Aller au contenu

Page:Le Parnassiculet contemporain, 1872.djvu/35

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 23 —

L’AUTOMATE
rondeau estrambote


Dans mon corps je sens se débattre
Un automate ingénieux
Qui regarde aux trous de mes yeux
Comme à la toile d’un théâtre,

D’un théâtre de Mezzetin. —
Mon âme est fort bien machinée,
Et ce montreur : La Destinée,
Y fait sautiller ce pantin.

Ce pantin, à toute ficelle
Que vient tirer le Doigt vainqueur,
Obéit en dépit du cœur
Qui la hait et qu’elle ensorcelle.

Qu’elle ensorcelle !… Au fin ressort
Toutes les heures son doigt butte.