Page:Larousse - Grand dictionnaire universel du XIXe siècle - Tome 8, part. 4, Gile-Gyz.djvu/280

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GRIM

1 expédition de Saint-Domingue, d’abord en sous-ordre, puis comme commandant en chef, avec le grade de contre-amiral. Au mois de janvier 1793, il fut élevé au grade de viceamiral et reçut le commandement des forces navales qui devaient être rassemblées à Brest. Mais, dénoncé comme ennemi de la constitution, par deux jurés du tribunal révolutionnaire, il fut destitué par le comité de Salut public et condamné à mort comme agent de l’Angleterre. Il fut exécuté le jour même de son jugement (7 février 179-1),

GRIMOARD (Philippe-Henri, comte db), général et écrivain militaire, né à Verdun en 17S3, mort en 1815. Il était issu d’une ancienne famille d’Avignon, qui comptait parmi ses membres le pape Urbain V. Au commencement de la Révolution, il travaillait dans le cabinet de Louis XVI, pour la partie militaire. C’est lui qui rédigea le plan de la campagne de 1792. Les cartons contenant ses notes et les documents qui lui avaient servi furent transportés plus tard au comité de Salut public, qui y trouva de précieux renseifnements. Parmi les nombreux Ouvrages puliés par Grimoard, nous citerons : Essai théorique sur les batailles (1775, in-4») ; Histoire des dernières campagnes de Turenne, (1780, 2 vol. in-fol), livre important et très-curieux, malgré les mutilations de la censure ; Histoire des conquêtes de Gustave-Adolphe, roi de Suède (1782, in-fol.) ; Collection de lettres et mémoires de Turenne (1782, 2 vol. infol,) : Correspondance de Dumouriez avec Pache (1793, in-S») : Collection de pièces originales sur l’expédition de Minorque (1756-1798), ouvrage très-rare ; Tableau historique de la guerre de la Révolution de France (1808, 3 vol, in-4°), beau travail, mais dont le gouvernement impérial suspendit la publication, à cause de certaines hardiesses. Grimoard a aussi publié les Œuvres de Louis XIV, et donné, avec Grouvelle, une édition des Lettres de Afma de Séoigné (S vol. in-8°).

GRIMOD DE LA REYNIÈRE (Alexandre-Balthasar-Laurent), littérateur et fameux

gastronome, né à Paris en 1758, mort en 1838. Il appartenait à une famille bourgeoise de Lyon. Son père et son grand-père, tous deux riches fermiers généraux, s’étaient déjà fait un nom dans les fastes gastronomiques, ainsi que nous l’apprennent Tes Mémoires de Bachaumont et la Correspondance de Grimm. Le jeune Grimod se montra digne de tels parents. Affligé d’une laideur qui lui promettait peu de succès auprès des femmes, doué avec cela d’un esprit caustique, il se sentit entraîné à la fois vers la littérature satirique et vers les plaisirs de la table. Comme il fallait choisir un état, il se fit recevoir avocat au parlement. Un libelle injurieux pour le pofite do Saint-Ange lui valut un exilmomentané dans l’abbaye de Blamont, près de Nancy.

Il eut l’existence la plus excentrique. Sa biographie, si on voulait la raconter par le menu, ne se composerait guère que de facéties plus ou moins spirituelles, de bons dîners et de démêlés bizarres avec sa famille, qui pourtant eut pour lui toutes les faiblesses imaginables. Il ne brillait point par le respect filial et se plaisait particulièrement à- humilier sa mère, une insupportable bégueule, il ast vrai, en fréquentant de parti pris de bons bourgeois et même des artisans. Un jour, il invita à dîner, dans l’hôtel paternel, le somptueux hôtel bâti par M. Grimod de La Reynière à l’angle des Champs-Élysées et de la, place de la Concorde, la société la plus mêlée : des littérateurs, des comédiens, des apothicaires, des soldats et des garçons tailleurs. Tout un service de ce repas, qui en avait vingt-deux, se composait de viandes de porc. o C est un membre de ma famille qui me les a fournies, » dit l’amphitryon à ses convives ; et chacun de rire du bon mot. Quatre enfants de chœur, munis d’encensoirs, étaient placés aux quatre coins de la salle à manger, « pour remplacer les thuriféraires que le fermier général ne manquait pas d’inviter à ses soupers. »

Pour faire pièce à sa mère, qui était entichée de ses nobles aïeux, il exigeait de ses convives des preuves de roture. Il vit un jour le bailli de Breteuil lui offrir son bras, pour l’aidera monter en carrosse, et s’écria : Et ces deux grands débris se consolaient entre eux ! Une autre fois, il demanda à son père 100,000 fr. pour payer ses dettes, et comme le fermier général résistait à cette exigence exorbitante, il le menaça de faire sauter l’hôtel, au moyen d’une mine de 100 livres de poudre qu’il avait pratiquée dans la cave. Le père s’exécuta ; mais, examen fait de la mine, elle contenait 100 livres de poudre... À poudrer les cheveux. Tous ces tours sont, à vrai dire, moins d’un homme d’esprit que d’un polisson.

