Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/81

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étrangères et de s’enivrer. Ces différentes prohibitions donnent une idée singulière des mœurs courantes de l’épiscopat.

On voit que les Capitulaires de l’empereur décidaient toutes les questions religieuses, non-seulement celles qui étaient de discipline ecclésiastique, mais aussi celles qui touchaient au dogme. Ainsi, le Concile réuni à Aix-la-Chapelle, en 809, ayant pris, au sujet de la procession du Saint-Esprit, une décision contraire à l’opinion de la cour romaine, il fut ordonné aux évêques gaulois de ne point se conformer à la doctrine du pape, ce qui ne surprit ni le pape ni les évêques. Léon III ne protesta en aucune façon, et les évêques obéirent.

Karl le Grand mourut en 814. Il avait épousé quatre femmes à la fois, tout en gardant cinq concubines ; mais l’Église, par reconnaissance sans doute, ne lui en fit jamais aucun reproche. D’ailleurs, la polygamie n’était pas un fait extraordinaire en ce temps-là, puisque le même empereur l’avait défendue aux évêques.

Ce fut en 816, sous Louis le Débonnaire, que l’institution des chanoines fut étendue à toutes les églises des Gaules, d’Allemagne et d’Italie.

Le pape Léon III mourut le 12 juin de cette même année. C’était un homme très-cruel et très-rapace. Sous prétexte de conspiration contre sa personne, il avait décimé, en 815, les principales familles de Rome, et les supplices s’étaient tellement multipliés que l’empereur avait été contraint d’intervenir. Par les taxes, les confiscations et les pillages, il avait épuisé les villes et les campagnes,