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Fortunez. Entreprise III


pitié de ceux qui ne peuuent qu’au pris que la onne occaſion leur en donne le moyen, ne ſça | uez vous pas bien que ie ſuis preſte à bien faire ? V E R v. Les belles & ſages ſont de ceſte humeur, auſſi ie vous prie de me fauoriſer encores com me vous auez faict. Il faut que i’aille voir le Sei—. neur de Valdamour qui m’a mandé, ie ſerayab ſent quelques iours. AscANDE. N’y va point, croy moy, demeure icy, puis que tu es en la grace de ta maiſtreſſe, paſſe le temps auec nous, que pretens-tu de ces grands qui ne t’aiment que pour leur particulier contentement ? ſitu n’auois point de beaux diſcours, tu ferois bien d’en aller chercheràl’auanture. G N o R I s E. Tels deuis particuliers & gracieux entretiens, ſe conti nuoient entre cestrois aſſez ſouuent, & lesaffe étions des amans ſe fortifioiét auec l’excellence d’amitié mutuelle, le cœur de l’amant eſtoit fi dele, celuy de l’amante eſtoit loyal, & conduits auec tant de beau reſpect, qu’il n’y auoit pas moyen de penſer que le diſcord y peut iamais ſuruenir : Ceſte belle petite practique amyable ſe traictoit tant accortement, que meſmes Aſ cande encor qu’elle ſceut leurs amours ſi n’en peut-elle remarquer aucune circonſtance nota ble, & qui peut en aduiſer les yeux des autres, ioint que l’Amant n’en faiſoit diſcours ny ſem blant, & ſi de fortune il alloit pourvoir Meliſſe, & qu’elle fuſt abſente, il entretenoit Aſcande de beaux propos ſans toucher au ſujet desö amour. Il faiſoit comme les parfaicts Amans qui n’em ployent point de tiers en leurs affaires, auſſi ſouuent les tiers y mettent plus de zizanie qu’ils


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