Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/279

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puis du duc d’Orléans, sinécures lucratives et commodes Qui lui laissaient assez de loisirs pour s’occuper du mouvement littéraire, alors si brillant chez nous, et qui captivait toute son attention. En 1753, il succéda à l’abbé Raynal, qui faisait depuis quelque temps une correspondance littéraire pour plusieurs princes étrangers. Il correspondit tour à tour avec la duchesse de Saxe-Gotha, l’impératrice Catherine, la reine de Suède, le roi de Pologne, etc., et ainsi jusqu’en 1790. Ses lettres offrent le tableau le plus fidèle de la littérature française pendant cet intervalle de trente-sept années. Il analyse avec exactitude, discute avec finesse, et rend des sentences si pleines de bon sens et de justesse, que l’on a pu les accepter comme des jugements en dernier ressort. La grâce et la vigueur de son style lui assignent le premier rang parmi les étrangers qui ont écrit dans notre langue. Cette correspondance n’a été publiée qu’après sa mort ; mais on en connaissait déjà le mérite par quelques fragments, et elle servit à lui ouvrir le chemin des honneurs. La diète de Francfort le choisit pour ministre plénipotentiaire à la cour de Versailles (1776), et il fut créé baron du Saint-Empire. Obligé, à regret, de quitter la France en 1700, il séjourna quelque temps à Bruxelles, se rendit à Pétersbourg, et reçut de Catherine les fonctions de ministre de Russie près le cercle de basse Saxe. On a publié : Correspondance littéraire, philosophique et critique de Crimm (1812-1813, 16 vol. in-8°), avec un supplément donné par Barbier en 1814 (1 vol. iii-8°) ; nouvelle édition publiée par Taschereau, avec des éclaircissements, et les passages supprimés dans la ire édition par la censure impériale (1829-1831, 15 vol. in-8°).

o Plus j’ai usé dp la Correspondance littéraire, dit Sainte-Beuve, plus j’ai trouvé Grimm (littérairement, et non philosophiquement parlant) bon esprit, fin, ferme, non engoué, un excellent critique en un mot sur une foule de points, et venant le premier dans ses jugements ; n’oublions pas cette dernière condition... Grimm était doué de ce talent de jugement et de finesse, qui de près est si utile et dé loin si peu apparent. Si l’on excepte le parti encyclopédique auquel il était trop mêlé pour en parler avec indépendance, mais dont encore il savait le faible, nul d’alors n’a mieux vu que lui en tout ce qui est de ses. contemporains... Né vingt-cinq ans avant Goethe,

Grimm appartenait à cette génération antérieure au grand réveil de la littérature allemande, et qui essayait de se modeler sur le goût des anciens ou des modernes classiques de France et d’Angleterre... Maître de la langue, lancé dans les meilleures compagnies, armé d’un bon esprit et muni de points de comparaison très-divers, il se trouvait plus en mesure que personne pour bien juger de la France. En général, un étranger de bon esprit, et qui lait un séjour suffisant chez une nation voisine, est plus apte à prononcer sur elle que ne le peut faire quelqu un qui est de cette nation, et qui, par conséquent, en est trop près. Horace Walpole, Franklin, Galiani, au xvmc siècle, nous jugent à merveille et avec sûreté dès le second coup d’œil. Mais Grimm nous juge plus pertinemment qu’aucun : il est plus en pied chez nous qu’Horace "Walpole ; il n’a pas cette inquiétude spirituelle, ce trémoussement continuel de Galiani, qui lui fait dire sans cesse : Je suis et je veux être amusant. »

GRIMM {Jacques - Louis), philologue allemand, né à Hanau le 4 janvier 1785, mort à Berlin le 20 septembre 1863. Il fut élevé au gymnase de Cassel, et alla ensuite étudier le droit à l’université de Marburg. En 1805, il vint aider le professeur Savigny, à Paris, dans ses recherches littéraires, et, l’année suivante, entra dans les services civils de l’électeur de Cassel. Sur la recommandation de Jean de Muller, il fut nommé par le roi Jérôme conservateur de la bibliothèque de Wilhelmshôhe, et, en 1817, on l’adjoignit comme secrétaire à l’ambassadeur de Hesse auprès des puissances alliées, au congrès de Vienne. De là il fut envoyé à Paris par le gouvernement prussien pour reprendre les manuscrits enlevés aux bibliothèques d’Allemagne par les armées françaises. À son retour, Grimm se démit de son emploi dans les services civils, et obtint une place de bibliothécaire à Cassel, où il put tout à son aise se livrer à ses travaux littéraires. En 1830, il fut nommé professeur de littérature allemande à l’université de GœUinguo, et, lors de l’abolition de la constitution hanovrienne, il fut un de ceux qui protestèrent contre cet acte. Destitué pour ce fait, il vécut pendant quelques années dans la retraite, s’occupant toujours de littérature et de philologie. En 1841, il fut nommé membre de l’Académie de Berlin et alla habiter cette ville. Nous le retrouvons, en 1848, à l’assemblée de Francfort, où il vota avec la fraction libérale. L’année suivante, il fit partie de l’assemblée générale de Gotha, ou il servit de tout son pouvoir la cause de l’unité allemande. Il rentra dans la retraite lors de la dissolution de cette assemblée, et ne s’occupa plus, jusqu’à sa mort, que des importants travaux qui ont établi sa réputation. « C’est, dit un de ses biographes, aux travaux archéologiques de Grimm que l’on doit la connaissance plus intime de la langue et des croyances des nations germaniques. Ses ouvrages

