Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/379

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Le voyageur lassé, l’oiseau dont l’aile plie
Demandent : — Où va-t-elle ? et l’appellent du bord,
Tandis qu’elle descend, tranquille et sans effort,
Vers la rive où tout meurt, dans l’ombre où tout s’oublie.




ADIEUX A PAU


O sereine beauté des cimes couronnées
Par l’azur qui baignait le front des Pyréncés…

EMMANUEL DES ESSARTS


Depuis que j’erre ainsi, plante déracinée,
Au gré du vent, du flot, de l’heure ou de l’année,
Sans jamais espérer de revenir demain, —
Si propice ou charmant que me fût le chemin, —
J’avais connu déjà ce déchirement d’âme
Qu’on éprouve à quitter le foyer plein de flamme
Lorsque, douce, elle aussi, la plus rude saison
Rassemble autour du feu tous ceux de la maison
Et rapproche les cœurs que le ciel noir oppresse ;
J’avais subi l’ennui, l’accablante détresse
De l’exil loin des miens parmi des étrangers ;
Mais, malgré tant de deuils en longs regrets changés,
Cher fardeau, trop pesant et sous lequel je plie,