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introduction.

série d’achats, d’accords ou d’échanges elle cherche à clarifier la situation et à délimiter, sans conteste, les contours de ses biens[1].

Dans la région de Crécy le même regroupement foncier eut lieu là encore elle s’attache à grossir les dons primitifs en achetant ou échangeant des terres mais elle veut surtout s’assurer la possession de l’Armançon ou, tout au moins, pouvoir y accéder librement pour y faire boire son bétail[2]. De plus, elle se fait donner des revenus attachés à ces terres telles les dîmes de Crécy[3].

Au sud de Pontigny, dans les granges de Villiers et d’Aigremont une série d’accords et de confirmations, des dons d’exemptions et quelques rares aumônes permirent une meilleure cohésion du domaine abbatial[4].

Vers l’extrême fin de la période, le monastère reçut des biens qui formèrent de nouveaux points d’extension qui, comme nous le verrons, se sont fortement développés au xiiie siècle.

Tout d’abord autour de Fouchères, Montigny et Poinchy, l’abbaye organise un lot de terres qui forment une sorte de relais entre ses possessions de Pontigny et celles de Chablis[5].

Au sud-ouest, en 1190 elle reçoit les dîmes de Saint-Bris[6], alors que la même année Dreux de Mello lui fait don de quatre arpents de vigne à Irancy[7] : c’est là le début de l’important vignoble que Pontigny organisera au siècle suivant.

Enfin, dès 1167, Pontigny cherche à s’installer à Auxerre même : elle y reçoit plusieurs maisons[8], des dîmes[9] et quelques vignes[10]. Une fois de plus, elle jette les premiers fondements d’une future zone d’expansion.

En résumé, Pontigny consacra les premières années de son existence à grossir et organiser un noyau central proche de son abbaye, puis s’étendit au Nord, vers la forêt d’Othe, et au Sud, vers Villiers et Aigremont, tout en terminant la mise en place de ses biens centraux. À partir des années 1160, elle s’efforça, par toute une politique d’achats, d’échanges et d’accords, de regrouper les possessions qui lui avaient été consenties, pour en faire des exploitations plus cohérentes, en même temps qu’elle créait de nouvelles têtes de pont vers le vignoble de Saint-Bris, relayées par des points d’attache à Montigny et Chablis, et qu’elle s’installait à Auxerre.


Les granges.

Toutes ces terres acquises par la seconde fille de Cîteaux furent ordonnées autour d’un certain nombre de points, appelés des granges dans l’organisa-

  1. Nos 18, 19, 29, 32, 72, 78, 80.
  2. Nos 131, 147.
  3. No 149.
  4. Nos 46, 47, 55, 56, 57.
  5. Nos 12, 98, 120.
  6. No 341.
  7. No 342.
  8. Nos 103, 308.
  9. No 11.
  10. Nos 8, 9, 15.