Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/160

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Qui contemple de près ta Majesté muette,
Plonge ses yeux lassés dans tes lacs toujours bleus,
Ou rafraîchit sa lèvre à tes claires fontaines,
Ou d’un roc escarpé voit tes Alpes lointaines
S’enfuir à l’horizon en sommets onduleux !

Heureux, et plus encor, celui que Dieu fit naître
Sur ton sol fortuné, dans quelque lieu champêtre,
Pour y vivre et mourir libre parmi les siens !
Ah ! si jamais l’exil m’arrachait de la France,
C’est là que je viendrais abriter ma souffrance
Et donner à mon cœur ses vrais concitoyens !


II


Champ d’asile, place choisie,
Où les meilleurs et les plus grands,
Les amants de la Poésie
Et les ennemis des tyrans,
Loin des foules toujours serviles
Fuyaient le tumulte des villes,
Staël, Rousseau, Voltaire et Byron !
Tu t’embellis de leur mémoire,
Et leur gloire ajoute à ta gloire
Un impérissable fleuron.