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sont des mines de faits et d’érudition ; mais la pensée échappe au lecteur dans la masse des détails. Son admiration pour les Germains va jusqu’à regretter qu’ils aient été soumis à l’influence de la civilisation romaine. Grimm est le père de la grammaire historique, et il a, dans sa grammaire allemande, donné les fondements de la méthode historique des langues. Il a exposé les lois de l’étymologie et les règles suivant lesquelles les terminaisons changent dans les divers idiomes. Parmi ses ouvrages, nous citerons : la Poésie des Meistersxnger (Gœttingue, 1811) ; la Grammaire allemande (Gœttingue, 1819). « Ce travail étendu, dit son biographe Sehmidt, est une analyse des plus minutieuses des formes grammaticales de toutes les branches de l’idiome germanique, depuis les langues Scandinaves lusqu’à celle des Frisons, y compris les dialectes allemands du moyen âge. L’examen

seul des consonnes et des voyelles contient six cents pages ; » les Antiquités du droit allemand (Gœttingue, 1828), dont les Origines du droit français, de Michelet. ne sont qu’un résumé ; la Mythologie allemande (Gœttingue, 1835), dans laquelle l’auteur constate 1 analogie des dieux des Grecs avec ceux des Germains ; l’Histoire de la langue allemande (Leipzig, 1848). « On y trouve, dit E. Gallois dans la Biographie de Didot, réunies et discutées, toutes les données qu’on possède sur les peuples, généralement si peu connus, qui figurent dans l’invasion des barbares. Suivant l’auteur, les nations germaniques se relient aux Grecs et aux Latins par les Thraces, dont il établit l’affinité avec les Gètes, identiques aux Daces et aux Goths. Dan3 le chapitre consacré aux Scythes, il repousse d’abord l’opinion de Niebuhr, qui ne voit dans celte nation que des Mongols, et il établit que ce nom de Scythes comprenait plusieurs peuples de races diverses, et que le principal d’entre eux avait de la parenté avec les Germains. Il expose ensuite la loi de la lautoerschiebwig, ou du déplacement des consonnes, découverte par lui, et d’après laquelle les mots des langues indo-germaniques, telles que le sanscrit, le grec et le latin, se sont modifiés dans las idiomes germaniques. U fait voir comment, vers le milieu du i" siècle de notre ère, les consonnes muettes des racines indogermaniques se sont changées dans la langue

gothique, de telle sorte que la lenuis a été remplacée par une aspirata, la média par une tennis, et enfin l’aspirata par une média. Vers le vie siècle, les mots gothiques ainsi transformés ont subi une nouvelle altération dans le haut allemand. Pour donner un exemple de cette loi, qui se reconnaît surtout dans le dialecte allemanique, citons le mot Pater de la langue grecque, qui devient Fadr en gothique et Vater en haut allemand. L’auteur enfin, après un examen des fameuses gloses malbergiques, dont il restitue un grand nombre aux langues germaniques, en combattant l’opinion de Léo, qui y reconnaissait des traces du celtique, développe les caractères grammaticaux propres aux idiomes germaniques.

