Page:Le Dantec - Lamarckiens et Darwiniens.djvu/131

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Je signalerai encore, avant d’entreprendre l’essai d’interprétation générale des phénomènes de mimétisme, la remarque assez intéressante que, très souvent, chez les insectes, le mimétisme protecteur est restreint au sexe femelle. Or les insectes ne s’accouplent qu’une fois dans leur vie ; la prolongation de l’existence du mâle après l’accouplement est inutile à la conservation de l’espèce, tandis que la femelle doit vivre assez longtemps pour déposer ses œufs en lieu convenable et assurer ainsi la prospérité de ses petits. Wallace a fait remarquer aussi que les femelles des oiseaux ont des couleurs ternes qui les protègent pendant l’incubation, sauf quand elles ont un nid suffisamment clos qui les protège directement.

Enfin pour terminer : Plateau considère comme faux le mimétisme de deux noctuelles (Moma Orion et Dichonia aprilina) parce que les époques d’apparition des deux espèces sont si différentes qu’il faudrait de véritables perturbations dans les saisons pour les rencontrer à la même époque de l’année ; Giard fait remarquer à ce sujet « qu’il faut, dans les questions de ce genre, envisager les espèces considérées non seulement dans l’espace, mais dans le temps, le mimétisme pouvant survivre aux causes qui l’ont produit », réflexion importante dont nous aurons à tirer parti. D’ailleurs, indépendamment de cette considération, il y a des cas où un mimétisme peut être protecteur sans synchronisme ; un oiseau, dégoûté pendant l’automne par des insectes âcres ou puants, pourra très bien conserver le souvenir instinctif de ce dégoût et épargner au printemps des insectes comestibles rappelant extérieurement les premiers.

En résumé, tous les cas de mimétisme que nous