Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/90

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.







Les yeux d’or de la Nuit, dans la mer qui les berce,
Luisent comme en un ciel lentement onduleux.
Le tranquille soupir exhalé des flots bleus
Se mêle à l’air muet et tiède, et s’y disperse.

Les eaux vives, fluant sous les rosiers épais,
Qui d’un frisson léger meuvent les hautes mousses,
Éveillent des rumeurs subtiles et si douces
Qu’elles semblent accroître et répandre la paix.

Au fond des nids soyeux, la blonde tourterelle,
Et l’oiseau de la Vierge, hôte furtif des riz,
Enivrés de l’odeur des orangers fleuris,
Sous leur plume entr’ouverte ont ployé leur cou frêle.