Les quatre principaux de ces caractères sont : la lautverschiebung (dont nous avons parlé), l’ablaut, ou la modification des voyelles du verbe pour en marquer les temps, la déclinaison et la conjugaison faible. » Citons encore, parmi les ouvrages du grand linguiste, faits en collaboration avec son frère Guillaume : les Contes d’enfants (Berlin, 1812-1814) ; les Forêts de l’ancienne Germanie (Cassel et Francfort, 1813-1816) ; la Chronique des empereurs ; les Traditions allemandes (Berlin, 1816-1818) ; le Dictionnaire allemand (Leipzig, 1852-1858). On doit aussi à Grimm un grand nombre d’éditions enrichies de précieux commentaires : Silva de romances viejos (Vienne, 1818) ; Hymnorum veteris Ecclesis interprétatio theotisca (Gœttingue, 1830) ; un poïïme saxon, André et Hélène, en collaboration avec Schmeller (1838) ; Remhard Fuchs (Berlin, 1834) ; Poèmes latins dux° et du xie siècle (Gœttingue, 1838) ; Coutumes allemandes (Berlin, 1840-1842) ; Poésies sur te roi Frédéric IerT et autres de cette époque (Berlin, 1844), sans compter un grand nombre de mémoires et de dissertations dans des journaux ou des recueils scientifiques. Le savant Grimm était membre associé de l’Institut de France.

GRIMM (Guillaume-Charles), philologue allemand, frère du précédent, né à Hunau en 1780, mort en 1859. Il alla étudier le droit à Marbourg, en 1804, fut contraint, par une longue maladie, d’interrompre ses études, qu’il reprit en 1809, puis devint successivement secrétaire de la bibliothèque de Cassel (1814), sous-bibliothécaire à Gœttingue (1830) et professeur extraordinaire à l’université de cette ville (1835). En 1837, il protesta, avec son frère et cinq autres professeurs, contre l’abolition de la constitution hanovrienne, et, pour cette cause, il dut donner sa démission. L’année suivante, il alla habiter Cassel, qu’il quitta, en 1841, pour se fixer avec son frère à Berlin, où il termina sa vie. Guillaume-Charles a fréquemment collaboré avec Jacques - Louis, et s est occupé d’une façon toute spéciale de la littérature allemande au moyen âge. Parmi les ouvrages qui lui sont propres, nous citerons : Sur les caractères runigues allemands (Gœttingue, 1821) ; les Traditions héroïques des Germains (Gœttingue, 1829), où il prétend que l’origine des fables est presque toujours un produite de l’imagination des peuples primitifs, procédant sans réflexion ; Conversa-

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tions sur les sujets allemands du moyen âqe (Berlin, 1851). Nous avons cité, à 1 article consacré à Jacques-Louis Grimm, les ouvrages que les deux frères firent en collaboration. Guillaume-Charles a édité plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous mentionnerons : le Comte Rodolphe (1828), fragment d’un poëme allemand du xue siècle ; De Hilde.branda (1830), poème du xiio siècle ; le Jardin des roses (1836) ; la Chanson de Roland (1838) ; la Forge d’or (1840), poëme de Conrad do Wurtzbourg, etc.

GUI M M (Louis-Emile), peintre et graveur allemand, frère des précédents, né à Hanau en 2790, mort à Cassel le 4 avril 1S63. Il se rendit, en 1808, à Munich, où il apprit la gravure sous Charles Hess, se battit, en 1813, pendant la guerre de l’indépendance, puis reprit ses études à Munich et à Cassel. À la suite d’un voyage en Italie, il retourna dans sa ville natale, et fut nommé, en 1832, professeur à l’Académie de peinture de Cassel. Comme peintre, il s’est fait remarquer par quelques tableaux sur des sujets religieux, notamment par une Madone et par un grand nombre de portraits d’un haut style. Comme graveur, il a exécuté plus de cent planches d’après des paysages, des animaux, des sujets historiques de sa composition. On vante surtout, dans son œuvre, les portraits de Luther et de Melanchthon, d’après L. Cranach. Grimm a publié deux recueils de ses gravures, qui le placent au premier rang des artistes de son temps, l’un en 36 feuilles (1823), l’autre en 30 feuilles (1854).

GRIMM (Hermann), littérateur et po6te allemand, fils de Guillaume-Charles, né à Cas- | sel en 1828. Il fit ses études de droit à Berlin ’ et à Bonn, de 1846 à 1849, puis se voua coin- j plétement à la carrière des lettres. Il a publié : ■ un drame, Armin (Leipzig, 1851) ; un poème, le Jtêve et le réveil (Berlin, 1854) ; une tragédie, Démétrius (Leipzig, 1854) ; des Nouvelles (Berlin, 1856), aussi agréables par le fond qu’élégantes par la forme ; des Essais (1859), et Nouveaux essais (1865), série d’études fort remarquables sur divers écrivains et artistes et sur leurs œuvres. Citons enfin son importante Vie de Michel-Ange (18G0-1863, 2 vol.). Depuis 1865, M. Hermann Grimm a publié, à Berlin, un recueil périodique intitulé : les Artistes et les œuvres d’art.

