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bre sont Hamlet et le spectre sur la plateforme du château d’Elseneur, et la Mort d’Ophélie, Ce dernier surtout peut servir d’arfurent contre ceux qui accusent l’ignorance e Delacroix en fait de dessin. Jamais un contour plus pur et plus chaste ne s’est allié à une simplicité plus émouvante. Bien des artistes ont tenté de rendre la scène si gracieusement triste de la mort d’Ophélie, aucun n’est arrivé à cette puissance d’émotion. Le mouvement du corps, l’affaissement de la tète et des bras, le douloureux caractère du masque, la fraîcheur du paysage, tout indique la main d’un maître et d’un maître consommé. > Delacroix a consacré à Hamlet plusieurs peintures. La plus ancienne (elle a été exposée pour la première fois au Salon de 1839) représente Hamlet et les fossoyeurs. Le prince de Danemark, accompagné de son ami Horatio, est debout près du trou où les fossoyeurs, à demi engloutis, échangent de grossiers quolibets. Il tient dans ses mains et contemple le crâne du bouffon Yorick, dont les saillies l’ont égayé dans sa jeunesse. Son attitude pensive et sa tournure élégante contrastent avec le geste cynique et les physionomies grossières des paysans. Le ciel est froid, livide ; toute la scène est enveloppée d’une lumière sinistre. Ce tableau, véritable chefd’œuvre, a reparu à l’Exposition universelle de 1855 ; il faisait alors partie de la collection de M. Coltier.

Au Salon de 1859, Eugène Delacroix a ex Êosé une autre peinture sur le même sujet, ans cette seconde composition, tandis que Hamlet contemple le crâne grimaçant d’Yorick, le convoi funèbre d’Ophélie s’avance : des hommes vêtus de noir, encapuchonnés, arrivent d’un pas pesant et cadencé, portant la bière noire à clous d’argent. Près d’Hamlet, absorbé dans sa rêverie, Horatio s’enveloppe dans son manteau. Des deux fossoyeurs, l’un est assis sur le sol, débraillé, jouant avec l’anneau de fer de sa pelle ; l’autre, plus loin, en manches de chemise, attend et regarde, appuyé sur sa bêche. Au fond, à gauche, le soleil se couche derrière les tours carrées de la cathédrale, éclairant le drame d’une lueur mourante. Ce tableau est d’une admirable couleur. « Rien de précieux, de tourmenté, de petitement rendu, a dit M. Z. Astruc. Tout est ample, tout est largement tracé dans le juste sentiment de l’idée... Regardez le ciel : il est triste, indécis, et pourtant vibrant d’une secrète ardeur. N’est-ce pas le reflet du caractère d’Hamlet ? »

Un troisième tableau de Delacroix, qui a été payé 17,000 francs à la vente Carlin (1878), représente Hamlet et Polonius. Le jeune prince, debout, écartant de la main gauche un rideau rouge et appuyant la main droite sur son épée nue, contemple Polonius qui râle, étendu à terre. Au fond, Ophélie se renverse avec désespoir et cache son visage avec ses mains.

Hamlei, tableau de Henri Lehraann. C’est le type même do Hamlet, en dehors de toute action dramatique, dont M. Lehmann a entrepris de fixer les traits. Son personnage est vu de face, de grandeur naturelle, jusqu’aux genoux. Il est enveloppé de son deuil solennel, comme dit Shakspeare : vêtements noirs sur lesquels tranche une ligne de linge mat au cou et aux poignets. II porte une toque noire et de longs cheveux blonds, qui encadrent son visage pâle. Son front, plein de tempêtes, est incliné vers le sol, et ses yeux bleus, vagues, à demi voilés, semblent poursuivre quelque apparition qui se dresserait au dedans de lui-même. Ses mains sont abandonnées le long des plis d’un manteau négligemment drapé. • Lehraann a fait là une

belle figure de rêveur, a dit Thoré ; il a rencontré dans sa peinture quelques-uns des traits d’Hamlet, mais non pas 1 ensemble du caractère. C’est d’ailleurs une audace singulière et quelque peu imprudente d’avoir voulu peindre, en quelque sorte, le personnage abstrait, hors des actes successifs de son rôle. » Suivant Théophile Gautier, il était difficile de rendre avec plus de venté le rêveur mélancolique du drame : ■ On sent en lui l’homme du Nord, le descendant énervé des héros Scandinaves, chez qui la pensée remplace l’action. On est d’abord un peu surpris de cette manière d’interpréter le type ; mais bientôt on est forcé d’en reconnaître la justesse. •

Le Hamlet de M. Lehmann a été exposé au Salon de 1846, comme pendant à une figure d’Ophélie du même auteur ; il a reparu à fExposition universelle de 1855 et faisait alors partie de la collection de M. Lechat. Il a été lithographie par A.-C. Lemoine.

