Page:Le Théâtre de la Révolution. Le Quatorze Juillet. Danton. Les Loups.djvu/281

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DANTON


CAMILLE.

Ô ma femme ! ô mon fils ! je ne vous reverrais plus !… non, cela ne se peut. Mes amis, mes amis, au secours !


LE PRÉSIDENT.

Faites retirer les accusés.


DANTON.

Reste donc tranquille, et laisse cette vile canaille.


HÉRAULT, comme s’il avait hâte d’en finir, va vers Fabre, sans attendre les gendarmes, qui font lever les accusés.

Donne-moi le bras, mon ami : voici la fin de tes maux.


FABRE D’ÉGLANTINE.

Nous aurons eu un beau spectacle avant de mourir.


DANTON.

Eh bien, Fabre, sans te faire tort, voilà une pièce qui enfonce les tiennes !


FABRE.

Tu n’as pas lu ma dernière ; il y avait de bonnes choses dedans. Je tremble que Collot d’Herbois ne détruise le manuscrit. Il est jaloux de moi.


DANTON.

Console-toi, nous allons tous faire là-bas, ce que tu as fait toute ta vie.


FABRE.

Quoi donc ?


DANTON.

Des vers.


HÉRAULT.

La Convention sera bien vide demain. Je bâille à la pensée que ceux qui nous survivent seront condamnés à entendre, sans dormir, sous peine de mort, Robespierre et Saint-Just, Saint-Just et Robespierre.


DANTON.

Ils ne l’entendront plus longtemps. J’ouvre la fosse, Robespierre m’y suivra.