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AUTOUR DE LA MAISON

de mal, parce qu’ils avaient gelé en chemin. Mais toutes les douleurs se calmaient, et les chagrins s’envolaient, quand à tour de rôle nous allions baiser les pieds du petit Jésus…

Comme il était touchant, avec ses grands yeux bleus où la lumière des cierges avait fait passer une âme, tant de soirs de ce mois ! une âme claire qui m’avait consolée des larmes versées au couvent.

Aujourd’hui, elle me soutient encore, l’âme du Jésus de cire ; je la vois dans ses yeux de verre, avec le regard de ma foi. Elle me réconforte, elle me relève, elle m’anime. Comment font-ils pour vivre ceux qui ne l’aiment pas, le divin enfant ? Comment peuvent-ils souffrir, ceux qui ne croient pas en sa force, en sa Providence qui plane sur le monde et qui donne, quoiqu’il en semble, à chacun selon ses œuvres !


XXVIII


Tante Estelle essayait vainement de nous amuser, cet après-midi-là ; rien ne réussissait. Marie était malade et reposait ; Toto, Pierre et moi, nous avions le nez sur les vitres et nous regardions la cour, en tourmentant avec une patience inlassable : « Laisse-nous sortir, tante ! »