Sa facétie la plus célèbre est celle qui est connue sous le nom du « billet de faire part. » Grimod de La Reynière feignit d’être malade, s’alita et, au bout d’une quinzaine, ses amis reçurent un billet d’enterrement qui les priait i d’assister à son convoi. Un eatalfaque était dressé dans le vestibule de l’hôtel. Quand le salon fut rempli, un domestique ouvrit la porte et annonça : Messieurs, vous êtes servis. Au lieu d’aller au cimetière, on passa à la salle à manger, et inutile de demander si la chère fut délicate. Ces fantaisies, dignes de l’imagination d’un croque-mort, étaient du goîfiàa cet excentrique. Il donna une contre GRIM

partie à cette petite fête, en invitant ses amis a souper et en les réunissant dans une salle tendue de drap noir à larmes d’argent ; derrière chaque convive était un cercueil, et, le repas achevé, chacun d’eux fut reconduit à domicile dans une voiture des pompes funèbres.

Une belle occasion de faire le mort se présenta pour Grimod de La Reynière pendant la Révolution ; il n’y manqua pas. Il dut à sa prudence, très-bien calculée, d’échapper à tout soupçon sous la l’erreur, ainsi que son illustre famille, enrichie dans des agiotages scandaleux. Pour un fou, le sieur Grimod, il faut l’avouer, ne sut pas mal conduire sa barque pendant cette période difficile. Il revint à flot seulement sous le Consulat, époque à laquelle la mort de son père le mit en possession d’une immense fortune, en même temps que la stabilité des affaires lui permettait d’en jouir. Il se fit remarquer seulement par les excellents dîners qu’il donnait et par la rédaction de l’Almanach des Gourmands, dédié au cuisinier de Cambacérès.

On raconte que, sous l’Empire, il fut mandé, certain jour, chez Fouché, ministre de la police, pour avoir à rendre compte de propos irrévérencieux tenus à l’endroit de S. M. l’empereur et roi. Notre homme interrogé répondit : « Monseigneur, on vous a fait un faux rapport. Nul plus que moi n’admire le grand Napoléon ; mais, permettez-moi de Je dire, je déplore l’emploi que notre souverain fait de son immense génie. — Comment ! qu’est-ce à dire ?... Expliquez-vous. — Oui, monseigneur, s’il s’était appliqué aux travaux de la cuisine, qui sait à quel degré de perfection il l’aurait poussée ?» Le ministre ne put s’empêcher de rire.

Littérateur à ses moments perdus, Grimod

; de La Reynière s’occupa de critique, de

comptes rendus de théâtres, et publia un assez grand nombre de petits ouvrages qui n’ont guère de valeur. Ses Réflexions sur le plaisir <1783, in-8°) eurent l’honneur d’être analysées par La Harpe, qui y trouva de l’esprit. On a encore de lui : la Lorgnette philosophique, trouvée par un R. P. capucin sous les arcades du Palais-Royal et présentée au public par un célibataire (1785, 2 vol. in-12) ; Correspondance littéraire et secrète de Neumied {1787 ou 1788) ; Lettre à M. Mercier, ou Réflexions sur la ville de Lyon (Paris, 1788, in-8»), publiée à la suite de son voyage (il fut reçu membre de l’Académie de Lyon) ; Peu de chose, idées sur Molière, Racine, Crébillon, Piron, etc. ; Hommage à l’Académie de Lyon (Paris, 1788, in-8») ; Lettre d’un voyageur à son ami, sur la ville de Marseille (1792, in-8") ; Moins que rien, suite de Peu de chose (1793, in-8°) ; le Censeur dramatique (1797-1798, 4 vol. in-8°) ; Y Alambic littéraire, ou Analyse raisonnée d’un grand nombre d’ouvrages pubttés récemment (Paris, 1803, 2 vol. in-s°) ; la partie littéraire des Petites affiches avec Ducray-Duminil (de 1800 à 180G) ; la.Vision d’un bonhomme (1803, ia-12) ; l’Ahnanach des Gourmands ou Calendrier nutritif, servant de guide dans les moyens de faire excellente chère, par un vieil amateur (Paris, 1803-1812, 8 vol. in-18) : c’est le principal ouvrage de La Reynière ; Manuel des amphitryons, contenant un traité de la dissection des viandes à table, la nomenclature des menus les plus nouveaux de chaque saison, et les éléments de la politesse gourmande, ouvrage indispensable à tous ceux qui sont jaloux de faire bonne chère et de la faire faire aux autres (Paris, in-8"), avec 16 planches, etc., etc.

