied de la potence il demanda à boire ; on lui apporta un verre de bière, duquel il souffla la mousse. Interrogé pourquoi il faisait cela, il répondit : « Parce que l écume de la bière, à la longue, engendre la gravelle. > il Concrétions qui causent cette maladie : Jlendre de la gravelle dans ses urines. Il Tumeur des paupières, appelée aussi grêle ou chalazion.

— Econ. rur. Lie de vin desséchée.

— Encycl. Pathol. Cette maladie des voies urinairesest caractériséeparlaprésence dans ces organes de concrétions solides, de volume variable. Civiale veut qu’on divise les concrétions urinaires en : 1° sable, lorsqu’elles consiotent en une poudre fine, en paillettes ou en petits graine ; 20 gravelle proprement dite, lorsque ce sont despote corps granuleux, du volume d’une tête d’épingle ; 30 graviers, lorsque, plus volumineux, ils peuvent encore passer par le canal de l’urètre ; 40 calculs, lorsque leur volume trop considérable ne leur permet pas ce passage ; 50 pierres, lorsque les concrétions atteignent le plus grand volume. Une division plus importante au point do v»« thérapeutique consiste à reconnaîtra la gravelle acide, comprenant les concrétions d’acide

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urique et oxalique, d’urates et d’oxalates, et la gravelle alcaline ou phosphatique.

La gravelle est une affection très-fréquente, mais elle passe souvent inaperçue, parce que les malades, lorsque les concrétions sont petites, n’en sont pas incommodés et les rejettent sans s’en apercevoir.

Les causes de cette affection sont multiples. Les adultes et les vieillards y sont plus exposés que les enfants, les hommes plus que les femmes. La gravelle coïncide presque toujours avec la goutte, et reconnaît pour cause le même principe : un excès d’acide urique dans l’économie. Le régime, la vie sédentaire, la fortune, l’hérédité ont une influence reconnue sur la production des calculs urinaires. À ces causes il faut joindre certains rétrécissements ou obstructions des voies urinaires, qui permettent le séjour du liquide dans ces parties, et facilitent ainsi la concrétion des éléments solidifiables.

Les symptômes de cette maladie varient suivant la grosseur plus ou moins considérable des concrétions urinaires. D’après Civiale, lorsque l’urine sort sans être accompagnée de grains de sable déjà formés, que ceux-ci ne se forment que par le refroidissement, il n’y a pas gravelle ; mais il faut avouer que si la maladie n’existe pas encore elle est bien imminente. Pour Magendie, le plus souvent celui qui doit être attaqué de la gravelle ressent, quelques mois avant son apparition, un sentiment particulier de fourmillement, d’engourdissement dans la région des reins ; son urine est foncée en couleur et laisse déposer, au bout d’une heure ou deux, un sédiment rougeâtre plus ou moins abondant. Ces premiers symptômes s’accroissent, le sentiment d’engourdissement des reins se change en une

véritable faiblesse douloureuse, qui varie d’intensité ; le lendemain du jour où elle a été le plus forte, une certaine quantité de sable est évacuée avec l’urine. Ces prodromes se rapportent particulièrement à la gravelle urique, qui est, d’ailleurs, la plus fréquente de toutes. Lorsque le gravier présente des grains trop volumineux pour passer à travers l’urètre, il présente alors le caractère des calculs.

GHAVELOT (Hubert-François bourguignon), graveur et dessinateur français, frère du géographe Danville, né à Paris en 1699, mort en 1773. Élève de Restout, il renonça à la peinture pour s’occuper exclusivement d’illustrations et de vignettes, genre qu’il traita avec une véritable supériorité. Il a gravé à l’eau-forte les vignettes d’une édition ue Shakspeare donnée à Londres. On lui doit les figures du Voltaire de Panckoucke, du liacine de Boisjermain, des éditions de Èoccace, de l’Arioste, de Marmonlel ; les cartouches des cartes de Son frère, etc.

GRAVELOTTE s. f. (gra-ve-lo-te). Ornith. Nom vulgaire du pluvier à collier.

