Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/263

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Elles vont unissant leurs chansons indécises,
Leurs rires éclatants ! Et les jeunes pasteurs
S’empressent pour les voir, et par des mots flatteurs
Caressent en passant leur vanité cachée.
Tels, quittant la montagne en son repos couchée,
Ces enfants de l’Hellade aux immortels échos
Poussent troupeaux et chars vers les murs d’Iolkos.

Mais voici qu’au détour de la route poudreuse
Un étranger s’avance ; et cette foule heureuse
Le regarde et s’étonne, et du geste et des yeux
S’interroge aussitôt. Il approche. Les dieux
D’un sceau majestueux ont empreint son visage.
Dans ses regards profonds règne la paix du sage.
Il marche avec fierté. Sur ses membres nerveux
Flotte le lin d’Égypte aux longs plis. Ses cheveux