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L’AIGUILLE CREUSE
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— Oh ! je l’ai bien reconnue. C’était à maître Vatinel, le charretier.

— Qui demeure ?

— Au hameau de Louvetot.

Beautrelet regarda sa carte d’état-major. Le hameau de Louvetot était situé au carrefour de la route d’Yvetot à Caudebec et d’une petite route tortueuse qui s’en venait à travers bois jusqu’à la Mailleraie !

Ce n’est qu’à six heures du soir qu’Isidore réussit à découvrir dans un cabaret maître Vatinel, un de ces vieux Normands finauds qui se tiennent toujours sur leurs gardes, qui se méfient de l’étranger, mais qui ne savent pas résister à l’attrait d’une pièce d’or et à l’influence de quelques petits verres.

— Bien oui, Monsieur, ce matin-là, les gens à l’automobile m’avaient donné rendez-vous à cinq heures au carrefour. Ils m’ont remis quatre grandes machines, hautes comme ça. Il y en a un qui m’a accompagné. Et nous avons porté la chose jusqu’à la péniche.

— Vous parlez d’eux comme si vous les connaissiez déjà.

— Je vous crois que je les connaissais ! C’était la sixième fois que je travaillais pour eux.

Isidore tressaillit.