HAMLEY (Edward-Bruce), officier et écrivain anglais, né vers 1824. Il entra dans l’artillerie en 18*3 et devint capitaine en 1850. Il avait écrit déjà quelques charmantes nouvelles dans le Blackwood’s Magazine, lorsqu’il se plaça au rang des romanciers les plus estimés de l’Angleterre par la publication du Veuvage de lady Lee (1853). Hamley fit, en 1854-1855, la campagne de Crimée, assista à la bataille de l’Aima, à celle de Balaclava et au combat d’Inkermann, où il eut un cheval tué sous lui. Ensuite il fut employé aux travaux du siège et se distingua en repoussant dans les tranchées plusieurs sorties des Russes. En récompense de ses services militaires, il reçut, en 1855, le brevet de lieutenant-colonel, l’ordre du Bain, la Légion d’honneur,

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la médaille de Sardaigne et la décoration du Medjidié. Durant cette campagne, il envoya au Blackwood’s Magasine d’intéressants détails sur le siège, qui furent réimprimés à part, sous le titre d’Histoire de la campagne de Sébastopol (1855). Il a aussi écrit une Vie du duc de Wellington, fort estimée. M. Hamley est. depuis quelques années, professeur d’histoire militaire au nouveau collège de Staff, à Sandhurst.

HAMM, ville de Prusse (Westphalie), à 35 kilom. N.-N.-O. d’Arensberg, au confluent de l’Ahse et de la Lippe, et sur le chemin de fer de Cologne à Minden ; 7,828 hab. Quincaillerie, ferblanterie ; filatures, fabriques de fil de fer ; teintureries et ateliers d’impression sur étoffes. Vieux château. Belle promenade établie sur l’emplacement des fossés et des murs d’enceinte. Hamm joua jadis un certain rôle, comme place forte, dans l’histoire de l’Allemagne. Prise tour à tour pendant la guerre de Trente ans par les impériaux et par les Hessois, elle fut bombardée par les Français en 1661 et en 1662 ; ses fortifications furent abattues en 1761. Le comte de Provence, depuis Louis XVIII, résida dans le château de Hamm pendant une grande partie de l’année 1793.

1 HAMMA, rivière d’Allemagne qui prend sa source dans la basse Saxe, duché de Lunebourg, dans les bruyères de Salton, et se jette dans le ’Weser.

HAMMÂD, nom de plusieurs savants et postes arabes, dont les principaux sont : Abou-Ismael HammÂd-ben-Soliman, maître du célèbre Abou Hanifè, chef du parti hanéfite. Il reçut le surnom dAlfaqih, le jurisconsulte, et mourut l’an 120 de l’hégire. — Hammâd (Abou-Ismael*ben-Zeid), surnommé El Barsi, mort en l’année 177 de l’hégire. Malgré sa cécité, c’était un homme fort savant et versé dans la connaissance du droit musulman. Élève de Thabet el Benani, il fut le maître d’Elmoubarek. — Hammâd - ben - Abi - Leïla, surnommé Erraouiya (le Transmetteur).Il connaissait & fond les antiques traditions des Arabes, leurs guerres, leurs poésies, etc. Ibn Khallekan raconte que le calife Oualid ben lésid lui ayant demandé un jour pourquoi il était surnommé Erraouiya, Hammâd lui répondit que c’était parce qu’il n’y avait pas une poésie arabe ancienne ou moderne qu’il ne connût. Mis à l’épreuve, il récita deux mille six cents morceaux, et reçut pour ce véritable tour de force une récompense de 100,000 dirhems. Hammâd jouit d’une grande autorité pour tout ce qui se rattache à la poésie antique des Arabes, dont il nous a conservé des fragments considérables. Il possédait lui-même un talent poétique remarquable et une grande facilité d improvisation