Citons quelques aphorismes assez spirituels tirés de ce dernier ouvrage : « Un véritable gourmand ne se fait jamais attendre. La

méthode de servir plat à plat est le raffinement

de bien vivre ; c’est le moyen de manger chaud, longtemps et beaucoup, chaque plat étant alors un centre unique auquel viennent abo’tir tous les’ appétits. Toutes les cérémonies, lorsqu’on est à table, tournent toujours au détriment du dîner ; le grand

Eoint c’est de manger chaud, longtemps et eaucoup. Un vrai gourmand aime autant faire diète que d’être obligé de manger précipitamment un bon dîner. Quelques personnes redoutent à table une salière renversée et le nombre treize : ce nombre n’est à craindre qu’autant qu’il n’y aurait à manger que pour douze ; quant à la salière, l’essentiel est qu’elle ne se répande pas dans un bon plat. »

Grimod de La Reynière a obtenu de nos jours un regain de popularité, grâce à la publication de deux ouvrages amusants qui ont mis en relief sa personnalité. M. G. Desnoiresterres lui a consacré, dans la Revue française (1857), une étude complète, et Ch. Monselet un des meilleurs chapitres de ses Oubliés et délaissés du xvine siècle (1857, 2 vol. in-12).

GRIMOIRE s. m. (gri-moi-re — V. l’étym. à la partie encj-cl,). Espèce de formulaire à l’usage des magiciens et des sorciers, qui en faisaient usage pour évoquer les morts et le malin esprit : Il y eut des livres où les mystères des sorciers étaient écrits ; on appelait ces livres giîimoires, en France, et ailleurs l’alphabet du diable. (Volt.)

11 n’est besoin d’aucun grimoire

Pour être au fait de l’avenir ;

Il suffit de nous souvenir

Chacun de notre propre histoire.

Duo db Nivernais,

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— Par ext. Livre, écrit indéchiffrable ;

discours inintelligible : Ce livre est un vrai grimoire. Les femmes ont horreur du code : c’est pow elles un vrai grimoirk. (Mme de Saussure.)

Sans tant de contredits et d’interlocutoires, Et de fatras et de grimoires,

Travaillons

La Fontaine.

— Encycl. Linguist. Les variantes d’un vers de la farce de Patelin nous mettent sur la voie de l’étymologie de ce mot. Patelin se vante à. sa femme de sa capacité : « Je suis, dit-il, la meilleure tète du pays ; il n’est personne ici pour me le disputer, hors le maire. — Aussi, répond Guillemette, Aussi a-t-il lu le grimaire Et appris a clerc longue pièce. » Grimaire est la leçon de 1490 ; d’autres ont lu grammaire ; enfin, l’édition ou le manuscrit qui a servi à établir le texte donné par Coustelier, en 1723, met grimoire. Si Coustelier n’a pas raison dans la forme, qui paraît trop récente pour le xve siècle, il a raison au fond, car grimoire et grammaire, c’est la même chose, c’est le même mot originairement.

Dans le roman de Baudoin de Lebourg, la roi de France, effrayé des exploits de ce redoutable bâtard, se décide à lui envoyer l’archevêque de Reiras pour demander une trêve. Le bon prélat, monté sur son palefroi, arrive aux portes de la forteresse où Baudoin est retranché ; le pont-levis s’abaisse et l’archevêque se trouve en présence d’un groupe de barons, s Aussitôt il leur donne sa bénédiction en disant : Je vous absous, encore que vous soyez rebelles envers le roi de France et de Paris. Lequel de vous est ce hardi bâtard ?

— Seigneur, dit le vaillant comte Eustache en prenant Baudoin par le bras, le voici. »

Et li bastard s’escrïe : ■ Yez me chi, biaus amis. Lut avez de gramare : je suis li anemis ! • Quand l’arcevesque l’ot, s’en a getet un ris.

