Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/277

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GRIM

ridé, qui vient de l’ancien haut allemand grim, et signifie proprement grosse ride). Contorsion du visage, volontaire ou non : Laide, vilaine GRIMACE. Faire la grimace, des grimaces. L’expression des sensations est dans les grimaces, et celle des sentiments dans les retjards. (J.-J. Rouss.) La GRiMACtë des niais finit par creuser un pli indélébile dans leur visage. (Th. Gaut.) Un cordelier, qui prêchait avec beaucoup de feu, faisait des grimaces à ses auditeurs ; ce défaut lui fut reproché confidemment par un autre prédicateur son rival ; le premier lui répondit d’un ton doux ; Mon père, vous voyez les grimaces que je fais à mes auditeurs, mais vous ne voyez pas celles que vos auditeurs vous font. »

— Par ext. Mauvais pli d’un habit, d’une étoffe : Habit, robe qui fait des grimaces.

— Fig. Feinte, dissimulation, fausse démonstration : Ce qu’il en fait, ce n’est que par grimace. (Acad.) L’honnêteté d’une femme n’est pas dans les grimaces : il sied mal de vouloir être plus sage que celles qui sont sages. (Mol.) Il Mauvais accueil ; démonstration de mécontentement : Faire la grimace à des visiteurs. Le mépris des sots est une pilule qu’on peut avaler mais non pas sans faire la grimace. (Mol.)

— Comm. Boîte de pains à cacheter, dont le dessus est une pelote pour mettre des épingles.

— Moll. Nom vulgaire d’une coquille univalve du genre triton.

GRIMACER v. n. ou intr. (gri-ma-sé — rad. grimace. Prend une cédille sous le c devant un n ou un o : Je grimaçai, nous grimaçons). Faire une grimace, des grimaces : Le Laocaon souffre, il ne GRIMACE pas ; cependant la douleur cruelle serpente depuis l’extrémité de son orteil jusqu’au sommet de sa tête. (Dider.)

— Par ext. Faire un mauvais pli : Habit qui grimace.

— Fig. Prendre une tournure, une expression bizarre et forcée : Un auteur ne doit jamais s’éloigner de la nature ni la faire grimacer. (D’Alemb.)

Molière de son art eût remporté le prix,

Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures,

11 n’eût point fait souvent grimacer ses figures.

BOILEAU.

— v. a. ou tr. Feindre en grimaçant : Grimacer un sourire.

Et le soir on t’a vu, sur un brancard couché, Pour rendre, en la voilant, ta lâcheté plus sûre, Grimacer les douleurs d’une Teinte blessure.

MO’ B. DE GlRAUDIN.

GRIMACERIE s. f. (gri-ma-se-rl — rad. grimacer). Grimaces, action de grimacer : Et par plaisir la tiare essayant. Il fit autour force grimacerics. Tours de souplesse et mille singeries.

La Fontaine.

GRIMACIER, 1ÈRE adj. (gri-ma-siè, iè-re rad. grimacer). Qui fait, qui se plaît à faire des grimaces : Enfant grimacier.

— Qui a l’habitude de minauder, de faire la prude ; qui est affecté, recherché : Femme grimacière. Manières grimacières. Les femmes qui sont les plus grimacières ne sont pas les plus sages. (Belmontet.)

— Substantiv. Personne qui a l’habitude de faire des grimaces, des minauderies : Un grimacier. Epouser une grimacière.

GR1MALD, théologien allemand, mort en 872. Il était frère de Hasti, archevêque de Trêves. Louis le Germanique le nomma, en 825, son nrchichapelain, lui accorda toute sa confiance et le chargea, à diverses reprises, de missions dont il s’acquitta habilement. Devenu abbé de Saint-Gall (841), il fit achever les bâtiments et l’église de ce fameux monastère, et se signala comme un protecteur des lettres. Grimald a composé des Commentarii ad Gregorii sacramentarium, qui ont été publiés dans la Liturgia Latinorum de Pamelius.