HAMMAD ou HAMAD, fondateur de la dynastie des Hammadides, qui régna cent trente-sept ans en Algérie, mort en 1028 de notre ère. Nommé par son neveu, Abou-Mounad-Badis, gouverneur de Mesila, d’Aschir et autres villes qu’il pourrait conquérir dans le Maghreb central (Algérie), Hammâd étendit rapidement son pouvoir, augmenta ses armées et ses richesses, fonda Calah Beni-Hamraad dans le district de Hodna, puis se révolta contre Badis et se déclara souverain indépendant (1015). Attaqué par Badis, qui le battit, s’empara d’Aschir et l’assiégea dans Calah Béni-Hammâd, Hammâd fut sauvé par la mort subite de son neveu (1016). Il reprit Aschir, consolida son usurpation, eut une nouvelle guerre à soutenir contre Moezzn, fils de Badis, éprouva une grande défaite devant Bougie, et néanmoins signa un traité de paix d’après lequel il était reconnu souverain indépendant. Ses États comprenaient Mesila, Aschir, Hodna, Bougie (capitale) ; Maggara, Constantine, Alger, etc. Hammâd eut pour successeurs son fils Caid et sept autres princes dont l’histoire est peu connue. Le neuvième et dernier prince de la dynastie des Hammadides, Yahia, fut détrôné en 1152 par Abd-el-Moumen, roi de Maroc.

HAMMAL s. m. (amm-mal ; h asp.). Portefaix de Constantinople : Le hammal est une espèce particulière à Constantinople : c’est un chameau à deux pieds et sans bosse ; il vit de concombres et d’eau, et porte des poids énormes par des rues impraticables, des montées perpendiculaires et des chaleurs accablantes ; au lieu de crochets, il porte sur les épaules un coussinet de cuir rembourré, sur lequel il pose les fardeaux sous lesquels il marche tout courbé, et prenant la force dans le col, comme les bœufs ; son costume consiste en larges grègues de toile, en une veste de grosse étoffe jaunâtre et un fez entouré d’un mouchoir ; les hammam ont le torse extrêmement développé, et souvent, chose extraordinaire, des jambes très-grêles. (Th. Gaut.)

HAMMAMÂT s. m. pi. (amm-ma-mâlt ; h asp. — pi. du mot arabe hammam, bain). Etablissement de bains chez les musulmans.

HAMMAMDJI-BACHI s. m. (amm-mammdji-ba-ehi ; h asp.). Officier du palais, attaché au service des bains du sultan.

IIAMMAMET, ville de l’État de Tunis, à 65 kilom. S.-E. de Tunis, sur le golfe du même nom ; 10,000 hab. On croit que c est l’ancienne Adrumète.

1IAMMAN (Édouard-Jean-Conrad), peintre belge, né à Ostende en 1819. Élève de M. Ni HAMM

caise de Keyser, à Anvers, il commença à se faire connaître par des tableaux d’histoire, puis vint se fixer à Paris (1846). Depuis 1847, il a exposé à nos Salons de peinture un assez grand nombre de tableaux, qui lui ont valu, en 1864, la croix de la Légion d’honneur. Les principaux sont ; le Itéveil de Montaigne enfant (1847) ; les Préparatifs pour la sérénade, ou les Etudiants espagnols ; Hamlet ; Chartes IX et Ambroise Paré ; la Fille du supplicié (1853) ; le Compositeur Adrien Willaert ; Christophe Colomb (1855) ; le Commencement et la fin (1857) ; Stradivarius ; André Vésale à Padoue (1859) ; les Adieux ; les Contes de Marguerite d’Angoulëme (1861) ; l’Enfance de François /«’ ; 1 Enfance de Charles-Quint ; Marie Stuart quittant la France (1863) ; la Galère de Titien à la fête de l’Ascension (1864) ; les Dames de Sienne travaillant aux retranchements de la uiWe.(1864) ; Evviva la sposa (1865) ; Dernière entrevue (1866) ; la Fête du Bucentaure à Venise ; Éducation de CharlesQuint (1867), actuellement au musée du Luxembourg ; la Tentation ; l’Oratoire (1868) ; l’Enfant trouvé ; l’Atelier de Stradivarius (1869), etc.

On voit au musée de Bruxelles plusieurs tableaux de cet artiste, dont les œuvres se font surtout remarquer par l’habileté de l’exécution. Nous citerons notamment : l’Entrée d’Albert et d’Isabelle à Ostende ; Dante à Bavenne.