« Et le bâtard s’écrie : « Me voici, mon bel ami. Vous avez lu dans la grammaire (ou dans le grimoire) : je suis le diable I Ce mot fit rire l’archevêque. » La plaisanterie de Baudoin fait allusion à ces histoires, si répandues au moyen âge, de curieux qui, lisant imprudemment dans le grimoire d’un sorcier, avaient fait apparaître le malin esprit. «Vous avez lu dans le grimoire, dit Baudoin, vous avez évoqué le diable, me voilai »

Au milieu du xive siècle, époque où fut composé le Baudoin de Lebourg, le mot grimoire, comme on voit, n’était pas encore distinct du mot grammaire ; la prononciation gramare est un acheminement de la première forme à la seconde.

Parla grammaire, on entendait alors l’étude du latin. Et cela s’accorde bien avec les paroles de Guillemette : «Aussi a-t-il lu grammaire et longtemps estudié pour être d’église ; et appris à clerc longue pièce. » L’étude du latin était regardée par le peuple comme un grimoire abordable aux seuls ecclésiastiques :

Philippe de Thaon

En franceise raison

Ad estreit le Bestiaire,

Un livre de grammaire.

(Le Bestiaire.)

C’est-à-dire, « Philippe de Thann a traduit en français le Bestiaire, ouvrage écrit en latin. >

Grammatice loqui signifiait parler latin. Le latin était, en effet, la langue par excellence, la seule constituée sur un ensemble de règles fixes qu’on appelait la grammaire. Bientôt grammaire et grimoire sont devenus deux mots tout à fait étrangers l’un k l’autre. Cette étymologie vaut mieux, a coup sûr, que celle qui fait venir grimoire de l’italien rimario, un livre de rimes, parce que les oracles, les prophéties, les formules magiques étaient en vers. Cette étymologie est indiquée par Le Duchat, dans son commentaire sur Rabelais. Au livre IV, chap. xlv de Pantagruel, Rabelais nous montre le pauvre laboureur de Papefiguière affublé d’étoles et plongé dans le bénitier comme un canard, « excepté un peu du nez pour respirer. Autour de luy estoient trois prebstres bien raz et tonsurés, lisant le grimoire et conjurans les dyables. » Sur ce passage, Le Duchat met en note : » Comme de carmen on a fait charme et charmer, de l’italien rimario nous avons fait grimoire, dans la signification d’un recueil de versets de la Bible servant à exorciser les démons. » Mais ce mot rimario ne se rencontre dans aucun dictionnaire italien. On ne le trouve employé qu’une seule fois ; avec la signification de dictionnaire de rimes, ce qui n’est pas la même chose qu’un recueil de versets de la Bible. Et puis, le grimoire n’a jamais été un recueil de versets de la Bible,

GRIMOTHÉE s. f. (gri-mo-té). Crust. Genre de décapodes macroures, formé aux dépens des galathées, et comprenant deux espèces : La GRIMOTHÉE sociale.

GRIMOU (Alexis), peintre suisse, né à Bomont (canton de Fribourg) vers 1675, mort à Paris en 1740. Cet artiste, qui s’est fait un nom autant par les excentricités de son caractère que par son talent, se livra seul et sans maître à l’étude de la peinture, pour laquelle il avait un goût des plus vifs. Son père, ayant pris du service parmi les cent-suisses, amena toute sa famille à Paris, et une sœur qu’il avait

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trouva même, grâce à sa beauté, un opulent mariage. Grimou vécut chez sa taiiie, dont la générosité lui permit de s’abandonner sans entrave à tous les excès vers lesquels le poussait sa nature passionnée ; sa vie devint une débauche presque continuelle, que suspendit à peine son mariage avec une cousine qu’il avait séduite. Une telle existence semblait exclure absolument le calme indispensable aux études d’un peintre ; mais Grimou était si bien doué que, même sars travail, le talent lui vint comme une floraison naturelle. Il débuta par quelques portraits magistralement peints, pleins d’originalité et de vie, qui obtinrent un grand succès ; c’est dans ce genre surtout qu’il s’est fait un nom. Il avait dans la façon de camper son modèle un imprévu, un sans-façon, une naïveté pittoresque qui contrastaient heureureusementavec le genre pompeux de Largillière. L’étrangeté de ses idées et l’irrégularité de sa vie, passée dans l’ivresse, ne lui permirent pas de donner h son talent l’essor qu’il aurait pu prendre. Malgré son inconduite, on le recherchait ; mais ce n’était qu’à grand’peine et en flattant son penchant pour la bouteille qu’on pouvait obtenir quelque chose de lui. Sa coutume était de coiffer les figures avec des bonnets, d’une façon assez singulière, et d’habiller ses modèles au gré de ses caprices. Il avait parfois bien raison. Un jour son boulanger, qu’il avait promis de peindre en payement d une note arriérée, vient dans son atelier coiffé d’une perruque neuve, vêtu d’un îabit à basques et embarrassé dans cet attira 1 des dimanches. «Que signifie cette mascarade ? s’écrie Grimou. Où sont votre veste et votre bonnet ? Je ne vous reconnais plus. » Le boulanger eut beau insister, il lui fallut reprendre ses vêtements de travail, et il fut supérieurement peint, dans le costume de son état.