GRIMM (Auguste-Théodore de), littérateur allemand, né en 1806 à Stadt-Ilm (grand-duché de Sclvwarzbourg). Il commença a l’université d’Iéna des études médicales, qu’il abandonna ensuite. Après avoir complété son instruction à Halle et à Berlin, il se rendit à Saint-Pétersbourg, où il fut nommé, #en 1829, professeur à l’institut de Murait. En 1835, il fut nommé directeur des études du grand-duc Constantin, et exécuta de longs voyages avec son élève. Le mariage du prince Constantin, en 1847, mit fin à ses fonctions de gouverneur. Le tzar lui donna alors le titre de conseiller d État, l’anoblit, et lui confia l’éducation de plusieurs princes de sa famille. En 1852, il revint à Dresde, où il s’occupa de travaux littéraires, et où il publia, entre autres ouvrages, des Excursions dans le Sud-Est (Berlin, 1855-185G, 3 vol.). En 1858, il fut encore rappelé à Saint-Pétersbourg en qualité de gouverneur des fils d’Alexandre II, et, d’après la volonté expresse du tzar, dirigea leur éducation dans un sens tout à fait européen. Cette circonstance lui attira la haine du parti national russe, haine qui s’accrut encore lorsqu’il publia le roman intitulé : la Princesse de la septième werste (Leipzig, 1858, 2 vol.), dans lequel il montre sous leur véritable jour les mœurs de la société russe, de la noblesse de Saint-Pétersbourg en particulier. Il dut résigner ses fonctions de gouverneur après la mort de la tzarine mère (novembre 1860), et vint alors s’établir à Berlin, où il reprit ses travaux littéraires.

GKlMMA, ville du royaume ud Saxe, cercle et à 30 kilom. S.-E. de Leipzig, sur la rive gauche de la Mulde ; 6,000 hab. Gymnase ; fabriques de draps, pipes de terre ; tisseranderies, lainages, bonneterie, brasseries. La ville est bien bâtie ; elle possède plusieurs beaux édifices publics, parmi lesquels nous signalerons le château royal, l’hôtel de ville et l’église Notre - Dame. Près de Grimma se trouvait le couvent de Nimbschen, où Catherine de Bora, femme de Luther, vécut comme religieuse ; il est transformé en ferme appartenant à l’école princière ou collège. Grimma est mentionnée comme ville dans les chroniques du xie siècle, et, jusqu’au xve siècle, cette ville resta le centra du commerce saxon. Elle fut à plusieurs reprises la résidence des margraves de Misnie et ensuite des électeurs de Saxe. Plusieurs diètes saxonnes furent tenues dans ses murs. En 1531, les deux lignes de la maison de Saxe y conclurent le traité qui mit fin à leurs différends au sujet du monnayage et des mines.

GR1MMË ou GRIMMEN, bourg de Prusse, Poméranie, prov. et à 24 kil. S.-O. de Stralsund, sur une presqu’île formée par la Trebel ; 2,628 hab. Belle église, ancien château. Chef-lieu du cercle du même nom, qui compte une population de 26,000 hab.

GR1MMELSHAUSEN (Jean-Jacob-Christophe de), romancier allemand, né à Gelnhausen (Hesse-Darmstadt) en 1615, mort en 1676. Il servit quelque temps dans les troupes de ï’évêque de Strasbourg et devint, par la suite,

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1533

greffier à Renchen, dans la forêt Noire. Il a composé, sous les pseudonymes de Samuel Greifssohn de Hirsehfeld, de Michel Reuhlin de Sehmstorff, de Philarcus Grossus de ïrommenheim, d’Emile Steinfels de Grafensholm, etc., des récits et des romans, où l’on trouve des longueurs et une grande prolixité, mais aussi beaucoup de naturel, des caractères pleins de vie et d’intérêt. Nous citerons de lui : le Chaste Joseph (1647) ; le Voyageur vidant (1659) ; le Pèlerin satirique (1686) ; le Premier coquin (1670) ; le Monde renuersê (1672) ; le Fier Melcher (1672) ; Chambre du, conseil de Phiton (1672), etc. Le plus célèbre de ses romans a pour titre : l’Aventurier Simplicius Simplicissimus ou la Biographie d’un vagabond nommé Melchior Sternfeld de FuchS' keim (Mômpelgard, 1669). Cet ouvrage, qui a eu de nombreuses éditions, est considéré par les Allemands comme leur premier roman national. C’est l’histoire d’un aventurier qui prend part à la guerre de Trente ans, parcourt le monde, et, après de nombreuses aventures, va terminer ses jours dans la forêt Noire.

