Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/227

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Si quelqu’un, se disant le citoyen du monde,
Insulte à votre amour du haut de sa raison,
Ce mot : l’Humanité, sur sa lèvre inféconde
Veut dire l’égoïsme et sent la trahison.

Nous ! plus Dieu la punit, plus le monde l’accable,
Plus elle est en opprobre aux rois, aux empereurs,
Aimons notre cité d’un amour implacable…
D’un amour plein de haine et de saintes fureurs.

Qu’on ne me parle plus de ces peuples, nos frères !
Où sont-ils, et lequel nous a tendu la main ?
Je suis Français ! la France a les destins contraires :
J’ai souci d’elle seule et non du genre humain.

Vous entendrez des voix de traîtres ou de lâches
Prôner, à nos dépens, toutes les nations ;
Vous entendrez tous ceux qui manquent à leurs tâches
Parler impudemment de nos corruptions.

Oui, nous sommes tombés, vaincus par notre faute !
Nous avons manqué d’âme et quitté les sommets :
L’abîme est bien profond, car la cime était haute…
Ceux qui rampent toujours, seuls ne tombent jamais.

Oui, la France est coupable, et s’accuse elle-même ;
Mais lequel est plus pur, de ses voisins jaloux ?
Lequel peut, à bon droit, nous lancer l’anathème ?
Quel peuple sans péché se lève contre nous ?