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AUTOUR DE LA MAISON

les jours qui sont si longs. On ne finissait plus de s’amuser ! Toutes les rondes qui avaient dormi leur hiver, se réveillaient. L’a-t-on assez hurlé le « grand cordonnier, tu me les racmoderas ! — tu me les rac-mo-de-ras ! » et la « tour, prends garde », prends garde de te laisser abattre !

Que l’on dansait avec joie et douceur en tournant un peu mollement sur le gazon du parterre ! Tenez, j’entends encore nos voix grêles et fausses qui chantent : « Dans un bocage, charmant feuillage, qui fleurira au milieu de nous, celle que j’aime, est-elle ici ? — Ah ! la voici, la voici, la voilà, celle que mon cœur aimera ! » Au milieu de la ronde, je revois Toto qui fait courir la petite amie Lucette, la serrant sur lui en tirant les boucles de ses cheveux.

Puis, quand on était tout à fait excités, un peu ivres des senteurs du renouveau, du spectacle des feuilles neuves, de la moiteur de l’air, du gazon reverdi où les pissenlits allaient fleurir, on abandonnait la romance sentimentale, et il fallait nous voir planter les choux à la mode de par chez nous ! Quelle sonorité trouvaient nos voix pour crier : « à la mode, à la mo-de ! » Vous vous souvenez ?… « On les plante avec le nez, à la mode, à la mode, on les plante avec le nez, à la mode de