GRIMALDI, maison patricienne de Gênes et l’une des quatre grandes familles de la république. Les Grimaldi prétendaient, avec

plus ou moins de vraisemblance, Caire remonter leur origine à Grimoald, maire du palais sous Childebert II. Souverains de Monaco dès le xc siècle, chefs du parti guelfe avec les Fiesque, ils jouèrent un rôle important dans tous les événements dont Gènes fut le théâtre jusqu’au milieu du xvie siècle. Nous allons indiquer sommairement les principaux membres de cette famille. — Grimaldi, qui vivait vers 920, expulsa de Monaco les Sarrasins et fut mis par l’empereur Othon Ier en possession de cette ville. — Grimaldi II, prince de Monaco, au siècle suivant, se prononça pour le pape, dont il défondit les prétentions contre l’empereur Henri III. — Son fils, Gihdo, embrassa au contraire le parti de l’empereur et devint amiral de Henri IV. — Grimaldi III, fils du précédent, qui vivait en 1160, fut amiral des Génois. — Obert Grimaldi, fils de ce dernier, fut ambassadeur de l’empereur Frédéric 1er en France et en Angleterre. — François Grimaldi, prince de Monaco, mort en 1275, s’était attaché à Charles d’Anjou, roi de Naples. Il fut un des champions les plus ardents du parti du pape. Il eut pour successeur son fils, Rainier ou Raymond Grimaldi, prince de Monaco, mort vers 1300, qui servit Charles II, roi de Naples. — Son fils, Rainier ou Raymond Grimaldi, prince de Monaco,

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entra, en 1302, au service de Philippe le Bel, amena le premier une flotte génoise dans l’Océan, remporta plusieurs avantages sur les côtes de Flandre, battit les Flamands devant Zircksée et les força d’en lever le siège. Il contribua aussi à la victoire de Mous-en-Puelle (1304) et paraît avoir reçu du roi de France quelques tiefs en Normandie. — Charles Grimaldi, dit le Grand, prince de Monaco, fils du précédent, mortellement blessé à la bataille de Crécy en 1346, commanda les flottes génoises et fut gouverneur de Provence pour le roi de France. En 1346, il amena avec Antoine Doria 30 galères contre les Anglais, débarqua ses équipages et les joignit a l’armée française qui alla combattre à Crécy. Chargé d’attaquer avec son infanterie, il combattit avec le plus grand courage ; les Génois passaient alors pour les premiers archers de l’Europe ; mais, dans cette circonstance, harassés par une longue marche sous la pluie et dans des terrains détrempés, ne pouvant se servir que difficilement de leur arbalète, dont la corde avait été détendue par l’humidité, ils fuient cruellement décimés par les Anglais, et, lorsqu’ils se retournèrent pour essayer de fuir, ils rencontrèrent la chevalerie française, dont ils empeschoient la voie, et qui les écrasa sans pitié par ordre du roi Philippe. On sait que cet odieux massacre des auxiliaires génois fut une des causes de la perte de la bataille. Grimaldi fut mortellement blessé dans ce combat.

— Son frère, Antoine Grimaldi, amiral génois, dévasta, en 1332, les côtes de la Catalogne en représaille des ravages que les flottes aragonaises avaient faits sur les rivages de la Ligurie. Remis, en 1353, à la tète des forces navales de sa patrie envoyées contre la ligue des Aragonais et des Vénitiens, il perdit par son ineptie et sa lâcheté une grande bataille navale sur les côtes " de la Sardaigne, et s’enfuit à Gênes avant la fin du combat. Après un pareil désastre, la république fut obligée d’abdiquer son indépendance et de se placer sous la suzeraineté du duc de Milan, J. Visconti. — Rainier Grimaldi, fils de Charles le Grand, prince de Monaco, mort en 1406, prit du service en France, comme son père, commanda, de 1354 à 1372, les équipages de dix galères et devint membre du grand conseil de Charles V(1369).