GRAVELOTTE, village et comm. de France, cant. de Gorze, arrond. de Metz (Moselle) ; 697 hab. Ce village est situé à l’embranchement des deux routes qui mènent de Metz à Verdun, l’une par Conflans et Stain, l’autre par Vionville, MarsJa-Tour et Manheulles : il est bâti sur une hauteur (307 mètres d’altitude) environnée de bois et dominant à l’est la charmante vallée de la Mance, qui part de Graveiotte pour s’ouvrir, ’ à 8 kilomètres de là, dans la vallée de la Moselle, qu’elle rejoint près de la petite ville d’Ars-sur-Moselle. L’église de Gravelotte, qui est moderne, a conservé la tour carrée d une église plus ancienne. Il existe à Gravelotte des traces de la voie romaine qui menait jadis de Reims à Metz, et il y a été trouvé, dans ces derniers temps, des antiquités gallo-romaines : monnaies a l’effigie de Vitellius et de Constantin, débris d armes et de ferrures, etc., ainsi que de monnaies aux effigies des ducs de Lorraine et des rois de France Louis XIII et Louis XV. On y a découvert aussi des cercueils en pierre de taille, où reposaient, avec leurs armes rongées par la rouille, des individus d’une taille gigantesque.

Au nord de Gravelotte, près de la ferme du Bois-Bagneux, on voit les vestiges d’un château fort et de nombreux débris de fondations qui semblent indiquer l’emplacement d’un village aujourd’hui disparu.

On exploite, sur le territoire de cette commune, de très-belles carrières de moellons pour la bâtisse.

Gravelotte est à 14 kilomètres seulement de Metz ; la route qui mène à cette dernière ville descend, au sortir de Gravelotte, au fond de la vallée de la Mance, qu’elle atteint par une pente très-rapide, et dont elle gravit aussitôt le versant opposé ; puis elle traverse un plateau qui s’étend vers la rive gauche de la Moselle et vers l’extrémité duquel, à la côte dite des Genivaux, se développe brusquement un panorama splendide, embrassant, dans un merveilleux paysage, de ravissants villages accrochés aux flancs des collines ou baignés par la Moselle ; au fond, apparaît la vaste cité de Metz, flanquée de bastions et dominée par la masse imposante de sa cathédrale.

Gravelotte et les positions qui l’environnent ont été, le 18 août 1870, le théâtre d’une sanglante bataille, livrée par les deux armées prussiennes de Steinmetz et de Frédéric-Charles à l’année du maréchal Bazaine, auquel elles voulaient couper la route de Verdun, v. l’article suivant.

. GraTeioite (bataille de), une des piuaauuar GRAV

nées et des plus sanglantes batailles de ce siècle, gagnée par les Français sur les Prussiens, le lfl août 1870. Après leur double victoire de Forbach et de Frœsclrwiller, les Prussiens s’avançaient en masses compactes et à marches forcées sur Metz, où s’étaient ralliés les débris de l’armée française. L’Alsace était perdue pour nous, et la route de Paris s’ouvrait libre à l’ennemi. Un nouveau choc, formidable et décisif, allait avoir lieu dans les plaines de Châlons, où se trouvait une nouvelle armée en formation, si l’ennemi laissait aux troupes de Metz le temps de venir la rejoindre. Aussi se dirigeait-Il rapidement sur cette dernière ville, afin de couper la route de Verdun à l’armée qui aurait pu être le salut de la France, et la réduire à l’impuissance dans son isolement.

Le 13 août, dans un conseil de guerre tenu à Metz, il fut décidé que l’armée se rabattrait sur Châlons, pour y rallier les débris de celle de Mac-Mahon. En conséquence, le 14, le mouvement commença à s’effectuer, dit le Journal d’un officier de l’armée du Rhin. À midi, celui qui devait être quelques jours plus tard l’homme de Sedan quittait l’armée escorté par les cent-gardes et un-escadron de guides, devant la foule triste et silencieuse. Vers quatre heures du soir, une partie de l’armée avait déjà franchi la Moselle, lorsque le 3e corps, brusquement attaqué au moment où il allait effectuer son passage, dut faire face à l’ennemi : ce fut la bataille de Borny. Toutes les attaques des Prussiens furent repoussées, et ce fut le premier succès réel de la campagne. Le maréchal Bazaine, qui commandait en chef depuis le 10 août, n’avait plus qu’à se lancer sur la route de Verdun, ouverte devant lui ; le soir même du 14, on pouvait être à Gravelotte, village situé à environ 15 kilomètres de Metz. Au lieu de déployer cette activité, que fait Bazaine ? « Le 15 août, dit un officier, nous passons la journée au camp de la porte de Thionville ; nous partons précipitamment à trois heures du soir, nous prenons la route de Plappeville. Au bout d une heure de marche, on s’arrête, on attend : deux heures, trois heures, quatre heures se passent, pas d’ordres ; enfin, à dix heures dû soir, on fait faire le café aux troupes et nous passons la nuit sur la route. » Le 16 août au matin, l’armée française n’avait franchi qu’un espaça de 15 kilomètres, tandis que, dans la seule journée du 15, les Prussiens en avaient parcouru quarante. Lorsqu’il nous eût fallu doubler les étapes, nous étions restés presque immobiles.

