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AUTOUR DE LA MAISON

rejoignait. Ils repartaient, dociles à la baguette de bois qui les guidait.

Ils faisaient un bruit de forge, nos grands cerceaux de fer, et nos rires tintaient, éclatants. On s’en allait par la rue de l’église. On passait devant le couvent. Les religieuses, dans leur parterre, se promenaient, et l’on criait fièrement : « Bonsoir, Mère S.-Anastasie ! » parce que c’était alors les vacances. En temps scolaire, on eût plutôt baissé la tête, pour qu’elle fût cachée par la haie de cèdres qui fermait le jardin du couvent. Songez donc ! À la lecture des notes, s’entendre dire devant Mère Supérieure et toutes les grandes : « J’ai de mauvaises nouvelles à donner de Michelle. Elle court les rues avec les petits garçons. » J’ai si souvent rougi sous l’accusation ! Pourtant, Toto et Pierre, et Jean, et Jacques, où était le mal ?

Nous descendions la côte en face du couvent. C’était extrêmement agréable. Les cerceaux devenaient des balles ; ils bondissaient, prenaient une allure plus vive, et l’on courait à perdre haleine pour les suivre ! On ne voyait plus rien que le cercle qui roulait, roulait, et arrivait souvent dans les jambes d’une passante qui allait à l’église ou en revenait…