— Son fils, Jean Grimaldi, prince de Monaco, mort en 1454, se rangea du côté des Milanais dans la guerre qu’ils eurent, en 1431, avec les Vénitiens, reçut le commandement de la flotte, descendit le Pô et attaqua l’amiral vénitien Trévisiano, qui avait sous ses ordres 137 navires de diverses grandeurs et était appuyé par des forces de terre considérables, commandées par le célèbre Carmagnola. Grâce à une manœuvre habile, Grimaldi éloigna du rivage la flotte vénitienne, l’attaqua avec impétuosité, mit l’ennemi en déroute et lui enleva, outre un immense butin, 28 galères et 42 bâtiments de transport. Avec Catalan Grimaldi, fils du précédent, s’éteignit, en 1457, la descendance mâle en ligne directe des Grimaldi. La principauté de Monaco passa alors à la branche cadette, formée par Antoine Grimaldi, amiral génois, dont nous avons parlé plus haut. Cette branche, qui possédait les seigneuries d’Antibes et de Corbon, avp.it pour chef, dans la première moitié du xve siècle, Nicolas Grimaldi, père, entre autres enfants, de Gaspard Grimaldi, qui a continué la ligne des seigneurs d’Antibe3, marquis de Cagne, et de Lambert Grimaldi, qui, en épousant Claudia Grimaldi, héritière de la branche aînée, devint prince de Monaco. Celui-ci eut pour successeur son fils Lucien Grimaldi, prince de Monaco (assassiné en 1523), qui servit les rois Louis XII et François I«, dont il fut chambellan, et enleva aux Génois Menton etRoquebrune.-Honoré lor Grimaldi, prince de Monaco, fils et successeur de Lucien, mort en 1581, abandonna la cause de François Ieï, roi de France, après ses revers, se rangea dans le parti de Charles-Quint et se conduisit vaillamment à la bataille de Lépante. Il fut père d’Hercule Grimaldi, prince de Monaco, mort en 1604, lequel ne laissa qu’un fils, Honoré II, né en 1597, mort en 1662. Celui-ci chassa les Espagnols de Monaco (1641), se mit sous la protection de la France, mais fut dépouillé par le gouvernement d’Espagne des domaines qu’il possédait dans ce pays. Louis XIV l’en dédommagea en lui donnant le duché de Valentinois, le comté de Carladez et les baronnies de Calvinet, de Baux et de Buis. Ce prince, remarquable à beaucoup d’égards, écrivit l’histoire de sa maison, sous le titre de : Genealogica et historica Grimaldia gentis arbor. — Son fils, Hercule Grimaldi, tué en 1651, du vivant de son père, laissa Louis Grimaldi, prince de Monaco, duc de Valentinois, marquis de Baux, pair de France, né en 1642, mort en 1701, qui se distingua dans plusieurs occasions pendant les guerres du règne de Louis XIV, et devint ambassadeur de France à Rome. Il mourut dans cette ville, laissant de Catherine-Charlotte de Gramont deux fils, Antoine, qui lui succéda, et Honoré-François Grimaldi, archevêque de Besançon. — Antoine Grimaldi, prince de Monaco, duc de Valentinois, né en 1661, épousa, en 1688, Marie de Lorraine, dont il n’eut que des filles. L’aînée, Louise-Hippolyte Grimaldi, épousa, en 1715, Jacques-François-Léonor de Matifnon, comte de Thorigny, à la charge par lui e prendre le titre de duc de -Valentinois,

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avec le nom et les armes de Grimait i. C’est de ce mariage que sont issus les princes de Monaco qui se sont perpétués jusqu’à nous.

GRIMALDI (Augustin), prélat, mort en 1532, fils de Lambert, prince de Monaco. Il se rendit à la cour de France, gagna les bonnes grâces de Louis XII, qui en fit son aumônier et le nomma évêque de Grasse, se lia avec les cardinaux Bembo et Sadolet, et devint, en 1505, abbé du monastère de Lérins, qu’il soumit plus tard à la règle des bénédictins du mont Cassin. Par la suite, ayant mis la principauté de Monaco, qu’il gouvernait au nom de ses neveux, sous la protection de Charles-Quint, il fut privé par François Ier de tous les revenus qu’il possédait en France et appelé par l’empereur, comme dédommagement, à l’archevêché d’Oristano.

GRIMALDI (Dominique), cardinal, archevêque et vice-légat d’Avignon, né à Gênes dans les premières années du xvie siècle, mort en 1592. Avant d’entrer dans les ordres, il avait joué un rôle militaire assez brillant, comme général des galères de l’Église, et contribué à la victoire de Lépante (1571). Il devint ensuite évêque de Savone et de Cavaillon et succéda, en 1585, au cardinal d’Armagnac, comme archevêque d’Avignon. Il se signala par sa cruauté envers les protestants.

GRIMALDI (Geronimo, marquis, puis duc de), homme d’État espagnol, né a, Gênes en 1720, mort en 1786. Il entra au service de l’Espagne, remplit diverses missions diplomatiques sous Philippe V et B’erdinand VI, fut envoyé par Charles III à Paris, en qualité d’ambassadeur, et prit une part active au fameux traité connu sous le nom de pacte de famille. Rappelé en Espagne, il reçut le portefeuille des affaires étrangères, subit complètement, dans la direction de sa politique, l’ascendant de la politique française, conseilla contre Alger une expédition qui échoua, et finit par abandonner le pouvoir pour se soustraire aux embarras de sa position. Il se retira alors de la politique, après avoir reçu du roi le titre de duc et le rang de grand d’Espagne.

