Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/117

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La lune sous la nue errait en mornes flammes,
Et la tour de Komor, du Jarle de Kemper,
Droite et ferme, montait dans l’écume des lames.

Sous le fouet redoublé des rafales d’hiver
La tour du vieux Komor dressait sa masse haute,
Telle qu’un cormoran qui regarde la mer.

Un grondement immense enveloppait la côte.
Sur les flots palpitaient, blêmes, de toutes parts,
Les âmes des noyés qui moururent en faute.

Et la grêle tintait contre les noirs remparts,
Et le vent secouait la herse aux lourdes chaînes,
Et tordait les grands houx sur les talus épars.