Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/17

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qu’il planait dans le ciel aux acclamations de la foule, saint Pierre le précipita d’en haut par une courte prière, et Simon mourut de sa chute. « Ce fait incontestable, dit l’abbé Guyot, dans son Dictionnaire des Hérésies, témoigne de l’attention de la Providence à fournir aux hommes les moyens de découvrir l’erreur et de s’en déprendre. » Cette réflexion prodigieuse de l’abbé Guyot est très-édifiante et nous dispense de tout commentaire.

Le pape saint Lin mourut le 23 septembre, an 67. Saint Clément lui succéda.

L’hérésie des Ébionites se manifesta vers 72, deux ans après la prise et le sac de Jérusalem par Titus. Le mot ébion signifie pauvre en hébreu. Les Ébionites étaient des juifs chrétiens attachés à la loi de Moïse. Ils niaient la divinité de Jésus et enseignaient qu’il s’était élevé par sa vertu au titre purement nominal de Fils de Dieu, de sorte que les écrivains ecclésiastiques en conclurent qu’ils étaient polygames et qu’ils se livraient aux plus honteuses débauches. Les personnes privées des lumières de la foi ne pensent pas que la conséquence soit inévitable, mais elles se trompent évidemment. L’hérésie des Ébionites offre une grande analogie avec celle de Cérinthe d’Antioche, chrétien judaïsant, contemporain des Apôtres, partisan de la circoncision et des observances de la Loi. En outre, celui-ci croyait que Dieu avait créé l’univers non par lui-même, mais par l’intermédiaire d’Esprits plus ou moins parfaits. Le dieu juif Iahvèh, était un de ces Esprits. Quant à Jésus, ce n’était