Page:Le Coran (Traduction de Savary, vol. 1), 1821.pdf/59

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[1] Nouvel enthousiaste, il se rendit à l’assemblée où se trouvaient les principaux de sa tribu ; il leur parla avec admiration du culte d’un dieu unique ; il leur vanta le bonheur de devenir ses adorateurs, et fit passer dans tous les cœurs son zèle et sa croyance. Le peuple, incapable de résister à l’exemple de ses chefs, se laissa entraîner. Aussitôt que les premiers de Médine eurent courbé leurs têtes sous le joug du mahométisme, semblable à un vaste incendie favorisé par le souffle des vents, il embrasa toute la ville. La seule famille d’Ommia, fils de Seïd, résista à l’empire de la nouveauté, et conserva ses dieux.

( Depuis la chute d’Adam, suivant Abul-Feda. 6216. — Depuis la naissance de J.-C. 631. — Avant l’Hégire, 0. — De Mahomet. 53. — De sa mission. 13. )

Mosaab ne laissa point son ouvrage imparfait. Pour affermir ses prosélytes dans la foi, il les amena aux pieds de leur apôtre. Accompagné de soixante-trois des plus considérables, il se rendit à la Mecque pendant les fêtes du pèlerinage. Il fit savoir à Mahomet que la nuit d’après l’immolation des victimes, ils iraient le trouver au château d’Acaba où il s’était retiré. Mahomet les reçut à bras ouverts. Elabbas, son oncle, était encore idolâtre [2], mais le zèle pour sa religion n’avait point étouffé dans son cœur la voix de la nature. Connaissant le motif qui amenait les nouveaux disciples, il leur parla en ces termes : « Citoyens de Médine, vous savez quel est Mahomet. Sa naissance vous est connue. Nous l’avons séparé du peuple à cause de ses opinions. Rien de plus avantageux pour lui que votre accueil gracieux ; rien de plus favorable que l’asile que vous venez lui offrir. Si vos invitations sont sincères, soyez fidèles à vos engagemens. Défendez votre foi les armes à la main. Arrachez votre apôtre à la haine de


  1. Abul-Feda, Vie de Mahomet, page 42.
  2. Idem, page 85.