Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/428

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Mais il leur suffit, pour être
Claires et d’un attrait sûr,
Du mince ruban d’azur
Que les toits laissent paraître.

Pour y passer deux de front
On serre un peu la muraille :
Bah ! si quelque sot vous raille,
Les sages vous envieront,

Vénitiens que je loue
D’ignorer, pareils aux dieux,
La poussière, effroi des yeux,
Et, souillure aux pieds, la boue !

Même à midi, la fraîcheur
Respire dans ces dédales ;
Et le poli de leurs dalles
Est doux aux pas du marcheur.

Le poëte à l’aventure
Suit les rêves les plus longs,
Sans ouïr à ses talons
Des roulements de voiture ;

Et sans terrestres effrois
Rôdant, le nez vers la nue,
Des chevaux (race inconnue)
Ignore les naseaux froids.