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AUTOUR DE LA MAISON

Les petites filles quittent le trottoir, prennent l’allée, à l’ombre des érables. Elles marchent sagement comme pour une procession de Fête-Dieu. Elles ont appris au couvent que dans les grandes cérémonies, il faut de la mesure !… Les contre-vents du portique s’ouvrent à deux battants. L’abbé Toto, dans ce baptistère improvisé, apparaît en son costume d’enfant de chœur. Comme étole, il s’est mis un grand ruban de satin blanc, signe d’innocence et de joie. Il appelle : « Oh ! les parrains ! »

Les bedeaux abandonnent leurs clochettes, et viennent se placer chacun à côté de sa filleule.

L’abbé Toto prend ensuite un air aussi digne et sérieux que celui de Monsieur le curé en chaire : « Mesdames et messieurs, je vais baptiser vos enfants ! Le baptême, mes chers frères, est un sacrement qui efface le péché originel, donne à l’âme l’amitié de Dieu, et la rend capable d’entrer dans le ciel. »

Après cette courte allocution, tirée du petit catéchisme de Québec, la cérémonie commence : « Marie-Totote, je te baptise », et la formule suit. Voilà la poupée de Marie entrée dans le giron de l’Église. Viennent après, successivement : Marie-Mimie, Marie-