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POÈMES BARBARES.


Le sol impérial tressaille sous nos chars,
Et voici qu’attestant les feuilles sibyllines,
L’aigle crie et tournoie au front des sept collines.
Rome, Rome, debout ! Reconnais tes Césars !

Reprends le globe, ô Rome, et le sceptre et le glaive,
Afin qu’à notre face, après la longue nuit,
Dans son orgueil, sa force et sa gloire et son bruit,
L’éternelle Cité sur le monde se lève !

Et nous, que conviaient tes cris désespérés,
L’épée en une main et l’olivier dans l’autre,
Rachetant à jamais ton opprobre et le nôtre,
Nous veillerons, assis sur tes sommets sacrés ! —


IV


L’AGONIE.



Vingt-neuf ans ont passé sur l’homme et sur l’Empire,
Pleins du flux et reflux des sombres nations,
De combats, de douleurs, de malédictions.
Le siècle onzième est mort, et l’autre est déjà pire.

Le grand Moine qui vit la force à ses genoux
Et se taire les rois devant sa face auguste,
Dans Salerne a rendu l’âme ferme du juste,
En attestant Celui qui s’immola pour nous.