HAMMAN-MESKODTIN (les Bains des Maudits ou les Bains enchantés), village d’Algérie, prov. de Constantine, à 14 kilom. de Gulma, sur un plateau dominant l’Oued Zenati, dans un des sites les plus pittoresques de l’Atlas. Ce village est célèbre par ses sources thermales, dont un nuage de vapeur trahit de loin l’emplacement. « Les eaux d’Hamman-Meskoutin, dit le docteur Hamel, sourdent sur la droite de l’Oued Bou-Hamden, qui, réuni, 10 kilomètres plus bas, à l’Oued-Cherf, donne naissance à la Seïbouse. Le plateau d’où s’échappent ces eaux forme la partie inférieure d un versant à pente douce, exposé au N., et n’offrant pas moins d’intérêt par sa végétation que par les phénomènes géologiques anciens ou modernes dont il est le théâtre. Vues de haut, elles occupent le centre d’un large bassin, entouré d’une ceinture de montagnes modérément élevées. Sur le second plan, le Djebel Debbar, le Taya, le Ras-el-Akba, la Mahouna, contre-forts atlantiques dont l’altitude varie entre 1,000 et 1,300 mètres, dessinent leurs crêtes abruptes aux quatre coins de l’horizon, et encadrent le pays le plus pittoresque qu’il soit possible d’imaginer. Le nombre des sources est, en quelque sorte, illimité ; des changements se Sont opérés dans leur lieu de dégagement, à une époque reculée, et continuent de nos jours sur une moins large échelle. On en admet généralement six groupes, sous les noms de sources de la Cascade, des Bains, de la Ruine, de l’Est, sources Nouvelles et sources Ferrufineuses. Les deux groupes de la Cascade et es Bains servent seuls aux besoins de l’établissement militaire ; ils fournissent 84,000 litres d’eau à l’heure. La source Ferrugineuse principale donne 4,000 litres à l’heure. A mesure qu’elles s’éloignent de leur point de départ et s’épandent sur le sol, les eaux déposent les sels calcaires ^ qu’elles tenaient en dissolution. Par l’additîon lente et progrèssive de nouveaux matériaux, une colonne s’élève au-dessus de chaque source et produit, à l’état de complet développement, ces cônes bizarres que l’on croirait sculptés dans le roc, tant leur forme est régulière et bien dessinée. On en compte plus de cent, ayant 3 et 4 mètres et plus de hauteur, et autant de circonférence à la base. La terre qui s’y est accumulée avec le temps en fait des espèces de pots à fleurs naturels, où les graines entraînées par le vent viennent germer. Quand, dans la brume du soir, et à travers les vapeurs des sources, on voit de loin blanchir ces pyramides, on croit avoir bous les yeux les pierres tumulaires d’un cimetière de géants.

Les eaux de la Cascade, ajoute M. le docteur Hamel, comptent parmi les plus chaudes que l’on connaisse ; leur température s’élève à 950. Celles des Geysers, en Islande, sont de 109», et celles de las Trincheras de 960,61. Les Arabes utilisent cette température pour dépouiller de leurs parties solubles certaines plantes textiles qu’ils emploient à la confection de cordes et de nattes ; pour laver leur linge, pour faire cuire des œufs, des légumes, de la volaille, etc. Les sources de la. Ruine font monter le thermomètre à 90°. La source Ferrugineuse atteint 780,25. Les eaux d’Hamman - Meskoutin rentrent dans la classe des eaux salines : chlorurées sodiques simples, selon M. Durand-Fardel ; tout aussi bien sulfatées calcaires, selon M. Hamel, le sulfate de chaux étant représenté par le même chiffre que le chlorure de Eodium. Les eaux de Meskoutin sont indiquées dans les cas suivants, pour lesquels de nombreuses guérisons ont été obtenues : hémiplégies et paraplégies, cachexies palustres, affections cutanées, accidents syphilitiques, névralgies sciatiques, plaies d’armes à feu, fistules, douleurs, engorgements glandulaires chroniques, ulcères n toniques, douleurs rhumatismales, arthritiques et musculaires. »

Les Romains connaissaient l’efficacité des eaux d’Hamman-Meskoutin, et ils y avaient

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établi des thermes dont on peut voir encore différentes traces sur divers point du plateau-Quelques piscines ont résisté à l’action destructive du temps ; l’une d’elles n’a pas moins de 55 mètres de longueur. La plupart de ces piscines ont été restaurées et ont repris leur destination primitive. Des travaux considérables ont été exécutés à Hamman-Meskoutin par ordre du gouvernement français.

