Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/377

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Vainement quelques-uns ont pleuré sur ma trace,
Et d’autres m’appelaient dont l’amour fut témoin ;
J’ai passé dans le vent qui m’emportait plus loin,
La nuit seule a reçu l’aveu de mua disgrâce,
Vainement quelques-uns ont pleuré sur ma trace.

Mon berceau fut marqué par la fatalité.
L’orage qui grondait, terrible, à ma naissance,
M’a pour jamais, dès lors, soumise à sa puissance
Avec le premier cri qu’au monde j’ai jeté ;
Mon berceau fut marqué par la fatalité.

Solitude du cœur, ô ténèbres de l’âme,
Je devine à présent ce qu’il vous faut de moi ;
Mais j’échappe à votre œuvre et brave votre effroi,
Car je suis un enfant du souffle et de la flamme,
Solitude du cœur, ô ténèbres de l’âme.




ENNUI


C’est peu d’avoir souffert si l’on n’a pas aimé.
VICTOR DE LAPRADE.


Quand je pense à ma vie un grand ennui me prend,
Et j’ai pitié de voir ma jeune destinée
S’effeuiller solitaire, humblement résignée,
Comme une fleur des eaux qu’emporte le courant.