Page:Le Braz - La jeune Bretagne, 1905.djvu/5

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Jeunes Camarades,

Convié par votre Association naissante à inaugurer votre première session, — car c’est, si je ne me trompe, la première fois que vous vous réunissez officiellement, — j’ai pensé que je ne pouvais mieux faire que de vous entretenir de la Jeune Bretagne, c’est-à-dire, en définitive, de vous-mêmes.

La Jeune Bretagne ! Voilà un substantif et un adjectif qui n’ont pas souvent l’habitude d’être accolés l’un à l'autre, et je ne suis pas sans me rendre compte, tout le premier, de ce que leur union présente de paradoxal. Quelle est, en effet, la conception que l’on se fait ordinairement de la Bretagne ? C’est celle d’une terre très vieille, dont la poésie, le charme et l’attrait proviennent surtout de ce qu’elle est comme immobilisée aux rives des âges. Je n’ai pas le droit d’oublier que moi-même je l’ai définie : La terre du passé. Ce que beaucoup d'entre nous