Voici dans quelles dispositions se trouvaient établis les différents corps de l’armée française.

Le 2» corps campait en avant de Rezonville, à gauche de la route, sur le plateau qui domine Vionville ; le 3e corps, commandé par le maréchal Lebeouf, était à Vernéville, sa gauche appuyée à Saint-Marcel : le 40 corps était en marche sur Doncourt, d où il devait rejoindre le 3e ; la garde occupait l’angle formé à Gravelotte par la bifurcation des deux routes de Conflans et de Mars-la-Tour ; le 6e corps était à droite de la route de Rezonville, en face du 2» ; enfin les deux divisions de cavalerie de Forton et de Volabrègue devaient éclairer les flancs de l’armée, sur les routes d’Etain et de Saint-Mihiel.

Le 16, à 9 heures du matin, le général von Alvensleben, averti de l’arrivée de nos troupes d’avant-garde près de Vionville et de Tronville, envoya rapidement une division d’infanterie qui, débouchant par les défilés de Gorze, surprit la brigade de cavalerie de Forton au moment où elle faisait abreuver ses chevaux. Il était écrit sans doute que, dans cette maudite campagne, nos généraux nous feraient marcher de surprise en surprise. Cette brusque attaque jeta le désordre parmi nos cavaliers, qui durent reculer jusqu’à Vionville, non sans perdre beaucoup des leurs, et qui jetèrent la panique dans le corps de Frossard. Toutefois ce général réforme aussitôt ses lignes, tandis que le général Bataille établit sa division en avant de Rezonville, appuyé sur sa gauche par la division Vergé, et sur sa droite par le G" corps (Canrobert). La lutte devient alors terrible : vingt fois les Prussiens se ruent sur nos lignes, protégés par une artillerie formidable ; ils sont décimés à la fois par les obus, les chassepots et les mitrailleuses. Il vint un moment ou nos artilleurs, épuisés, allaient succomber, et nos pièces tomber au pouvoir de l’ennemi : la cavalerie prussienne chargeait le sabre à la main ; c’en était fait de la bataille, lorsque Bazaine envoya l’ordre an général du Preuil de charger à la tête d’un régiment des cuirassiers de la garde. L’intrépide général obéit aussitôt ; il s’abattit commeune trombe de fer sur les lignes prussiennes, qui se brisèrent sous ce choc effroyable. Nos cuirassiers refoulèrent les cavaliers ennemis jusque sur leurs pièces, sabrant avec furie tout autour d’eux. Leur héroïsme leur coûta cher : partis au nombre de 700, ils revinrent à peine 250 ; mais le 3e corps prussien avait subi les pertes les plus sanglantes : la cavalerie allemande avait été littéralement décimée, presque anéantie, dit M. Delaunay dans son Histoire de la campagne de France. Toutefois, elle avait donné le temps à deux nouveaux corps prussiens, le 9e et le 10e, d’arriver et d’entrer en ligne ; ces troupes fraîches, débouchant par les bois sur Vionville, enlèvent ce village et foudroient jips snlrln+o, ^»» ; o^m uouuaints se reculer. D un autre côté, le

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général Bataille avait été blessé devant Rezonville, et le 28 corps ava t dû se replier, protégé dans son mouvement par le 3 ? lanciers et les cuirassiers de la garde. En ce "moment se produisit un singulier épisode : les hussards de Brunswick ont un costuma presque identique à celui de nos guides ; comme ils chargeaient sur des pièces que Bazaine faisait établir en batterie, nos troupes, les prenant pour le régiment des-, guides, les laissèrent s’approcher sans tirer. En un instant, Bazaine et son état-major fuient entourés par les hussards ; il se produisit alors une scène de désordre pendant laquelle le maréchal dut lui-même mettre l’épée a la mair.. » Le maréchal, dit le Journal d’un officier de l’armée du Jlhin, chemine quelques instants côte à côte avec un officier ennemi, qui ne se doute guère de la bonne prise qu’il pourrait faire. Tout cela dure à peine un instant ; l’escorte du commandant en chef, laissée en avant de Rezonville, se précipite à la /ue de ce désordre, sabre les cavaliers ennemis, et reprend les pièces qu’ils cherchent à enlever. » Pendant une heure on crut le maréchal mort ou enlevé, et on engageait le général Bourbaki à prendre le commandement de l’armée. « Si Bazaine, dit M. Jules ClarHie, eût trouvé dans ce combat corps à corps une mort de soldat, son nom représenterait aujourd’hui une journée de gloire, au lieu de signifier un épisode de deuil et de honte. »

