Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/180

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Ou l’écume qui vole ou le brin de gazon ?
Que n’ai-je seulement vos ailes diaprées,
Halbrans, que traque vers nos prées
Des fonds brumeux de l’horizon,
Tel un chasseur que sa poursuite enivre,
L’Hiver casqué de neige et cuirassé de givre ?
Or, devant que Myrdhynn ne m’eût pris dans ses rets,
J’étais pareil à vous, oiseaux légers. J’errais,
Si rapide que l’œil avait peine à me suivre,
Sur la face des eaux, à la cime des bois.
Des rivières d’azur filaient entre mes doigts ;
Et mon âme multiple, abondante et joyeuse,
Nageant sur les couleurs, les parfums et les chants,
S’éparpillait dans les arômes de l’yeuse
Et dans l’or des soleils couchants…

(La mer commence à monter. Les barques accostent. Dans le lointain, des dragueurs de sable passent en chantant.)

CHŒUR DES DRAGUEURS


Sur le banc, dans la brise fraîche.
Nous avons dragué tant de sable roux
Qu’on en ferait bien avec une bêche
Un mulon plus haut que la flèche
De Saint-Gwénolé, terreur des garous !