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AUTOUR DE LA MAISON

venait, qu’il faisait soleil jusqu’au souper maintenant, et qu’après le printemps, ce serait les grandes vacances !

Oh ! l’esprit des petits enfants qui voltige vers l’avenir ! Il y a si peu longtemps que leur âme est sortie du souffle de Dieu qu’elle en garde une lumière jaillissante qui éclaire tout ! À mesure que l’on grandit, cette lumière s’atténue. La réalité l’assombrit, et chaque année nouvelle apporte, avec plus de clairvoyance, des sujets de peine, des douleurs.

Mais il y a un moyen de la retrouver, la lumière jaillissante. Le bon Dieu nous l’a laissée sur l’autel. Si nous la cherchons, elle posera sur nous sa clarté, et notre cœur sera consolé, même dans la souffrance. Puis, quand tout sera fini et que nous serons cendres, cette lumière divine, un jour, rassemblera notre poussière et en fera des corps glorieux pour la résurrection future. Et nous deviendrons d’autant plus beaux que nous aurons mieux contemplé et aimé sur terre le soleil des autels. Qu’importe ma cendre, si je suis une âme. Les petits enfants ont raison. Béni soit le printemps !