Page:LeMay - Le pèlerin de Sainte-Anne, Tome II, 1877.djvu/188

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nous invitent à songer à notre dernier sommeil et à nous dépouiller des liens enchanteurs qui nous captivent encore. Ils nous rappellent que bientôt, endormis dans notre froid tombeau, nous attendrons le soleil éternel qui réchauffera notre poussière, et nous fera renaître pour l’éternel printemps.

Emmélie et l’ex-élève se promenaient vers le soir, dans le jardin nouvellement acquis par l’hôtelière de La Colombe. Emmélie était triste. Comme un fer rouge que l’on tourne dans une plaie, une amère pensée la tourmentait toujours. Pauvre enfant ! Elle ne se croyait pas encore à l’abri des outrages des scélérats. Elle ne pouvait se défendre d’une vague terreur. Elle marchait les yeux baissés et regardait les feuilles mortes. Tout à coup elle fut tirée de sa rêverie par un cri parti de la maison. Ce n’était pas un cri de douleur, ni un cri d’anxiété, mais c’était une surprise étrange qui se manifestait. Emmélie et l’ex-élève s’élancèrent vers la porte. Un autre cri plus poignant et plus terrible que le premier fit retentir la maison. Emmélie tomba dans les bras de l’ex-élève :

— C’est lui !… sauvez-moi ! dit-elle.