Page:Le Coran (Traduction de Savary, vol. 1), 1821.pdf/92

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Gatfanites suivirent cet exemple. Assuré de la retraite des confédérés, Mahomet rentra avec ses troupes à Médine.

Les Musulmans s’attendaient à se délasser de leurs fatigues. Ils avaient déposé l’attirail des guerriers, et songeaient à jouir, au sein de leurs familles, des douceurs de la paix. Ce n’était pas l’intention de leur apôtre. Il voulait qu’une prompte conquête leur fit oublier tant de travaux et d’alarmes. Les Coraïdites avaient soulevé contre lui une partie de l’Arabie ; il fallait punir cet exemple dangereux. Il fit, suivant sa coutume, parler le ciel. Au lever du soleil, il avait mis bas les armes ; à midi, Gabriel lui commanda de les reprendre. Il fit crier ces mots par un héraut : « Que quiconque entend et est obéissant, fasse la prière du soir contre les Coraïdites [1]. » L’ordre publié, il concerta l’expédition avec Ali, et partit sur-le-champ, suivi de ceux qui se trouvaient prêts [2]. Il alla camper à Dha Ena (le vase d’eau pure), puits appartenant aux Juifs. Ses soldats s’y rendirent à la file ; avant le coucher du soleil, toute l’armée avait rejoint le général. Le lendemain il se mit en marche, et alla assiéger la forteresse des Coraïdites. Ils se défendirent vaillamment, et livrèrent plusieurs combats sous leurs murs. L’impétueux Ali, suivi d’une troupe d’élite, les repoussait avec vigueur. Ses faits héroïques jetèrent l’effroi parmi eux. Ils n’osèrent plus sortir de leurs remparts. Bientôt la crainte de s’y voir forcés leur ôta le courage de se défendre. Caab, fils d’Açad, leur allié, les alarma sur leur situation. Il leur proposa de reconnaître Mahomet pour l’apôtre prédit par les écritures, et de remettre leur citadelle entre ses mains, à condition qu’il leur accorderait la vie sauve. Les Juifs suivirent ce conseil pernicieux, et après vingt-cinq jours de siége, ils se rendirent à discrétion. Mahomet, qui voulait


  1. Jannab, p. 130.
  2. Abul-Feda, p. 77.