GRIMALDI (Louis della Pietra, marquis), le dernier membre de l’illustre famille des Grimaldi, né à Gênes en 1763, mort à Turin en 1834. Il épousa la fille d’un avocat, femme charmante et excellente musicienne, dont il n’eut que deux filles. Lorsque, en 1815, le duc de Valentinois fut reconnu par le congrès de Vienne prince souverain de Monaco, le marquis Grimaldi protesta, puis réclama vainement jusqu’à sa mort sa mise en possession de cette principauté, comme étant le dernier représentant de Lambert Grimaldi, à qui Emmanuel-Philibert de Savoie avait donné l’investiture de Monaco en 1563.

GRIMALDI (François), architecte italien, né à Oppido, dans 1 ancien royaume de Naples, vers 1550, mort après 1620. Il appartenait à l’ordre des théatins. Il adonné les dessins de plusieurs églises de Naple3, notamment de l’église Saint-André (1578), de l’église des Saints-Apôtres (1586), de celles de Santa-Maria-degli-Angeli (1600) et de Santa-Maria-della-Sauienza (1607). Enfin on lui doit

un petit chef-d œuvre, la chapelle de Saint-Janvier, dite le Trésor (1608).

GRIMALDI (Jacques), érudit italien, né à Bologne, mort à Rome en 1623. Il embrassa l’état ecclésiastique, mit en ordre les archives de Saint-Pierre de Rome, dressa un inventaire des pièces les plus précieuses qu’elles renfermaient, ainsi qu’un catalogue chronologique des bénéfices attachés à l’église Saint-Pierre, et donna l’explication des inscriptions antiques découvertes sous le pontificat de Paul V. Ce dernier travail a été publié par Gori, qui en fait honneur à J.-B. Doni.

GRiMALDI (Jean-François), dit lo Bologne»», peintre, architecte et graveur italien, né à Bologne en 160C, mort en 1680. Comme peintre, il étudia particulièrement les œuvres du Corrége, des Carrache et de l’Albano, exécuta divers travaux à Rome, pour Innocent X, et à Paris, où l’avait appelé Mazarin. Le temps a fort altéré les couleurs de ses toiles, qui tournent au bleu. Malgré ce défaut, qui n’existait pas pour les contemporains de l’artiste, ses peintures sont fort remarquables. On y admire surtout la légèreté

de la touche, la correction du dessin, le relief des figures, l’art déployé dans les ornements et dans la partie architecturale. Grimaldi s’est aussi distingué comme architecte et comme graveur. Il a reproduit avec talent par le burin des tableaux du Titien. On voit de lui de belles peintures à l’église Saint-Martin-des-Monts, à la galerie Colonna et au

musée du Louvre.

GRIMALDI (François-Marie), jésuite et physicien italien, né à Bologne en 1618, mort eii 1663. Il professa d’abord la rhétorique, puis la géométrie et la philosophie, dans les maisons de son ordre. Il s’était livré de bonne heure à l’étude de l’astronomie et fit faire quelques progrès à cette science. Son principal titre consiste dans la découverte de la diffraction. L’ouvrage où il a consigné ses recherches sur la lumière est intitulé Physico-Mathesis de lumine, coloribus et iride, aliisque adnexis, libri duo (Bologne, -1663).

La découverte par Grimaldi de la diffrac GRIM

1531

tion de la lumière fut toute fortuite et se réduisit à la constatation intelligente du fait. Il avait placé par hasurd un cheveu devant le petit trou par lequel la lumière solaire devait pénétrer dans une chambre obscure, et fut tout étonné de voir que ce cheveu projetait une ombre d’une largeur beaucoup plus frande que la sienne propre ; il prit, tant ien que mal, les mesures de l’une et de l’autre pour s’assurer qu’il ne se trompait pas. Le fait étant constant, il varia les expériences de plusieurs manières et trouva toujours 1% même résultat. Il donna le nom de diffraction à l’influence subie par les rayons lumineux lorsqu’ils rasent la surface d’un corps ; ce nom a été conservé depuis, quoique Newton ait voulu y substituer celui d’inflexion.

Le père Grimaldi avait observé aussi le phénomène de la dispersion de la lumière après son passage à travers le prisme, mais il n’y soupçonnait pas l’inégale réfrangibilité des couleurs. Hev.elius avait donné aux montagnes de la lune les noms des pics terrestres ; Grimaldi leur a assigné pour la plupart ceux qui sont encore employés aujourd’hui. Le père Grimaldi était l’ami du père Riccioli, et il a pris part à ses ouvrages.

