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cartulaire de l’abbaye cistercienne de pontigny.

Nous nous trouvons, en effet, en face d’un problème, lorsque nous comparons le fonds même de l’abbaye de Pontigny et son premier cartulaire. En dehors des bulles qui ont été systématiquement écartées, on constate que pour le xiiie siècle une trentaine d’originaux ne figurent pas dans le recueil des titres du monastère. Certains, comme nous venons de le voir, devaient être transcrits dans les folios qui ont disparu. Malgré cela, il reste un certain nombre de textes dont l’absence est difficilement explicable. On peut admettre que le copiste n’ait pas toujours trouvé nécessaire de reproduire des confirmations d’actes qu’il avait déjà transcrits[1]. On comprend aussi qu’un acte comme le testament d’Aganon d’Ervy ne prenne pas place dans un tel ouvrage, puisqu’il ne fit don à Pontigny que de meubles et d’un palefroi[2]. Cette absence d’un nombre assez considérable d’originaux trouve peut-être son explication dans le classement même des titres de propriété du monastère. En effet, le cartulaire est le reflet du fonds même des archives de Pontigny à l’époque de son élaboration. Le chantre, responsable des archives, a dû, comme dans d’autres abbayes cisterciennes, adopter un classement méthodique assez empirique. À Pontigny le cas devait être voisin de celui de Clairvaux où « ce classement, même au début, ne comprenait pas la totalité des actes conservés »[3]. On a même fait remarquer pour cet établissement que non seulement les bulles en avaient été systématiquement écartées, mais encore que des actes très importants ne s’y trouvaient pas. Il est troublant de voir que dans le cadre de classement des archives de Clairvaux et dans le cartulaire de Pontigny, ce sont les mêmes catégories d’actes qui manquent. Ainsi le copiste du xiiie siècle aurait transcrit les actes que l’abbaye avait déjà classés, sans tenir compte de ceux qui échappaient à cette organisation des archives. Cependant on ne peut se cacher que ce n’est qu’une hypothèse qui ne peut être vérifiée en l’absence d’un inventaire de cette époque. Mais si on l’admet, on peut aussi penser que, parallèlement à l’élaboration de la seconde partie du cartulaire, les archives n’ont cessé d’être mieux organisées et d’intégrer des actes nouveaux dans son cadre de classement aussi, dès la fin du xiiie siècle, le monastère a dû voir les défauts de son cartulaire et ses lacunes, et a entrepris alors la rédaction d’un nouveau recueil qui a disparu et dont nous aurons à reparler.


Présentation matérielle du texte.

Le manuscrit est écrit sur deux colonnes par page, avec une large marge à gauche et à droite. Les lignes sont réglées à la pointe sèche, et nettement marquées ainsi que les limites des marges à partir du folio 20.

Les divers actes qui y sont transcrits nous sont parvenus dans un état de conservation excellente. Seules les trois dernières pages comportent de longues taches brunes qui rendent parfois la lecture du texte difficile, mais jamais impossible.

Ces textes sont groupés, comme nous y avons fait allusion, en chapitres. Nous étudierons plus loin la méthode de classement de ces actes, mais nous

  1. Voir H 1405, H 1438.
  2. H 1408.
  3. P. Piétresson de Saint-Aubin, Notes sur l’abbaye de Clairvaux, dans Recueil sur saint Bernard et son temps (Dijon, Palais des États, 1928), n° 23, p. 262-292.