Page:Le Grand Albert - La Vie des Saints.djvu/258

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée

en 1666 on le couvrit d’un monument en pierre portant en relief la statue du saint. Les reliques out pu être soustraites aux profanations des terroristes ct sont toujours vénérées.


LA VIE DE SAINT MERIADEC,


Confesseur, Evesque de Vennes, le septième de Juin.


SAINT MERIADEC, natif de la Bretagne Armorique, de la race Royale de Conan Meriadec, premier Roy Catholique dudit pays, nasquit environ l’an de grace 758 (1). Ses patens le voulans avancer, le firent, de bonne heure, étudier & instruire és bonnes lettres & sciences; &, aussi-tost qu’il fur sorty des écolles, l’envoyerent à la Cour du Roy de Bretagne. Meriadec, pour ne contrister ses parens, entra en icelle, & y demeura cinq ans entiers, vivant parmy les autres Courtisans sans se souiller des vices ordinaires de la Cour, comme la Salamandre dans le feu sans se brûler. Il estoit devot envers Dieu, lequel il servoit fidellement; entendoit tous les jours la Messe; recitoit ses prieres à genoux; portoit un grand respect aux Eglises & Ecclesiastiques; frequentoit les Sacremens & Predications, &, rendant à Cesar ce qui appartenoit à Cesar, estoit si courtois & affable, qu’il estoit aimé & chery de tous & mesme des plus débauchez & vicieux, qui faisoient estat de sa vertu.

II. Ayant passé cinq ans à la Cour du Roy, il prit cong de Sa MajestY, laquelle regrctta extremGment la perte qu’elle faisoit d’un tel Homme & le recompensa liberalement du service qu’il luy avoit rendu. Estant de retour chez son pere, on parla de le marier avantageusement; mats le saint jeune homme n’y voulut consentir, dclarant ? ses patens qu’il seroit d’Eglise, les priant affectueusement de ne plus luy parler de Martage. Cette resolution de Meriadec fur de dure digestion son pere, lequcl t&cha, par route sorte de voyes, de Fen dissuader; mais, royant qu’il n’y gagnoir rich, ille fit vtir de long, &, en peu de temps, lny obtint tant de Benefices, que c’estoit le plus riche Ecclesiastique de Bretagne. I1 receut tousles Ordres par les mains de l’Evesque de Yennes, saint Hincweten, jusqu’h la Prestrise inclusivement. Ayant chant Messe, il jugea que cette dignit6 requeroit de luy un genre de ’ie tout autre que celuy qu’il avoit men par le pass; &, ds lors, se resolut de se retirer en quelque lieu solitaire, pour y vivre le reste de ses jours, au service de Dieu.

IIL Ses parens, ayans eu avis de son intention, tcherent / Fen diverfir & y cmployerent le credit & sollicitation du Seigneur de Rohan, son premier parent, & mesme celuy du Roy & des principaux de sa Cour; mats l’Amour de Dieu l’avoit tellement prvenu, qu’il fnt insensible . toutes leurs persuasions. II se demit de tous ses Benefices entre les mains de l’Evesque de Vennes, son Prlat, & vendit son patrimoine dont il distribua Fargent aux pauvres; puts, ayant receu la Benediction de l’Evesque & pris cong6 de ses patens, il se retira en un lieu fort car & solitaire, au vicomt6 de

(1) M. Le Men( tablit fort bien, d’apres Ie Pt opre do Vannes de 1757 que saint [riadcc naqult vers le commen- cement du VII* steele. Bien plus encore qu’Albert Le Grand, dom Loblneau s’est tromp sur son poque, puisqu’il le fait mourlr en 1302.

Ou dlt assez généralement dans le diocese de Vannes que la premiere chapelle de Sainte-Anne u champ du Bocenno setair due i saint Meriadec oa du moths remonterat son épiscopat, ainsi que la statue miraculeuse de la sainte, découverte par Y’es Nicolazic. -- A.-M. T.