Page:LeNormand - Autour de la maison, 1916.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
112
AUTOUR DE LA MAISON

le fauteuil, mais on ne manquait pas de le rappeler deux ou trois fois pour changer de propos, ou lui recommander de bien répéter notre bêtise. On lui lançait des « paires d’yeux ! » on lui faisait des signes, on lui parlait en « muet » pendant qu’il s’en allait à reculons, en grimaçant jusqu’à la « chaise honteuse » où il disait solennellement : « J’arrive du conseil ».

« Qu’est-ce que le conseil rapporte ? » répondait la « chaise honteuse », et l’émunération commençait : « Y en a un qui vous fait dire que vous ressemblez à la fée Carabosse, un autre, que vous avez l’air d’un manche à balai, un autre, que vous êtes pareille à une grosse grenouille enflée, un autre, que vous avez de grandes couettes de Chinois dans le dos, un autre, que vous êtes comme la vieille Angélique, avec votre robe plissée et votre poche de sœur ! »

La vieille Angélique, c’était une femme à barbe, qui lavait les planchers du couvent et faisait le « train » des vaches…

Plus c’était sot, plus ça plaisait à l’habitante de la « chaise honteuse », et la grenouille avait un succès jamais raté. Si on voulait être dedans, on n’avait qu’à envoyer dire ce compliment. Chaque fois, la petite demoi-