Page:Le Franc - Le wattman - nouvelle canadienne inédite, Album universel, 29 septembre 1906.djvu/12

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— Oui, c’est moi, ma tante, répondit la jeune fille.

Et comme la vieille dame regardait avec étonnement le compagnon de sa nièce, Aline raconta vivement l’accident qui était arrivé, l’obligeance et le tact avec lesquels le jeune homme avait agi dans la circonstance.

Ces explications données, la tante invita d’une voix cordiale Wilfrid Lacombe à entrer. Il s’excusa, disant qu’il était tard, mais qu’il reviendrait certainement lui rendre visite le dimanche suivant, si elle l’y autorisait.

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Il revint le dimanche suivant et aussi les autres dimanches, et bientôt tous les mardis et jeudis, son service fini. Il avait vite appris l’histoire d’Aline, restée orpheline encore au berceau et recueillie par sa tante qui, veuve elle-même. eut beaucoup de mal à l’élever. En grandissant. Aline avait compris la lourde tâche et les sacrifices que sa tante s’était imposés pour elle, et elle lui fit connaître sa résolution de travailler, de gagner sa vie à son tour.

Un vieil ami de la famille lui procura un emploi de secrétaire dans les bureaux d’un grand quotidien de Montréal, et elle accomplissait gaiement et courageusement sa besogne, malgré les défaillance d’une santé délicate.