Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/142

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


KALLISTA.

O ma mère ! Elle ira, te prenant pour époux,
Consacrer sa ceinture à ton autel jaloux.

DAPHNÉ.

O ma mère !

KALLISTA.

O ma mère ! Et jurer d’une bouche fidèle
Que jamais fils d’Adam ne s’approchera d’elle.

DAPHNÉ.

O ma mère !

KALLISTA.

O ma mère ! Il est fait, l’indéliable vœu.
Roi d’Orient assis à la droite de Dieu,
Christ, ne refuse pas celle que je te donne !
Accorde à son front pur le voile et la couronne,
Pour que je sorte un jour de ce monde, les mains
Pleines d’œuvres, les pieds usés dans tes chemins,
Et pour que, devant toi, vers le Seigneur, un ange
Porte ma gerbe d’or dans la céleste grange.
Elle est là, tu la vois, mon offrande, en mes bras.
J’eus soin de la nourrir pour toi ; tu la prendras !
Si dans quatre-vingts jours je suis debout, vivante,
Forte comme il convient pour être ta servante,
Tu m’auras fait entendre, ô Roi ! qu’elle te plaît,
La vierge que nourrit ta crainte avec mon lait.
Et, dans un an, au mois des terrestres vendanges,
Je te l’amènerai, doux spectacle à tes anges,