IIAMMAN-RIGHA (Bains de la tribu de lîigha). célèbres sources thermales d’Algérie, prov. d’Alger, à El kilom. de Milianah. Tout porte à croire que cette station était connue des Romains sous le nom d’Aqus. • Les piscines dallées et revêtues de granit, dit le docteur C. Ricque, des réduits souterrains maçonnés de briques, portant encore les traces du feu qui servait à produire l’évaporation de l’eau des êtuves ou à élever la température du sol des sudatoria, les stèles et les pierres sculptées que l’on rencontre à chaque pas, témoignent de l’importance et de la splendeur des thermes d’Aquœ. Sur le plateau ouest s’élevaient les villas et les hospitia où les malades étaient reçus selon leur position et leur fortune. Là aussi s’élevait un temple dédié à Apollon Hygin. Des fouilles récentes y ont fait découvrir de nombreux ex-voto, bras, mains, jambes en terre cuite, en grè3 sculpté et en marbre, offerts par des malades reconnaissants. Du côté du sud, la terre est jonchée de pierres sculptées ou simplement taillées, de briques moulées et de débris de colonnes. •

HAMMAHBY, paroisse de Snède, dans la province ou gouvernement de Stockholm ; 600 hab. On y voit un bel hôpital fondé en 1809 par Lœvenstrœm, avec cette inscription : « Le fondateur de cet hôpital n’a pas voulu élever un monument à sa mémoire ; il n’a cherché que la satisfaction du devoir accompli, et la seule récompense qu’il ambitionne est dans le soulagement des souffrances des malheureux. » On compte encore, en Suède, sous le nom de Hammarby, plusieurs forges et usines métallurgiques plus ou moinC importantes.

HAMMAHBY, domaine allodial, situé en Suède, dans la province ou gouvernement d’Upsal. Acheté, en 1769, par le célèbre Linné, qui y réunit toutes ses collections et y fixa le centre de son enseignement, il est devenu, depuis sa mort, un lieu de pèlerinage fréquenté par les savants étrangers qui visitent la Suède, et principalement par les étudiants de l’université d’Upsal. Ceux-ci y dirigent de préférence leura excursions de botanique, afin d’enrichir leur herbier de quelque fleur cueillie dans le jardin du maître, et de coiffer son chapeau de docteur, qui, avec d’autres objets laissés par lui, a été religieusement conservé dans l’appartement qu’il occupait.

HAMMAR5, lie de Suède, dans le lac Venern, à 5 kilom. de Carlstad. Elle forme une paroisse dont l’église est une des plus anciennes du pays. On y voit un grand nombre de monuments antiques, tels que pierres runiques, grottes géantes, tumuli, etc. Sa population est d’environ 1,200 habitants. Au commencement du xni« siècle, l’Ile de Hammarô faisait partie des domaines de la célèbre famille Oxenstiern.

HAMMARSKOELD (Lorenzo), poète, littérateur et critique suédois, né à Tuna (gouvernement de Kalmar) en 1787, mort en 1827. Il se fit recevoir docteur en philosophie à Upsal (1812), puis fut attaché à la bibliothèque royale et devint bibliothécaire à Stockholm en 1826. Cet écrivain avait fait de sa maison un centre littéraire, fréquenté par les poètes et les savants les plus renommés. Comme poste, il a publié une traduction de vingt-deux chants de l’Iliade (1809), des Chants erotiques (1811).. des Études poétiques (1813), une tragédie, le Prince Gustave (1812), etc. Bien que ces ouvrages ne manquent pas de mérite, Hammarskoeld doit surtout sa réputation à ses ouvrages historiques et à ses morceaux de critique littéraire, dont le ton souvent acerbe lui a fait beaucoup d’ennemis. Parmi ses ouvrages, nous mentionnerons : Essai de critique sur Schiller (Stockholm, 1808) ; Esquisse d’histoire des arts plastiques (1817) ; les Belles-lettres en Suède (1818-1819), livre fort remarquable où abondent les observations fines, profondes, originales, et de savantes recherches sur la littérature ancienne ; Remarques historiques sur le progrès et le développement des études philosophiques en Suède, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours (1821) ; Esquisse de l’histoire et de la philosophie, depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours (1825-1827, 3 vol. in-8°) j Traités détachés sur divers objets philosophiques, etc.

HAMMATICHÈRE s. m. (amm-ma-ti-kè-ro

— dugr. hamma, nœud ; cheir, main). Entom. Genre d’insectes coléoptères tètramères, de la famille des longicornes, tribu des oérambyx, comprenant une vingtaine d’espèces.

— Encycl. Ce genre est formé d’un démembrement des cérambyx, et a pour type

l’espèce anciennement appelée cérambyx lieras. C’est le plus grand des coléoptères de notre pays. Il est d’un noir mat, rougeàtre sous l’extrémité des élytres, avec de fortes nervures transversales sur lo corselet ; ses antennes sont très-longues. Dans le midi, ou