Les œuvres de Grimou sojt répandues à l’étranger et dans les galeries particulières. Le Louvre possède de lui cinq toiles excellentes : une Pèlerine, deux Militai-es, un Buveur et son Portrait, peint en 1724. Si le dessin et le style avaient été, dans l’œuvre de cet artiste, à la hauteur de l’expression, de la verve et du coloris, Grimou serait le peintre de portraits le plus original et le plus puissant du xvme siècle. Sa conduite (scandaleuse le fit rayer, en 1709, de la lista des membres de l’Académie de peinture, à laquelle il avait été agrégé en 1705. Après avoir forcé, par ses mauvais traitements, sa jeune femme à se séparer de lui, il ne connut d’autre société que celle des ivrognes et des débauchés. Le seul ami du peintre, à la fin de sa vie, était un cabaretier devenu son Mentor. Lorsque celui-ci trouvait un portrait à son goût, Grimou le forçait de l’accepter, sans s ; e soucier du modèle qui le lui avait commanié. Il mourut d’un excès de boisson,

GRIMPANT, ANTE adj. (grain-pan, an-te

— rad. grimper). Qui grimpe, qui a l’habitude de grimper, qui est lait pour grimper : Les griffes et les ongles crochus n’ont pas été donnés aux bétes de proie parce qu’elles sont carnivores, mais parce au elles sont grimpantes, (B. deSt.-P.)

Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. La Fontaine.

— Bot. Se dit des plantes qui s’élèvent en s[entortillant ou s’accrochait aux corps voisins : Nos lycopodes actuels sont d’humbles plantes, le plus souvent grimpantes. (L. Figuier.)

— Encycl. Bot. Les plantes grimpantes, appelées aussi plantes sarmenteuses, lianes, sarments, etc., ont, en général, des tiges longues et grêles, trop faibles pour se soutenir elles-mêmes ; aussi se traînent-elles sur le sol, quand elles ne trouvent pas dans leur voisinage immédiat un support dont elles ont besoin pour s’élever. Mais toutes ces plantes ne grimpent pas de la même im.niere ; on les divise, sous ce rapport, en trois catégories : l° les plantes grimpantes proprement dites, telles que le lierre et les bigiones, qui s’appliquent contre les corps voisins, en y enfonçant leurs racines adventives, appelées vulgairement griffes ou crampons ; 2° les plantes voiubiles, comme le houblon les chèvrefeuilles et les liserons, qui s’enroulent autour de leurs supports naturels ou t.itifieiels, tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à guuche, mais toujours dans une direction déterminée pour chaque espèce ; 30 enfin, les plantes préhensiles, telles que la vigne et les clématites, qui ne s’enroulent pas, à proprement parler, mais qui s’accroehen, par leurs vrilles ou leurs pétioles contournés en spirales, aux objets d un faible diamèire,

«Les plantes sarmenteuses, dit T. do Berneaud, se fixent à tout ; mais elles ne suivent pas également une ligne ver ; icale ; leur marche dépend de la nature du corps qui leur sert de tuteur ; elles montent contre les murs, quand près d’elles il n’y a point de végétaux ligneux ; mais s’en trouve-t-ii non loin de là, vous voyez les jeunes branches s’élancer vers eux ; elles rampent sur terre jusqu’à ce qu’elles les atteignent. Leur union est alors plus intime, plus homogène, tandis qu’elle n’est réellement qu’accidentelle, lâche, et, pour ainsi dire, opérée à regret sur les autres corps. Si la plante sarmenteuse, née dans votre propriété, s’en éloigne aussi malgré vous, et que vous désiriez ly raraenor, le moyen la plus sûr est de planter un arbre à quelques décimètres de son tronc j vous la verrez bien-