Page:LeNormand - Autour de la maison, 1916.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
24
AUTOUR DE LA MAISON

Line, Marie-Titite, Marie-Dodo. Les parrains renoncent au monde et à ses pompes au nom des chères enfants, et voilà cinq poupées catholiques romaines, qui ferment leurs yeux bruns ou bleus. Toutes ont les robes que leurs mamans, il y a sept ou huit ans, portaient à leur propre baptême. Elles en empruntent un air de vrais bébés.

L’abbé Toto, d’un grand geste en croix, bénit toutes les familles réunies, et dit très gravement : « Retirez-vous tous, asteure : vous avez la grâce sanctifiante ». Les bedeaux reprennent leurs clochettes et sonnent, sonnent à tour de bras en chantant allègrement : « Quand mon père était bedeau, sonne la cloche, sonne la cloche, quand mon père était bedeau, sonne la cloche et tombe su’l’dos ! »

Les petites filles vont déposer maternellement leurs bébés dans le dortoir aux blancs berceaux, installé sur la galerie. Elles les embrassent, leur tiennent des propos touchants… Tante Estelle apparaît à l’entrée du jardin et appelle : « Oh ! les enfants, venez goûter ! »

On abandonne tout : rôle de maman, rôle d’abbé, rôle de bedeaux ! Sous les cerisiers, la table est mise. Il y a des confitures, de petits pains, de la crème, du sucre du pays, de la