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Page:Le Mercier - Copie de devx lettres envoyées de la Novvelle France, 1656.djvu/26

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ſoie, elle le preſenta à ſa femme, qu’elle appella ſa mere, & comme elle les vit remplis d’amour & de tendreſſe pour elle. Viués, leur dit elle, auec nous doreſnauant comme auec vos freres, ne ſoions plus qu’vn peuple, & pour marque de voſtre affection enuoiés de vos filles au Seminaire, ie feray leur ſœur ainée, ie leur apprendray à prier Dieu, & toutes les autres choſes que les meres m’on enſeignées : Et là deſſus elle ſe mit à lire deuant eux en Latin, en François & en Huron, puis elle entonna des Cantiques ſpirituels en ces trois Langues, c’eſt là que ces bonnes gens furent tous hors d’eux-mêmes, demandant combien il falloit de temps pour apprendre tant de choſes & pour ſi bien franciſer