Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/417

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ANTONY VALABRÈGUE

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LES FILLES DE PARIS


Sur le chemin du bois, par les beaux jours d’été,
Elles viennent souvent se promener ensemble,
A l’heure où le soleil, de sa tiède clarté,
Endort au vent du soir la campagne qui tremble.

Elles vont en chantant des refrains de chansons ;
Au milieu des taillis la fraîcheur les attire.
Elles jettent au loin, à travers les buissons,
Le tumulte charmant de leurs éclats de rire.

Claire mouille au hasard ses pieds dans les ruisseaux ;
Laure, laissant s’ouvrir les plis de son corsage,
S’étonne de ne pas trouver des nids d’oiseaux
Dans la broussaille morte où sa robe s’engage.

Berthe agite un rameau de lilas qu’elle a pris ;
Jeanne fait un bouquet des roses qu’elle cueille.