Page:Le Goffic - Poésies complètes, 1922.djvu/199

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T’ont menti. C’était bon pour les dieux de la fable,
Cette attitude. Lui, c’est un être ineffable,
Qui ne sait que des mots de pardon et d’amour,
Le plus charmant, le plus exquis de tous les êtres.
Accueillant aux petits, dur seulement aux maîtres.
Une âme blanche, avec l’immense azur autour !…

GWION

Je veux te croire, Urgande, et cependant j’ai peine
A dire oui. L’effroi m’étreint. Nouveau venu,
J’hésite sur le seuil et, la main sur le pêne,
Je n’ose ouvrir par peur de l’inconnu…
Que faire ?

URGANDE

M’obéir, Gwion.
 

GWION

Chère amoureuse.
Du moins si j’étais sûr que tu serais heureuse,
Si, par quelque présage inouï, j’apprenais…

(Un couple d’oiseaux traverse en ce moment le ciel et vient s’abattre auprès d’eux. Gwion ne les remarque pas, mais Urgande tressaille et saisit Gwion par la main.)


URGANDE

Vois donc, ami, dans les genêts