Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/161

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Tes beautés n’ont pas de pareilles.
Pour en former les traits divers
Dieu choisit toutes les merveilles
Dont il a semé l’Univers.
Sur tes monts et dans tes vallées
Il les a toutes rassemblées
Du sublime jusqu’au joli ;
Ainsi cet empereur de Rome
Prit tous les chefs-d’œuvre de l’homme
Pour son jardin de Tivoli.

Ici, dans leur paix inconnue,
Les pics neigeux planent dans l’air ;
Leur tête dépasse la nue,
Et leur flanc voit ramper l’éclair.
Là-bas, comme des coupes pleines,
Les lacs se creusent dans les plaines ;
Là le Gresbach tombe et mugit ;
Plus loin, derrière le Salève,
Le soir, le Mont-Blanc se soulève
Pour voir la Jungfrau qui rougit.

Lieux charmants, quand vous reverrai-je ?
Beau pays d’où mon souvenir,
Ainsi qu’un oiseau pris au piége,
A tant de peine à revenir ?
Genève, Lausanne, Lucerne,
Zurich, Berne, où l’esprit moderne
S’est librement épanoui ;