Page:Leconte de Lisle - Histoire populaire du Christianisme, 1871.djvu/89

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des papes, les anciennes traditions, les rites sacrés étaient ensevelis dans le plus profond oubli ; la dissolution la plus effrénée, le pouvoir mondain, l’ambition de dominer, avaient pris leur place. Le Christ, assurément, dormait alors d’un profond sommeil dans le fond de sa barque, et, ce qui est bien plus malheureux encore, les disciples du Seigneur dormaient plus profondément que lui. »

Après cet aperçu général présenté par un juge irrécusable, reprenons le détail des faits.

Le pape Benoît IV mourut le 20 octobre 904. Léon V lui succéda, mais celui-ci, chassé par l’antipape Christofle, mourut en prison deux mois après. Christofle étant mort lui-même presque immédiatement, Sergius III fut élu.

Le premier acte de Sergius fut de faire déterrer encore une fois le cadavre de Formose pour le maudire et le mutiler.

Aucun pape ne fut plus maltraité après sa mort que ce malheureux Formose. On l’inhumait et on l’exhumait sans relâche, et on en coupait un morceau à chaque condamnation nouvelle.

En 908, une dame romaine, Théodora, s’empara du gouvernement de Rome. Sa fille, Marozia, était la maîtresse du pape Sergius dont elle eut un fils, nommé Jean, qui devint pape plus tard.

En 911, l’empereur d’Orient, Alexandre, successeur de Léon le Philosophe, fit relever dans l’hippodrome de Constantinople les statues des Dieux et voulut qu’on leur offrît des sacrifices ; mais cette tentative ne réussit pas.

Le pape Sergius mourut le 6 décembre de cette