Ce n’est cependant pas sur notre gauche que devait avoir lieu l’attaque décisive des Prussiens ; c’est au centre ei ; à notre droite. Au centre, cette attaque vint se briser contre la division "des grenadiers de la garde ; mais, à notre droite, où se trouvait le corps Ladmirault, que l’ennemi voulait déborder, elle fut terrible. Cependant nos pièces faisaient d’effroyables ravages dans les rangs prussiens ; deux régiments de cavalerie, cuirassiers et uhlans, reçoivent alors l’ordre de charger sur nous et d’enlever nos batteries. « Ils s’élancent bravement, raconte le Journal que nous avons déjà cité, ils s’élancent à l’attaque de la position, traversent nos lignes, et, dès qu’ils sont parvenus sur la hauteur qui leur cachait la division de Forton, nous lus voyons redescendre, de toute la vitesse de leurs chevaux, le long du bois de Vionville. L’occasion était des plus favorables pour notre cavalerie ; elle s’élance aussitôt en brandissant ses sabres ; notre brigade de dragons, puis le 7e cuirassiers, pénètrent dans cette masse stupéfaite de cette rencontre inopinée ; deux escadrons du 10° cuirassiers les prennent en queue et les mettent dans une déroute complète. •

Ainsi la cavalerie de Forto.i se vengeait de son échec du matin en dégageant brillamment notre droite. Le feu de 1 ennsmi commençait à baisser sensiblement ; ces t.ttaques successives et victorieusement ropousséçs semblaient l’avoir épuisé. Si le maréchal Bazaine eût tenté alors un effort suprême, il eût culbuté les Allemands qui se trouvaient devant lui, et la route de Verdun eût été libre ; mais, écrit un témoin, le colonel d’Andlau, a ou le maréchal Bazaine ne comprit pas cette situation, puisqu’il n’essaya pas c en profiter, ou il ne voulut pas la comprendre, parce qu’il avait d’autres projets. On le voit, en effet, -ne plus quitter l’extrême gauche de l’armée, observer les différents chemins qui conduisent de la vallée sur le plateau ce Gravelotte, y appeler sans cesse de nouvellas troupes et les masser successivement à la tête des ravins qui vont à Ars et à Gorze. Toutes ses craintes sont pour un mouvement tournant de l’ennemi de ce côté, et il semble (, ue sa seule pensée soit de rester en communication avec cette ville de Mets dont il ne devrait plus se préoccuper. »

Telle était bien, en effet, la préoccupation dominante du maréchal Bazaine. Au moment où ses soldats se faisaient taer par milliers pour disputer à l’en ne roi la rcute de Verdun, il ne songeait aucunement à cette ville ; son unique souci était de conserver libres ses communications avec Metz.

Jusque vers quatre heures du soir, nous n’avions eu affaire qu’à l’armée du général de Steinmetz ; mais, en ce moment, le prince Frédéric-Charles, guidé par le bruit de la canonnade, accourait rapidement pour prendre part à ia lutte, et entrait on ligne. Il semblait que, comme Blucher à Waterloo, il allait arracher la victoire en se ruant sur nos soldats épuisés. Heureusement, des renforts arrivaient aussi à l’armée française. Pendant que les charges furieuses de la cavalerie de Forton dégageaient notre dreite, le corps du maréchal Lébœuf prenait les Prussiens en flanc et achevait d’y jeter le désordre. Ils essayèrent encore une fois d’enlever nos positions, en dirigeant par Mars-la-Tour une attaque formidable sur notre croite ; là, ils se heurtèrent contre la division toute fraîche du général de Cissey, qui venait de relever la division Grenier, au feu depuis le matin. Lorsque les Prussiens, arrivé : ! à portée, déploient leurs tirailleurs, nos sDldats, par un élan irresistible.se précipitent sur l’infanterie prussienne et détruisent presque complètement le 16e régiment : sur 3,000 hommes dont il se composait, 160 seulemen ’, restèrent debout. Les dragons de la garde royale prussienne, ébranlant le sol sous les pas de leurs lourds chevaux, s’élancent alors sur nos fantassins. La division de Cissey se masse autour de ses drapeaux, laissant imperturbablement les diugons pénétrer dans ses rangs, puis les