Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/418

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Quand elles vont aux champs, les filles de Paris
S’amusent d’une fleur et même d’une feuille.

Et nous que la fraîcheur de la belle saison
Remplit comme autrefois de joie et de jeunesse,
Nous sentons revenir, au milieu d’un frisson,
Ce doux besoin d’aimer qui nous trouble sans cesse.

Mais quand nous leur parlons, elles ne savent pas
Que nous avons au cœur une vague espérance.
Pour repousser l’amour qui s’attache à leurs pas,
Elles auront toujours leur jeune insouciance.

A l’ombre des taillis, sans détourner les yeux,
Elles vont s’éloigner bientôt entre les branches,
Emportant loin de nous, avec leurs bruits joyeux,
La gaîté du printemps dans leurs toilettes blanches.




SOUS LE BERCEAU


Non loin du pavillon que les fleurs ont caché,
Les jasmins en grimpant avec le chèvrefeuille,
Couvrent le frais berceau que nous avons cherché
Afin que notre amour s’y tienne et s’y recueille.