Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/223

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Ce fils usurpateur du char d’Hypérion,
Cette fille imposée à nos forêts paisibles !
Je défie à la fois leurs colères risibles,
J’appelle à moi leurs traits fatals aux cerfs des bois...
Et toi, mère orgueilleuse, aux échos de ma voix
Irrite tes enfants jaloux ! ô lâche esclave,
Ô Léto, Niobé te défie et te brave !


LE CHŒUR


Comme à l’heure où le vent passe au noir firmament,
Les grands arbres émus se plaignent sourdement,
À ce défi mortel la craintive assemblée
Fait entendre une voix de mille voix mêlée,
Mais confuse et pareille à ces lointains sanglots
Que poussent dans la nuit les lamentables flots.
L’Aède est tourmenté d’une ardente pensée !