GRIMALDI (Constantin), jurisconsulte et philosophe italien, né à Naples en 1667, mort dans cette ville en 1750. Il était très-versé dans les sciences, la théologie, la philosophie, la jurisprudence, etc., et il s’est surtout fait connaître en défendant avec succès la philosophie cartésienne contre les attaques virulentes du père Benedictis, partisan outré de la doctrine d’Aristote. On a de lui, outre trois réponses aux Lettres apologétiques de Benedictis, Considerazioni teologiche e polilic/te faite a pro degli éditti di S. M. C. intorno aile rendite ecclesiastiche del regno di Napoli (Naples, 1708, 2 vol. in-4°).

GRIMALDI (François), jésuite et littérateur italien, né dans l’ancien royaume de Naples vers 1678, mort à Rome en 1738. Il professa la rhétorique au collège romain. Il est l’auteur d’une pièce dramatique, intitulée le Bon pasteur (Pérouse, 1702), et de trois poèmes écrits avec élégauce : De vita urbana (Koine, 1725) ; De vita œconomica (Rome, 1738) ; De vita aulica (Rome, 1740).

GRIMALDI (Grégoire), jurisconsulte et poëte, né à Naples en 1695, mort en 1767. Avocat distingué, il fut en même temps un littérateur de talent, et ses productions le firent admettre, soùs le nom de Clarisso Licunteo, à l’Académie des Arcades. En 1744, Grimaldi fut compromis par une correspondance qu’il avait eue pendant la guerre de Velletri, jeté en prison et condamné à un exil perpétuel. Ses principaux ouvrages sont : Egloghe pastorali e rime (Florence, 1717, in-S°) ; lstoria délie leggi e magistrati del regno di Napoli (Naples, 1732-1752, 4 vol.). Cette histoire fut augmentée de huit volumes par son frère Ginesio (Naples, 1767-1774).

GRIMALDI (le Père), jésuite italien, né à Civita-Vecchia. Il vivait nu xvm" siècle. D’après Milizia, auteur d’une Vie des architectes, il revenait des Indes orientales lorsqu’il fabriqua une machine au moyen de laquelle il franchit en une heure la Manche, de Calais à Douvres, en 1751. Cette machine, en forme d’aigle, volait tantôt haut, tantôt bas, selon la direction qu’on lui imprimait. Foutenai reproduit, dans son Dictionnaire des artistes, l’assertion de Milizia, qui n’est appuyée d’aucun détail propre à en constater 1 authenticité.

GRIMALDI (Dominique, marquis), économiste italien, né à Seininara (Calabre) eu 1735, mort à Reggio en 1805. Il alla habiter Gènes, d’où sa famille était originaire, s’occupa alors d’industrie et d’agriculture, puis voyagea en France et en Suisse pour étudier les procédés et les méthodes nouvelles en usage dans ce pays. Do retour dans sa patrie, il introduisit dans les Calabres des machines qui y étaient inconnues, la culture des pommes de terre, les prairies artificielles, les jardins à la française, etc. Ses essais et ses voyages ayant dérangé sa fortune, il se vit contraint de suspendre la réalisation de sas projets d’amélioration, et se mit alors à composer des ouvrages qui eurent beaucoup de succès. En 1782, il fut appelé à faire partie du conseil des finances. Chargé bientôt upres d’aller surveiller les travaux de culture et de filature des soies en Calabre, il fit établir dans cette province les premières machines pour le filage de la soie diie organsin. Le marquis Grimaldi a compose plusieurs mémoires et rapports, un Estai sur t’éconumie ayricole p, ur la Calabre ultérieure (Naples, 1770) ; des Observations économiques sur les fabriques et le commerce des suies dans le royaume des Deux-Sicites (Naples, 1780) ; Mémuire sur le commerce et la faOrication des Uni les, soit chez tes anciens, soit chez les modernes 11783) ; Projet de réforme de l’économie politique dans le royaume de Naples (1783J, etc.

GRIMALDI (François-Antoine), littérateur italien, né à Semiuara (Calabre) en 1740, mort en 1784. Il mérita, par ses écrits, ta faveur du ministre Acton, qui le fît nommer auditeur militaire. Nous citerons de lui : Lettera sopra ta musica (1766, in-8°) ; He/lessioni sopra l’ineguaglianza degli uomini (1779, 3 vol. in-8"), où il soutient, contre la thèse de Rousseau, que l’inégalité est inhérente à notre nature ; Annali del regno di Napoli (1781, 10 vol.