Page:Le Dantec — L'Athéisme.djvu/233

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cependant que la réponse ne doit pas être la même pour tous les types d’hommes. Pour ceux qui ont une conscience morale peu développée, pour les effrontés, il n’est pas mauvais que la croyance à des principes éternels, accompagnés de sanction pénale, restreigne leur activité égoïste, dans les cas où la peur des gendarmes ne suffit pas ; mais pour ceux qui ont au contraire une hypertrophie de la conscience morale, les croyances monistes sont préférables ; elles ne suffisent pas d’ailleurs à faire taire la voix d’une conscience tâtillonne, mais elles empêchent les scrupules excessifs, la tendance aux mortifications et à l’ascétisme. Pour égaliser les conditions de la lutte entre les hommes, il faudrait donc enseigner le monisme aux enfants timorés et doux, qui ont des chances d’être, toute leur vie dupes de leur bon cœur, et inculquer au contraire des principes sévères et la peur de l’enfer aux enfants intraitables et violents qui, une fois hommes, seront dangereux pour ceux de la première catégorie. C’est là une pure utopie, et d’ailleurs, au nom de quel principe métaphysique peut-on, si l’on est moniste, décréter qu’il faut plus d’égalité parmi les hommes ?

Je ne sais pas comment font les dualistes quand ils sont en présence d’un conflit entre leur conscience morale et leur intérêt actuel, entre leur conscience morale surtout et l’intérêt de ceux qui leur sont chers, mais je ne trouve pas que le