GRIMMIE s. f. (grimm-mi). Bot. Genre do mousses.

GR1M0.4LD, maire du palais sous Sigebert II, roi d’Austrasie, mort en 650. Il était fils de Pépin le Vieux, à qui il succéda comme maire du palais, en 642. Il laissa la Thuringo se détacher de l’empire des Francs, voulut, après la mort du roi (656), placer son propre fils Childebert sur le trône, mais vit ses projets renversés par une révolte des chefs austrasiens, fut vaincu et livré au roi de Neustrie, Clovis II, qui le fit mettre à mort.

GRIMOALD 1er, duc de Bénévent, mort en 667, avait succédé à son frère Rodoald en 047. Il battit, en 650, les Grecs qui voulaient s’emparer des trésors de la basilique Saint-Michel, sur le mont Gargave, assassina, d’après les conseils de Garibald, duc de Turin, le roi des Lombards Godebert, s’emp : ira de son trône et donna, en 662, le duché de Bénévent a son fils.— Grimoald II, duc de Bénévent da 683 à 6S6, régna pendant trois ans, qui ne furent signalés par aucun événement mémorable. —Grimoald III, duc de Bénévent, succéda en 787 à son père Arigise. Charlemagne, à la cour duquel il se trouvait alors comme otage, consentit à lui laisser prendre possession de l’héritage paternel, à la condition qu’il reconnaîtrait sa suzeraineté et raserait les principales forteresses du duché d» Bénévent. De retour dans ses États, Grimoald battit son beau-frère Adelgise, qui voulait s’emparer du duché, affermit son pouvoir, secoua alors le joug des Francs, rit fortifier plusieurs villes et maintint jusqu’à sa mort son indépendance, bien qu’il eût à lutter à la. fois contre Pépin, fils de Charlemagne, et contre les troupes de l’empereur Constantin Porphyrogénète, dont il avait répudié la nièce.—Ghimoald IV Storézais, mort en 827, succéda au précédent, mort sans enfants, et dont il était un des principaux officie : s. Il obtint, en 812, que Charlemagne le reconnût comme duc, moyennant un tribut de 25,000 sous d’or, eut à combattre une insurrection, à la tête de laquelle se trouvait Daufer le Bègue, se montra vaillant et juste et périt assassiné.

GHIMOALD, duc de Bavière, mort en 725. Il était fils de Théodore VI. Il devint maître de toute la Bavière, après avoir usurpé la part d’héritage attribuée à ses deux frères, épousa sa belle-sœur Pilitrude, fut attaqué par Charles-Martel, maire d’Austrasie, dont il avait refusé de reconnaître l’autorité, et périt en combattant ce dernier.

I GRIMOARD (Nicolas-Henri-René, comte Dii), vice-amiral français, né à Fontenay-le-Comte (Vendée), en 1743, exécuté à Rochefort en 1794. Il entra à l’âge de dix-sept ans dans la compagnie des gardes de la marine de Rochefort, et parvint rapidement au grade de lieutenant de vaisseau. Envoyé en croisière, au début de la guerre d’Amérique, dans la mer des Antilles, sur la Minerve, frégate de 32 canons, il eut divers engagements et captura la frégate corsaire la Débora, de 24 canons, qu’accompagnait un brick de 16 canons. En 1781, le comte de Grimoard commandait une division de-4 frégates, ’ lorsqu’il fut rencontré par deux vaisseaux anglais de 74 canons, le Courageux et le Vaillant. Après un combat acharné, soutenu à portée de pistolet, et à la faveur duquel les trois autres frégates françaises purent s’éloigner, la Minerve, qui était au moment de couler bas, dut amener son pavillon. Grimoard était grièvement blessé. Bientôt échangé, il revint en France. et fut nommé capitaine de vaisseau. Il embarqua comme second sur le Magnifique, et prit part, en cette qualité, aux deux batailles de la Dominique (1782). Le Magnifique s’étant perdu à l’entrée du port de Boston, Grimoard fut nommé commandant du Scipion et chargé de croiser dans les parages de Saint-Domingue. C’est là que, le 17 octobre, il fit avec l’aide de la frégate la Sibylle, commandant Kergariou, une si belle résistance aux deux vaisseaux anglais le London et le l’orbay. Malheureusement, le Scipion, chassé par l’ennemi, alla s’échouer sur une roche ignorée, au moment de gagner l’anse de Port-auxAnglais.

Après avoir rempli divers autres commandements, Grimoard fit partie, en 1790, da