Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/148

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Les amis de l’époux ne me chercheront pas !
Pourtant j’aurais porté dans la chambre choisie
Les parfums d’un amour plus doux que l’ambroisie.
Ton épouse étrangère, Hippias, crois-tu bien
Qu’elle ait un cœur plus sûr et meilleur que le mien ?
Silence de la nuit ! nuit froide et solitaire !
Non, je n’attends plus rien de l’homme et de la terre.

Elle détache de son doigt son anneau d’or.

O fontaine où l’on dit que dans les anciens jours,
Les Nymphes ont goûté d’ineffables amours,
Fontaine à mon enfance auguste et familière,
Reçois de la chrétienne une offrande dernière.
O source ! qu’à jamais ton sein fidèle et froid
Conserve cet anneau détaché de mon doigt,
L’anneau que je reçus dans une autre espérance.

Elle jette son anneau dans la source.

Réjouis-toi, Dieu triste à qui plaît la souffrance !